{interview} DOMINIQUE KÄHLER l’Escoffier du tricot

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 Plateau de fromage tricoté par la reine du tricot alimentaire, Dominique Kähler.

Cheese platter knitted by the queen of food knitting, Dominique Kähler.

Photographie : Martin Graf

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Le fameux poulet de Bresse aux pattes noires tricoté par Dominique Kähler.

The famous French black feet chicken from the Bresse region, a delicacy, knitted by Dominique Kähler.

Photographie : Martin Graf

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Le fantastique photographe suisse John Wilhelm dont je suis les exploits sur Facebook depuis pas mal de temps a su capter l’art de Dominique Kähler et lui rendre tout son humour et son réalisme. Je vous recommande de jeter  un oeil à son travail reconnu dans le monde entier. C’est génial.

The fantastic Swiss photographer, John Wilhelm, whom I have been following on Facebook for a while, has captured the essence of Dominique Kähler’s art, and enhances its humour and realism. I highly recommend that you have a look at his Facebook photo albums. It’s amazing.

Photographie : John Wilhelm

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 Dans sa ville de Wil en Suisse une ancienne boucherie désaffectée a été mise à la disposition de Dominique Kähler pour qu’elle y expose une fantastique boucherie tricotée plus vraie que nature.

In her city of Wil in Switzerland an old butcher’s shop was put at Dominique Kähler’s disposal to exhibit her fantastic knitted meats which look more real than the real stuff!

Photographie : John Wilhelm

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Un festin de roi par Dominique Kähler.

A feast fit for a king by Dominique Kähler.

Photographie : John Wilhelm

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Détails du festsin de roi par Dominique Kähler. Jambon, saussices, salamis, etc.

Details of the King’s feast by Dominique Kähler: ham, sausages, salamis, etc.

Photographie : Dominique Kähler

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 Chez le boucher par Dominique Kähler.

At the butcher’s by Dominique Kähler.

Photographie : Martin Graf

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Faisant tricoté par Dominique Kähler.

Pheasant knitted by Dominique Kähler.

Photographie : Andreas Mueller Pathle

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Le frigidaire plein de victuailles tricotées similaire à celui qui était présenté à VOGUE Knitting LIVE! à New-York par Dominique Kähler.

The fridge full of food similar to the one presented at knitted VOGUE Knitting LIVE! in New-York by Dominique Kähler.

Photographie : Andreas Mueller Pathle

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Mignardises et pâtisseries pour le thé par Dominique Kähler.

High tea by Dominique Kähler.

Photographie : Andreas Mueller Pathle

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Plateau de fruits de mer par Dominique Kähler.

Seafood platter by Dominique Kähler.

Photographie : Andreas Mueller Pathle

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Portrait de Dominique Kähler avec son fameux faisan tricoté.

Portrait of Dominique Kähler with her famous knitted pheasant. 

Photographie : Andreas Mueller Pathle

 In English Below

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Dominique Kähler est de ces artistes dont les oeuvres vous collent un sourire indéfectible sur le visage. Regardez plutôt son plateau de fromage et ce faisant sorti tout droit de la table de Versailles ! Vous qui habitez la France, vous avez sous le nez probablement le meilleur fromager du coin, imaginez le plaisir et le pincement de coeur pour les expats à qui ces trésors de la gastronomie française manquent terriblement.
C’est de ce manque qu’est née la passion de Dominique pour les créations gastronomiques et grâce à un talent incroyable pour la couleur et un vrai souci du détail, elle fait rêver et sourire des millions de gens. J’ai voulu en savoir plus sur son histoire et son procédé. Elle a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à mes questions.

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INTERVIEW

 

Où êtes-vous née et quel a été votre parcours « géographique » jusque-là ?
Je suis née dans la maison de campagne de mes parents dans le Cher, mais j’ai été élevé à Paris au pied du Sacré-Cœur. Je me suis mariée à un Suisse et depuis 40 ans j’habite la Suisse allemande de l’Est.

Pouvez-vous décrire l’endroit où vous habitez aujourd’hui ?
J’habite une petite ville de 20.000 habitants près du lac de Constance. J’ai une maison avec un beau jardin (…d’artiste, inclassable selon le guide des jardins Suisses)et près du centre-ville.

Vous avez fait des études de médecine et des études d’histoire de l’art, c’est un vrai exploit ! Est-ce que votre cœur a balancé entre les deux et vous n’avez pu en sacrifié un ?
Oui plus ou moins. A vrai dire, j’ai passé mon bac à 17 ans et mon père ne m’a pas tellement laissé le choix ! On a trouvé un compromis : Il m’a inscrit à l’école de médecine, et je me suis inscrite aux cours du soir de l’école du Louvre. Pour me faire de l’argent de poste, j’allais aussi à Drouot pour enchérir pour des commanditaires. C’était passionnant ! J’avais une mémoire excellente et je n’avais pas de difficultés pour étudier. J’ai réussi à tout mener de front sans grandes difficultés. Maintenant, c’est l’art qui m’intéresse le plus et le tricot. J’ai fait une formation chez Knit-1 à Brighton pour perfectionner mon tricotage à la machine pour les grandes pièces.

Vous avez été psychiatre pendant de nombreuses années, pratiquez-vous toujours ?
La psychiatrie en elle-même ne m’a jamais vraiment passionnée, mais elle me permettait de faire une médecine holistique et naturopathique, que j’ai affectionnée. Maintenant je ne fais plus de psychiatrie , seulement de l’hirudothérapie ( thérapie par les sangsues) que j’ai développée en Suisse. J’ai écrit 3 livres sur cette thérapie (1 en Français et 2 en Allemand) et je continue à former des spécialistes en la matière dans toute l’Europe.

Vous créez de la nourriture en tricot, mais pas n’importe quels petits biscuits mais des plats de haut vol des fromages rares. D’où vous vient votre inspiration ? Et comment cette aventure a-t-elle démarré ?
J’aime La bonne cuisine. En Suisse la grande cuisine française me manque et à la place de la goûter ( cela me fait grossir !), j’essaie de la rendre immortelle par mes aiguilles.

Qui vous a appris à tricoter ? A quel âge ?
A 6 ans environ, par ma grande mère maternelle

Qu’est-ce qu’il y a dans votre boîte à ouvrage ?
Tout ce qui est indispensable pour tricoter et aussi broder.

Quels types de fils utilisez-vous ?
Tout ce qui me plait. Presque tous sont naturels, j’adore le cachemire et l’alpaca. Les fils doux pour les mains. Peu ou pas de synthétique. Enfin ce sont des fils hélas en général les plus chers !

Vos pièces sont d’un réalisme incroyable, comment y parvenez-vous ?
C’est le mélange soigneux des fils qui fait la différence, mon bon sens de l’observation et un Talent pour le 3D aident vraiment.

Pourriez-vous nous décrire votre journée type ?
2 fois par semaine travailler avec les patients et les sangsues, un peu de sport pour la forme (très peu !) et beaucoup de tricotage entre.

Vous avez exposé vos oeuvres lors du VOGUE Knitting LIVE! de New-York en janvier dernier. Pouvez-vous nous raconter cette aventure ?
C’était super. Les américains sont très démonstratifs et se sont vraiment réjouis de mon Frigo plein et de la queue du rat dessous. Ils sont très respectueux, ne touchent à rien et demandent la permission de prendre des photos. C’était très bien. J’ai eu la chance d’avoir aussi un manager super efficace qui a tout organisé.

Quel est le projet que vous avez réalisé et dont vous êtes la plus fière ?
J’ai en ce moment à Wil, où j’habite, une ancienne boucherie désaffectée à disposition, que j’ai entièrement remplie de victuailles. De nombreuses personnes pensent que c’est une vraie boucherie et sont déçues de ne pouvoir acheter de la viande! Je reçois cette année pour mon travail un des prix de la culture du canton de St Gall.

Quels sont les autres artistes que vous admirez ?
Jean Tinguely, Louise Bourgeois, Vivienne Westwood, Joana Vasconcelos…..

Est-ce qu’on peut vous demander à quel projet vous travaillez en ce moment ?
Je prépare une exposition sur le gaspillage, un livre sur mon tricotage et une exposition au musée agraire Suisse pour 2016.

Quelle serait la collaboration de vos rêves ?
Avec Jeff Koons un objet monumental en métal et tricot.

Quelles sont vos résolutions pour 2015?
Tricoter au lieu de manger de trop ! comme cela je continue à perdre du poids !

Où peut-on vous trouver ? (galeries, expos, web) Et acheter vos œuvres ?
Je ne vends pas mes œuvres. Je les loue pour des expositions. En ce moment au musée Strauhof à Zürich, il y a une assiette de saucisses exposée. A partir du 1.Mai 2015 des saucisses seront au musée agraire Suisse à Alberswil (LU). A Wil/SG la vieille Boucherie en ce moment. Fin mars à l’exposition H&H à Cologne. Mon home page est www.madametricot.ch et mon blog : www.tricotgourmand.blogspot.ch

 

Un grand merci Dominique d’avoir accepté de répondre à mes questions !

 

IN ENGLISH

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Dominique Kähler is one these artists who stick a smile over you face. Look at this cheese platter and this roasted pheasant looking like it was just brought up to the Versailles table! If you live in France, you probably have the best fromager (cheese shop) around the corner, but think of all these poor expats who miss French Gastronomy terribly…

It is from this frustration that Dominique’s passion for knitted food was born. Thank to an incredible talent for colour and a real attention to detail, she allows millions of people to dream and smile. I wanted to learn more about her story and her processes. She was kind enough to answer my questions.

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INTERVIEW

 

Where were you born and where do you live now?
I was born in my parent’s country house in the Cher region in France but I was raised in Paris at the foot of the Sacré-Cœur. I got married to a Swiss and I have been living for 40 years in the Eastern part of the Alemannic German speaking area.

Can you describe where you live?
I live in a small city of 20.000 inhabitants near Lake Constance. I have a house with a beautiful garden (an artist garden, uncategorisable according to the Swiss Gardens) near the city centre.

You have studied at Medical school but also in the famous French art school L’Ecole du Louvre. What an achievement! Did your heart wavered between the two and you couldn’t sacrifice one of them?
More or less. To tell you the truth, I passed my Baccalauréat at 17 and my father didn’t leave me much choice! So we made a compromise: I would attend Medical school and I enrolled to the art school L’Ecole du Louvre. To earn a bit of pocket money, I went to the auction room at Drouot to bid on behalf of buyers. It was fascinating! I had an excellent memory and no difficulty to study. I managed to tackle of this at once without problem. Now what interests me is art and especially knitting. I did a training at Knit-1 in Brighton (UK) to perfect my machine knitting techniques for larger pieces.

You have been a psychiatrist for many years, do you still have a practice?
Psychiatry in itself never really captivated me, but it allowed me to practice holistic medicine as well as naturopathy which I loved. Now I don’t practice psychiatry anymore, only hirudotherapy (or leech therapy) which I developed in Switzerland. I wrote 3 books about it (1 in French and 2 in German) and I continue training specialists all around Europe.

You create knitted food but not any food such as cute little biscuits, but also very complicated French haute-cuisine dishes and rare French cheeses. Where do you get you inspiration from and how did this adventure start?
I love good food. In Switzerland, I miss the French haute-cuisine and instead of tasting it (which make me gain weight!) I try to immortalise it with my needle.

Who taught you? At what age?
I was taught at the age of 6 by my maternal grand-mother.

What is in you toolbox?
Everything I need to knit and embroider.

What type of yarns do you use?
Everything I like. Most of them natural. I love cashmere and alpaca, yarns that are soft for the hands. Very little or no synthetic fibres. Unfortunately, they are generally the most expensive!

Your pieces are ultra realistic how do you do it?
It is the careful blend of yarns which makes a difference. Also my sense of observation and a talent for 3D work help a lot. 

Could you describe your typical day?
Two times a week I work with my patients and the leeches, I do a bit of sport to stay fit (very little) and a lot of knitting in between.

You have recently exhibited your work at VOGUE Knitting LIVE! in New York. Can you tell us a bit more about this adventure?
It was great. Americans are very demonstrative and they loved my fridge full of knitted fridge with its rat tail poking underneath. They are very respectful, careful not to touch anything and were asking permission to take photos. It was very nice. I was very lucky to have a super efficient manager who organised everything. 

What project makes you the most proud?
At the moment, in the city of Wil, where I live, there is an old butcher’s shop which I filled up with knitted food. Many people think it is a real butcher and are very disappointed not to be able to buy some meat!
I am also receiving this year a price from the St Gall County for my work. 

Are there other artists you admire?
Jean Tinguely, Louise Bourgeois, Vivienne Westwood, Joana Vasconcelos…..

May I ask what project you are currently working on?
I am preparing an exhibition on “wasting”, a book about my knitting and an exhibition at the Swiss Agrarian Museum which will take place in 2016. 

What would be your dream collaboration?
With Jeff Koons, a monumental object made of metal and knitting. 

What are your New Year’s resolutions for 2015?
Knit more instead of overeating! so that I can keep on losing weight!

Where can we find you? (galleries, expos, web) Where can we buy your work?
I don’t sell my work. I lease it to exhibitions. At the moment, at the Strauhof Museum in Zürich, there is a sausages platter exhibited. From May 1st 2015 some sausages will be exhibited at the Agrarian Museum of Alberswil (LU). In Wil you can see The Old Butcher Shop. I will be at H&H in Cologne. My home page is www.madametricot.ch and my blog is www.tricotgourmand.blogspot.ch.

 

Thank you again Dominique for accepting to answer my questions :)

{interview} JACQUELINE FINK la poètesse du tricot géant

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L’artiste Jacqui Fink tricote avec les aiguilles géantes qu’elle a conçues et fait fabriquer pour elle et bientôt pour sa boutique en ligne.

Artist Jacqui Fink knitting with giant needle she has designed has custom made for her work and soon to be sold in her e-store.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Lampe géante tricotée par Jacqui Fink pour un restaurant australien en vogue le Coogee Pavilion.

Giant knitted lamp created by Jacqui Fink for Coogee Pavilion a fashionable Australian restaurant.

Photo : Jacqui Fink

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Tricoté par Jacqui Fink et teint par une amie.

Knitted by Jacqui Fink and dyed by a friend.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Panier tricoté et teint dans l’indigo.

Knitted basket dyed in indigo.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Pouf en mèche de laine feutrée par Jacqui Fink.

Pouf made of felted wool top by Jacqui Fink.

Photo : Sharyn Cairns

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Jacqui Fink devant l’une de ses oeuvres.

Jacqui Fink in front of one of her works of art.

Photo : Sharyn Cairns

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Une collaboration avec Nathalie Agussol de Pan and the Dream. Photographie de Paul Westlake. Maquillage de Peter Beard. Mannequin Gem Hanley.

A collaboration with Nathalie Agussol of Pan and the Dream. Photography by Paul Westlake. Make up by Peter Beard. Model – Gem Hanley

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Installation murale en laine par Jacqui Fink.

Wall installation in wool by Jacqui Fink.

Photo : Sharyn Cairns

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Corde faite d’une chaînette crochetée  par Jacqui Fink.

Rope made of a crocheted chain by Jacqui Fink.

Photo : Sharyn Cairns

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Tabourets tricotés par Jacqui Fink.

Knitted stools by Jacqui Fink.

Photo : Sharyn Cairns

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L’échelle du travail de Jacqui Fink est impressionnante !

The scale of Jacqui Fink’s work is very impressive!

Photo : Jacqui Fink

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L’une des pièces clé de la collection d’oeuvres de Jacqui Fink est ce superbe dessus de lit avec une torsade, ici en version charbon.

This is one of the key pieces of Jacqui Fink’s collection, a superb cabled bed cover in charcoal.

Photo : Jacqui Fink

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La pièce à vivre et atelier de Jacqui Fink lumineuse, conviviale et magnifique.

The living room and workshop of Jacqui Fink is full of light, welcoming and beautiful.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Si vous aimez les oeuvres de Jacqui Fink, n’hésitez pas à la suivre sur Instagram, ses photos sont une source d’inspiration extraordinaire.

If you like Jacqui Fink’s work do not hesitate to follow her on Instagram, her photos are an extraordinary source of inspiration.

Photo : Jacqui Fink

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Zoom sur un pouf en laine feutrée par Jacqui Fink.

Zoom on a poof made of felted wool by Jacqui Fink.

Photo : Sharyn Cairns

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Une collaboration avec Nathalie Agussol de Pan and the Dream. Photographie de Paul Westlake. Maquillage de Peter Beard. Mannequin Gem Hanley.

A collaboration with Nathalie Agussol of Pan and the Dream. Photography by Paul Westlake. Make up by Peter Beard. Model – Gem Hanley

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Torsade géante tricotée par Jacqui Fink.

Giant cable knitted by Jacqui Fink.

Photo : Jacqui Fink

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L’atelier de Jacqui Fink.

Jacqui Fink’s workshop.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Le nouveau fil de Jacqui Fink fabriquée pour elle en Nouvelle-Zélande et qui se démarque vraiment de tous les fils géants du marché car il est particulièrement doux et léger.

Jacqui Fink’s new yarn made for her in New-Zealand. It is very different from any other chunky yarn on the market, this one is especially soft and light.

Photo : Flore Vallery-Radot

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L’atelier et salon de Jacqui Fink en pleine activité.

Jacqui Fink’s workshop and living room buzzing with activity.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Un autre pouf en laine feutrée par Jacqui Fink.

Another wool felted poof by Jacqui Fink.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Jacqui Fink en train de tricoter. On se rend compte de la taille de ses aiguilles.

Jacqui Fink knitting. We realise how big her needles are.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Mèche de laine tricotée en magnifique plaid à torsade par Jacqui Fink.

Wool top knitted into a cabled bed cover by Jacqui Fink.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Vue d’une installation murale spectaculaire en laine tricotée, crochetée, tressée par Jacqui Fink.

View on a spectacular wall installation knitted, plaited and crocheted by Jacqui Fink.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Installation murale géante créé par Jacqui Fink commandée par un particulier.

Giant wall installation created by Jacqui Fink. Order from a private client.

Photo : Jacqui Fink

 

 

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Environnement de travail enchanteur de Jacqui Fink. Vue de sa maison sur l’une des petites baies qui font de Sydney une si jolie ville.

Jacqui Fink’s Enchanting workplace. View from her house on one of the little bays which make Sydney a beautiful city.

Photo : Flore Vallery-Radot

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La vue de la maison de Jacqui Fink à Sydney. Son balcon est un excellent étendoir à oeuvres d’art en laine.

View from Jacqui Fink’s Sydney house. He balcony railing is also a perfect woollen work of art dryer.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Installation gigantesque en laine en préparation dans l’atelier de Jacqui Fink.

Gigantic wool installation in the making in Jacqui Fink’s workshop.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Jacqui Fink me présente les aiguilles qu’elle fait fabriquer spécialement pour son travail et bientôt pour sa boutique en ligne.

Jacqui Fink is showing me the needle she has made especially for her work and soon for her s-store.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Tricot géant par Jacqui Fink avec son propre fil de la marque Little Dandelion.

Jacqui Fink’s own yarn  sold in her e-store under the brand Little Dandelion.

Photo : Flore Vallery-Radot

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Dans le monde de laine de Jacqui Fink tout est doux, poétique et beau.

In Jacqui Fink’s world of wool everything is soft, poetic and beautiful.

Photo : Flore Vallery-Radot

 

 

 In English below

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 J’ai découvert le travail de Jacqui Fink dans les magazines de déco (dont je fais une honteuse collection). J’avais depuis longtemps envie de la rencontrer et d’en savoir plus sur la naissance de son projet et ses procédés de fabrication.
Un dimanche à Sydney, je l’ai rencontrée par hasard lors d’une vente à la fameuse école de craft et styling de Megan Morton, The School. C’est d’ailleurs cette dernière qui m’a présentée à Jacqui. Elle m’a tout de suite invitée dans sa maison-atelier. C’est dans un quartier magnifique qu’elle habite, sur une colline plantée d’eucalyptus et d’arbres exotiques surplombant l’une des petites baies qui se succèdent sur la côté de Sydney. Sa maison, blanche du sol au plafond est un écrin lumineux décoré avec goût notamment d’oeuvres de laine spectaculaires.

Jacqui est une jeune femme chaleureuse, ultra-énergique et très simple. Elle m’a accueillie avec une grande gentillesse et m’a laissé prendre quelques photos pour illustrer ce moment de partage qui m’a énormément touché. De sa baguette magique elle m’a insufflé l’envie de poursuivre mes idéaux, lancer de nouveaux projets et de croire en la force de la passion.

Elle a su créer une de ces rencontres qu’on n’oublie jamais.

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INTERVIEW

Où êtes-vous née et où vivez-vous aujourd’hui ?
Je suis née à Murwillumbah qui se trouve à la frontière de la Nouvelle Galles du Sud et de l’état du Queensland en Australie. J’ai grandi à Tweed Heads et me suis installée à Sydney en 1994 pour terminer mes études d’avocat.

Etes-vous issue d’une famille d’artistes ?
Non, pas vraiment. Cela dit ma mère m’a appris à coudre et tricoter quand j’étais enfant et m’a toujours encouragée à avoir des loisirs comme la broderie, le canevas et le nouage de tapis. Je ne me suis jamais considérée comme une créative. Pourtant ces activités sont hautement créatives par nature et ce sont des choses que j’adore faire. Je n’ai jamais mis d’étiquette dessus et je ne me suis pas rendu compte qu’elles étaient une expression artistique ou quelque chose sur lequel j’aurais pu construire une carrière.

Qu’est ce qui vous a conduit à faire ce que vous faites aujourd’hui ?
J’ai étudié le droit à l’Université Bond de la Gold Coast en Australie. J’adore plaidoyer et mon fort désir de justice sous toutes ses formes m’a conduit au droit. J’ai adoré le droit mais beaucoup moins sa pratique. Je n’ai plaidé que quelques années avant de travailler avec mon mari dans son entreprise de magasin de mode. Les années passées dans ce secteur d’activité m’ont énormément appris notamment sur le branding, le luxe et le service client. Je me repose énormément sur cette expérience aujourd’hui. J’ai ensuite eu trois enfants assez rapprochés et  je suis restée à la maison pour m’en occuper. Et puis j’ai commencé à ressentir le besoin d’avoir un “espace à moi” pour ainsi dire. J’étais également gênée d’être dépendante financièrement et j’avais une envie folle de trouver une activité dans laquelle je serai capable d’exceller. Je me connaissais suffisamment à ce stade pour savoir que je souhaitais faire quelque chose avec mes mains, quelque chose de créatif. Mais je n’avais pas d’idée claire sur la forme que ça allait prendre. Au début novembre 2009 ma mère a eu une double greffe des poumons qui lui a sauvé la vie. Ca a été une expérience transformatrice pour toute la famille sur beaucoup de plans. Pendant la période post-opératoire je me suis retrouvée dans un espace complètement irréel où mes sens étaient exacerbés. J’ai eu alors un rêve dans lequel une voix très forte disait “Tu tricoteras et ça doit être énorme”. Voilà. Pas d’images. Le noir complet. Une voix forte. Je me suis réveillée complètement terrifiée mais me suis immédiatement décidée d’écouter cette voix.  J’avais demandé à l’univers depuis longtemps de me donner cette réponse je ne pouvais faire autrement que de l’écouter. Le jour suivant, j’ai commencé à explorer ce que voulait dire “tricoter énorme” et je n’ai cessé de le faire depuis. 

A quel âge avez-vous appris à tricoter ?
Ma Maman m’a appris à tricoter quand j’avais environ 8 ans. J’étais trop impatiente pour me lancer dans le langage du tricot à cet âge-là et je ne suis toujours pas du genre à suivre un modèle. Je ne suis pas super forte en maths et le tricot est vraiment une technique basée sur les maths, vous ne pensez pas ?
Alors Maman montaient et rabattait toujours les mailles pour moi. J’étais nulle pour garder une tension régulière de mon fil et veiller à la régularité des mes mailles. J’adorais, même à l’époque, le côté thérapeutique du tricot et je me retrouvais même parfois dans une sorte de transe obsessionnelle compulsive lorsque je travaillais dur à perfectionner ma technique.

Pouvez-vous nous décrire votre journée typique ?
Avec trois enfants en âge scolaire et dans trois écoles différentes, les matins sont une sorte brouillard d’activités chaotiques qui ont pour but de nous propulser or de la maison à temps. Autour de 9 heures du matin, je suis normalement devant mon ordinateur à consulter mes emails. Il y a des jours où le travail administratif et les emails vont prendre tout mon temps. Mes journées préférées sont celles qui sont complètement dédiée à la création. Parfois, il faut que je mette l’ordinateur de côté pour me permettre de profiter au mieux de la fenêtre de 6 heures pendant laquelle les enfants sont à l’école.
Mes pièces demandent un gros travail et prennent beaucoup de temps à réaliser. J’ai aussi tendance à avoir plusieurs créations en cours simultanément pour soutenir le rythme de la demande. Alors c’est vraiment 100% action la plupart du temps. Ce travail est très physique et les jours de création s’ils sont très agréables, sont aussi épuisants. Lorsque les enfants rentrent de l’école c’est le moment des devoirs. Je dois donc lâcher mes aiguilles pour un moment et les reprendre plus tard, le soir. Je n’ai pas beaucoup de temps morts mais je serais perdu sans cette activité créative. J’ai besoin d’avoir les mains occupées même quand je suis supposée être en train de me relaxer. 

Vous jonglez entre votre rôle de “Maman de trois enfants adorables” et votre travail exigeant. 
Qu’est ce qui est le plus dur ? Etre une avocate débordée ou une artiste et business woman qui travaille de chez elle ?
Lorsque j’étais avocate, je travaillais sans joie ni satisfaction. Depuis le lancement de Little Dandelion en avril 2012 je n’ai jamais travaillé si dur. Il n’y a pas d’équilibre travail/vie. C’est un job 7 jours sur 7. Cela dit, le sentiment d’avoir réussi quelque chose et la joie que j’en retire sont incomparables. Je suis extrêmement passionnée par mon travail et déterminée à repousser les limites aussi loin que je peux avec Little Dandelion. Je veux montrer à mes enfants que grâce au travail acharné, lorsqu’on a une passion, on peut créer quelque chose à partir de rien. Je veux aussi me prouver que je peux avoir du succès dans mon propre domaine.

Quels sont vos rituels quotidiens ou tactiques vous permettant d’améliorer votre productivité ?
Honnêtement, tout ce dont j’ai besoin c’est du calme (beaucoup de calme) pour être créative et productive. J’ai un besoin criant de solitude parce que cela me permet d’être calme, centrée et inspirée. J’adore également les rituels quotidiens du café et du thé. Ce sont mes petites récompenses, faciles à obtenir, pour mes efforts.
En terme de management de ma charge de travail, j’essaie de ne pas me laisser trop dépasser sinon j’entre en mode panique et perd complètement le sens de la productivité. J’ai souvent besoin de me rappeler de diviser la charge de travail en morceaux gérables jour après jours. J’identifie quelles sont mes priorités et je les divise en tâches d’une journée.

Où trouvez-vous les outils et fibres pour vos oeuvres ?
Je ne pouvais trouver d’aiguilles à tricoter à l’échelle requise pour mon travail alors j’ai demandé à mon père de m’en faire avec l’aide d’un de ses amis sur un tour à bois. J’utilise des aiguilles de 50mm de diamètre et de plus d’un mètre de long. Elles sont faites de tuyaux de PVC avec un bout pointu et l’autre extrémité de bois tourné. Depuis j’en ai fait faire commercialement mais toujours tournés à la main, ici à Sydney pour coïncider avec la sortie de mon nouveau fil à tricoter extrême K1S1 comme ça les gens pourront s’essayer à tricoter de leurs propres mains des tricots sur une très grande échelle.

Quels types de fibres utilisez-vous ?
Je travaille depuis toujours avec du mérinos australien ou néo-zélandais en mèche ou en nappe feutrée. J’ai déjà utilisé de la mèche de corriedale mais je préfère le mérinos. Je travaille également avec la talentueuse fileuse tasmanienne Cathy James. Je lui envoie régulièrement de la mèche pour qu’elle la transforme en fil épais et irréguliers. Je l’utilise pour donner une touche intéressante à mes installations.

Pouvez-vous nous parler du fil géant que vous venez de lancer ?
J’imagine que la forme particulière et conceptuelle de mes réalisations est quelque peu nouvelle pour les fans de tricot. Ils ne veulent pas acheter ce que je crée mais s’essayer plutôt au tricot extrême. Pas de problème ! J’ai donc développé un fil dédié au tricot de l’extrême, entièrement feutré en mérinos extra fin pour permettre à ceux qui le souhaitent de tricoter leurs propres couvertures et plaids de grande taille. C’est le tricot extrême DIY sous son aspect le plus beau. Appelée K1S1 (Knit One Share One ou 1 maille endroit, 1 partagée), le fil permet de répliquer la même échelle que je réalise actuellement avec mes fibres non filées mais sans toute la partie laborieuse du processus nécessaire à la stabilité du travail fini. K1S1 a été conçu pour avoir un quotient de peluchage minium avec un toucher et un drapé de luxe. Il est facile à entretenir et crée une dimension et une texture magnifiques une fois tricoté. J’ai voulu un prix qui le rend le plus accessible possible. Il se présente en pelote géante de 5 kilos ce qui permet aux tricoteurs de tricoter une pièce sans aucun raccord ou sans problématique de bain. Je vais aussi bientôt le proposer en pelote d’1.5 kilo et puis dans différents coloris naturels. Le tricot extrême est vraiment très amusant, j’ai très envie de partager cette aventure avec les autres.

Pouvez-vous nous donner une petite idée de votre processus créatif ?
Je visualise mes idées comme je ne sais pas dessiner. Je les garde en tête jusqu’au moment où je peux trouver le temps de les réaliser.  Mes idées me viennent en général lorsque je suis en train de faire quelque chose qui n’a aucun rapport avec mon travail : en conduisant, marchant ou lisant un livre. Mon esprit gambade sans que je m’en rende compte vers la résolution de problèmes et toutes sortes d’inventions, et je ne reprends mes esprits que lorsque la solution est trouvée. Si je force le processus, ça ne marche pas, alors j’ai appris à faire confiance à mon subconscient qui a souvent de l’avance sur moi.

Comment gérez-vous le volume et le poids de vos pièces pendant que vous les tricotez ? Ou en d’autres termes, comment vont votre dos, vos bras et vos mains ?
Mon travail est extrêmement physique et demande de soulever un poids très important. Un plaid standard pèse environ 4 ou 5 kilos. Et une grande couverture contient environ 10 kilos de laine. Certaines de mes installations pèsent jusqu’à plus de 60 kilos. Le feutrage des pièces finies augmente considérablement le poids de chaque pièce.
Inutile de dire qu’il m’arrive d’être très fatiguée. J’ai réappris à faire des pauses régulières lorsque je tricote, à peu près toutes les 20 minutes environ. Je me lève, m’étire et marche un petit peu dans la maison avant de retourner à mon ouvrage?
Je fais des visites régulières à mon chiropracteur pour me garder en forme. Je suis assez costaud ces derniers temps et mes biceps sont bien gonflés. Côté triceps c’est une toute autre histoire, le tricot ne fait rien à ces muscles-là? Il va falloir que j’apprenne à tricoter par derrière.

Est-ce que  vous faites du crochet ou pas du tout ?
Je peux crocheter une chaîne toute simple mais c’est tout. Le crochet produit de très beaux résultats mais je préfère le rythme et les rituels du tricot. 

Qui sont vos clients ?
J’ai des clients autant privés que commerciaux. Mes clients professionnels sont plutôt intéressés par les pièces et installations à très grandes échelle alors que mes clients privés me commandent en général des plaids et couvertures sur mesure pour leur maison. 

Est-ce que vous travaillez principalement sur commission ou pour votre magasin en ligne ?
La plupart de mon travail est sur commission. Je n’ai pas le temps ni la main d’oeuvre pour produire du stock. Les clients veulent la plupart du temps quelque chose de “sur mesure” donc je travaille à leur écoute pour comprendre leur esthétique.
Maintenant que j’ai ma boutique en ligne, je tâche d’avoir quelques pièces en stock mais c’est un équilibre difficile. Les journées ne font que 24 heures et je ne peux produire qu’une  certaine quantité de travail par jour. Pour le moment il n’y a que moi et une énorme pile d’aiguilles. Je fais de mon mieux pour satisfaire la demande tout en m’occupant de ma famille.

Quel travail préférez-vous faire ou créer ?
J’adore tout ce que je crée sinon je ne le ferais pas. Je crée réellement pour me faire plaisir sans aucun point de référence extérieur. Je me dis que si j’aime ça quelqu’un d’autre aimera probablement aussi. Ma partie préférée dans un projet c’est son commencement. J’aime m’asseoir avec une nouvelle création entre les mains sachant que j’ai une journée complète de tricot devant moi.

Quelles réactions mémorables avez-vous eu de la part des gens vis à vis de votre travail ?
Je reçois presque chaque jour des emails de femmes qui ont tiré de l’inspiration de mon histoire qui les a aidées à se propulser dans leur propre aventure créative. Ce type d’affirmation est une belle récompense. Je dis souvent aux gens que nous sommes plus semblables que différents. Tout ce dont on a besoin c’est d’une bonne idée et de motivation pour transformer un projet en réalité et aussi la force de donner tout ce qu’on a dans le ventre pour s’assurer de du succès de son projet.
J’ai également remarqué que beaucoup de gens ont une réaction viscérale à mon travail : ils sont émus par l’échelle et par la beauté intrinsèque de la laine et sa texture.  Mon travail est une célébration de la magnificence du matériau brut. Je travaille dur pour m’assurer que la laine demeure l’acteur principal de tout ce que je crée. Et puis j’adore les moutons et je pense qu’on leur doit une éternelle reconnaissance pour ce qu’ils nous donnent.

J’ai lu dans de nombreuses interviews de vous dans les médias australiens que vous pensez enseigner tous vos secrets. Est-ce que cela veut dire que vous avez atteint une grande maturité dans votre travail et que vous n’avez plus peur des copies ?
Tout est un processus d’apprentissage et j’ai travaillé dur pour développer mon style. Je n’ai pas de pedigree aux Beaux Arts et jusqu’à maintenant, je n’ai jamais été une tricoteuse expérimentée. Je suis complètement autodidacte et fière d’apporter quelque chose de complètement unique. Au début, j’ai préservé fermement le secret de mes techniques, surtout après que certaines personnes m’aient trahie alors que j’avais partagé avec elles mon procédé naïvement et de bonne grâce. C’est mon penchant naturel de partager, mais j’ai été un peu blessée par ces mésaventures.
A mesure que le temps a passé, j’ai grandit dans ma propre créativité. J’ai fini par réaliser que je ne peux pas contrôler ce que les gens font. Ce que je fais de mes deux mains sera toujours unique et mon but est simplement de continuer à faire évoluer mon procédé et mes idées. Plus je m’efforce à garder les choses secrètes, plus je limite mes propres expériences et ce n’est pas bien. Je crois fermement que les gens doivent innover et non imiter. Mais il y en aura toujours pour copier les créations des autres. Le monde est comme ça j’en ai bien peur. Aujourd’hui, cependant, je suis à stade où j’ai envie de transmettre ce que j’ai appris dans l’espoir d’aider les autres à trouver leur propre chemin.

Par quel moyen allez-vous enseigner vos techniques ?
Je suis en train de faire des tutoriels vidéo et je vais commencer à enseigner dans des ateliers à l’école The School de Sydney.

Pouvez-vous nous indiquer quelques ressources au sein des médias vers lesquelles vous vous tournez pour rechercher de l’inspiration ?
J’aime beaucoup lire des articles sur d’autres créateurs mais j’ai plutôt tendance à rechercher des articles précis ou aller sur leur site internet plutôt que me référer à des ressources médias en particulier.

Quels autres artistes admirez-vous ?
J’aime particulièrement Janet Echelman, une américaine de Boston qui crée des installations publiques à l’échelle d’un gratte-ciel. Son histoire m’inspire et le résultat artistique est ensorcelant.

De quoi êtes-vous la plus fière ?
D’avoir réussi à créer Little Dandelion né d’une graine d’idée transformée en vocation qui je l’espère va me permettre d’en vivre et va continuer à m’ouvrir des portes pendant encore très longtemps.

Quel serait le projet de vos rêves ?
Je vous avouerais que je n’ai pas vraiment de projet de mes rêves. Je veux cependant repousser les limites et l’échelle de mon travail. J’adore le challenge physique et je veux voir jusqu’où mon corps peut continuer de gérer. J’aime aussi défier les attentes des gens sur ce qu’il est possible de faire avec deux mains. Je travaille actuellement sur plusieurs collaborations pour la parution de mon futur livre. Les collaborations sont toujours des expériences incroyables et on y apprend énormément sur les procédés et les résultats.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je travaille actuellement sur une commission à large échelle pour un client privé ainsi que sur des plaids sur mesure. Je suis aussi en pleine écriture de mon livre. J’essaie de trouver quand je peux quelques moments calmes pour y parvenir. Il faut que je crée également de nouvelles pièces pour qu’elles puissent être prises en photo pour le livre.

Vous travaillez donc à l’écriture et la composition d’un livre. J’ai bien conscience que vous ne pouvez pas trop dévoiler à ce stade le sujet ou le thème de cet ouvrage. Mais pouvez-vous nous en dire un tout petit peu ?
Mon livre doit être publié courant 2016, je ne peux donc pas vraiment en parler. Cependant, je peux vous dire que c’est essentiellement une exploration très personnelle au coeur de mon expérience de femme vivant une vie créative et les leçons que j’ai glanées le long du chemin. C’est aussi d’autres créatifs du monde entier qui partagent cette expérience avec le lecteur. Ce livre est destiné aux personnes voulant mener une vie ou une carrière créative. Il leur offre de s’inspirer de l’expérience des créatifs déjà dans les tranchées et de découvrir qu’avec passion et détermination ils peuvent changer leur vie.
L’écriture de ce livre a été une expérience fantastique qui m’a permis de voyager tout autour de la planète dans des endroits où je n’avais jamais été et rencontrer de véritables inconnus avec lesquels, de par notre créativité collective, nous avons tant en commun.

Où pouvons-nous trouver vos oeuvres, vos fils et vos outils ? 
Je vends actuellement mes pièces “toutes faites”, mon fil de l’extrême K1S1 et mes aiguilles géantes dans ma boutique en ligne Little Dandelion. J’expédie dans le monde entier. Lorsque la logistique sera bien huilée, je serai à la recherche d’un distributeur pour l’Europe pour le fil et les aiguilles pour qu’ils soient directement accessibles sur ce marché.
J’ai une petite sélection de revendeurs mais pour le moment je travaille surtout sur commande.

Et pour finir, vous êtes marié à un français, quels sont vos rapports avec la France ? Y venez-vous souvent ?
Tout à fait. Eric est venu avec sa famille en Australie dans les années 80. Il n’avait que 11 ans à l’époque. Il a donc perdu son accent français. Pourtant on peut facilement se rendre compte qu’il n’est pas né en Australie. Le reste de sa famille non nucléaire est toujours en France et il est retourné plusieurs fois leur rendre visite. Malheureusement je ne suis pas une grande voyageuse et je n’ai été en France que deux fois. Je suis impatiente de montrer à nos enfants la patrie d’Eric et donc en partie la leur aussi. Nos repas reflètent les origines d’Eric : nous nous régalons de sauces crémeuses, nous avons le droit à des croissants tous les samedis sans exception et Eric fait des crêpes avec une sauce au chocolat maison pour le petit déjeuner tous les dimanches.

Merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à mes questions !

LIENS :
Instagram
Little Dandelion
Blog de Jacqui Fink

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I have discovered Jacqui Fink’s work in home and decoration magazines (which I guiltily collect). I have been wanting to meet her for a while to know more about the birth of her project and the secrets of her process.
On a Saturday morning, I bumped into her during a sales at The School, the famous craft and styling school by Megan Morton. It is her who introduced me to Jacqui who invited me straight away to her workshop. She lives in a beautiful suburb on a hill covered in majestic eucalyptus trees and exotic plants perched over one of the many gorgeous little bays you see all along the Sydney coast. Her house, white from floor to ceiling is a backdrop full of light for her spectacular knitting master pieces.

Jacqui is warm, simple and ultra energetic woman. She welcomed me with great kindness and let me take a few photos to illustrate this moment shared together which touched me enormously. With her magic wand, she bestowed on me the will to pursue my dreams, launch new projects and believe in the power of passion.

She has created one of these encounters one never forgets.

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INTERVIEW IN ENGLISH

Where were you born and where do you live now?
I was born in Murwillumbah which is near the border of NSW and Queensland. I grew up in Tweed Heads and moved to Sydney in 1994 to complete my training as a solicitor.

Do you come from an arty family?
No not really although my Mum taught me how to sew and knit as a child and always encouraged hobbies like embroidery, needle point and rug hooking. I never considered myself creative. Although these pursuits are all highly creative in nature they are just something that I loved to do. It was never given a name and I certainly didn’t occur to me that they were art forms or something on which I could base a career.

Tell us a little about your background – what did you study and what path led you to what you are doing today?
I studied law at Bond University on the Gold Coast. I love advocacy and my strong desire for justice in all its forms drew me to the law. I loved the study of law but I found the practice of it to be not a great fit. I only practised for a few years before I left the law to work with my husband in his high end fashion retail business. The years spent in this business taught me a great deal about branding, luxury and customer service and I rely heavily on that experience now. I then had three children in fairly close succession and I stayed at home to care for them. However, I hankered for a “room of one’s own” so to speak: I was uncomfortable being financially dependent and was desperate to find something I was good at. I knew myself well enough by that stage that I wanted to work with my hands in a creative capacity but had no firm ideas to what form that would take. In early November 2009 my Mum received a life saving double lung transplant. It was a transformative experience for everyone in the family in many ways. In the post recovery haze of her transplant I found myself occupying a very surreal space in which my senses were completely heightened. During this time I had a dream in which a big loud booming voice said, “You will knit and it needs to be big”. That was it. No Imagery. Complete Darkness. Booming Voice. I awoke from my sleep completely terrified but resolved on the spot to listen to that voice. I’d been asking the universe for a long time for that answer that there was no way I wasn’t going to listen. The very next day I started the process of working out what “knitting big” meant and I haven’t stopped since.

At what age did you learn knitting? Who taught you?
My Mum taught me to knit when I was around 8 years of age. I was too impatient to commit to the language of knitting at the time and I am still not one to follow a pattern: I’m not great at maths and knitting is really one large word based maths problem don’t you think? SO Mum would always cast on and off for me and I zeroed in on finessing my tension and the regularity of my stitches. I loved the therapeutic nature of knitting even then and would find myself going into an obsessive compulsive trance as I laboured away determined to perfect the craft.

What is your typical day like?
With three school age children and three different schools, the mornings are spent in a chaotic haze of activity aimed at getting out the front door on time. By 9am I’m usually at the computer going through my emails. There are days where the entire day will be taken up with admin tasks and emails. My favourite days are ones completely devoted to making. Sometimes I just have to put the computer aside so that I can make the most of the 6 hour window during which the kids are at school. My pieces are very labour intensive and take a long time to make. I also tend to have a number of creations on the go at the one time in order to keep up with demand. So it is action all stations for the most part. The work is very physical too so making days, while lovely, are exhausting days. When the kids come home, it’s homework time and so I have to drop the needles for a while and return to them later at night. There is not a lot of down time but I’d be lost without having a creative outlet. I need to keep my hands busy even when I’m supposedly relaxing.

How do you juggle between your “Mum of 3 adorable kids” life and your demanding work?
What is tougher? Being an overworked lawyer or a busy home based artist and business woman?
As I lawyer, I worked without joy or satisfaction. Since launching Little Dandelion in April 2012 I have never worked so hard: there is no work life balance, it is a seven day a week proposition. However, my sense of accomplishment and enjoyment is unparalleled. I am extremely passionate about my work and am determined to push the boundaries as far as I can with Little Dandelion. I want to show as an example to my children that through hard work and passion you can create something from absolutely nothing. I also want to prove to myself I can be successful in my own right.

What are some daily rituals and systems you employ to enhance your productivity?
Honestly, I just need quiet (lots of it) in order to be creative and productive. I crave solitude because it enables be to be calm, centred and inspired. I also love the daily ritual of coffee and tea. These are my little, and easily obtainable rewards, for my efforts.

In terms of managing my workload, I try not to get too far ahead of myself otherwise I just go in to panic/overwhelm mode and lose all sense of productivity. I often need to remind myself to break the work load down into manageable day by day chunks. I work out what my priorities are and then break those priorities down further in to what I can achieve in one day.

Where do you find the tools of your trade?
I couldn’t find the scale of knitting needles I required for my work so I had my Dad make me some with the help of a wood turning friend of his. I use needles which are 50mm in diameter and over 1metre long. They are made from PVC pipe with turned wooden ends and tip. I have since had some made commercially, but still turned by hand, here in Sydney to coincide with the launch of my K1S1 extreme knitting yarn so that people can try their own hand at knitting on such a large scale.

What kind of fibres do you use?
To date, I work exclusively with Australian and New Zealand Merino unspun wools and felting batts. I have used Corriedale roving but prefer merino. I also rely on the skills of a wonderful hand spinner based in Tasmania, Australia. Her name is Cathy James. I often send her bumps of roving for her to hand spin in to irregular chunky yarn for me to use in my installation pieces to add layers of interest.

Can you tell us a little about the new oversize yarn that you have recently launched?
I suspect my particular form of conceptual knitting is a bit of a novelty for knitters. But they don’t want to buy what I make: they want to have a go at extreme knitting themselves. Fair enough! So I have developed an extreme knitting yarn from fully felted high grade merino wool so that knitters can make their own large scale blankets and throws. This is DIY extreme knitting at its most beautiful. Named K1S1 (Knit One Share One), the yarn replicates the same scale I currently create using unspun yarn but without needing the laborious processes I apply to roving in order to give it stability. K1S1 has been designed with a low pilling quotient with a luxurious handle and draping quality. It is easy care and creates a magnificent scale and texture once knitted. I have priced the yarn to make it as accessible as possible. It comes in a 5 kilo bump so that knitters can knit a whole piece without any joins and concerns about matching colours. I am soon to have available 1.5 kilo bumps as well as a small selection of natural colours to add to the range. Extreme knitting is tremendous fun and I very much want to share the experience with others.

Can you give us a little insight into your creative process?
I visualise my ideas and as I can’t draw I hold them in my mind’s eye until I can find the time to make them a reality. My ideas typically come to me when I am doing something unrelated to my work such as driving, walking or reading a book. My mind often wanders without me realising it: it goes off to problem solve and invent and only returns to my consciousness once it has done its work. If I force this process it won’t happen so I have learnt to trust that my subconscious is way ahead of me.

How do you manage the volume and weight of your pieces while knitting them? In other words, how are your back, arms and hands??
My work is extremely physical and involves a great deal of weight bearing. A standard throw typically weighs about 4 to 5 kilos. Obviously, the larger blanket contain up to 10 kilos of wool. Some installation pieces have weighed in excess of 60 kilos. The process of felting the made up pieces also increased the weight of each pieces a great deal.
Some installation pieces have weighed in excess of 60 kilos. Needless to say I get very tired. I’relearnt to take regular breaks when knitting (every 20 minutes or so). I always get up and stretch and walk around for a bit before returning to the work.
I make regular visits to a chiropractor to keep me in check. I’m pretty strong these days and my biceps are well honed. My triceps however are a completely different story. The knitting does nothing for my triceps. I need to learn to knit from behind.

Do you do crochet at all?
I can crochet a simple chain but that is about it. Crochet produces beautiful results but I prefer the rhythms and rituals of knitting.

Who are your clients?
I have both private and commercial clients. My commercial clients are interested in my large scale installation type pieces while my private clients tend to commission me for bespoke throws and blankets for their homes.

Is you work mainly made on commission or for your own store’s collection?
Most of my work is by way of commission as I just don’t have the time or the manpower to produce a stock pile of work. Clients also want something bespoke for their homes and so I work closely with them to ascertain their aesthetic.

Now that I have my online shop, I am conscious of having a few select pieces on hand but it is a tricky balance. There are only so many hours in the day and I can only ever produce a certain amount of work at a time. For now, it is just me and a huge set of sticks doing the best I can to keep up with demand on top of caring for my family.

What work do you most enjoy doing?
I love everything I make otherwise I wouldn’t make it. I create purely to please myself without any external reference points. I figure if I like than surely someone else will too. My favourite part of a project though is the commencement of a new piece. I love sitting down to new work knowing I have a full day of knitting ahead of me.

What memorable responses have you had to your work?
I get emails nearly every day from women who have drawn inspiration from my story to help propel them on their own creative journey. That kind of affirmation is very rewarding. I often say to people that we are more alike than we are different. All you need is a good idea, the motivation to turn it into a reality and the drive to give it everything you’ve got to ensure its success.
I have also noticed that many people have a visceral response to the work itself: they are moved by both the large scale as well as the utter beauty of the wool and texture. My work is a celebration of magnificent raw materials and I work hard to ensure that the wool remains the main event in everything I create. I adore sheep and I think we own them a great debt of gratitude for all they provide us with.

I have read in the numerous interviews you have answered on the Australian media that you are thinking of teaching all your secrets does that mean that you have reach a great maturity on your work and you cannot be worried about copies anymore?
Everything is a learning process and I have worked hard to develop my look. I don’t have a fine arts pedigree and, until now, I was never an experienced knitter. I am completely self taught and I am proud of bringing to market something completely unique. At first, I held on to my process very tightly after being burnt by some people I naively shared my process with in good grace. It is my natural inclination to share but I felt a little burnt by these experiences.
As time has passed and I have grown into my creativity I have come to realise that I cannot control what others do. What I make with my two hands will always be unique and my aim is to just keep evolving my processes and ideas. The more tightly I hold onto things, the more I limit my own experiences and that’s not good. I am a firm believer that people need to innovate not imitate. But there will always be those that copy the creative output of others. It is the way of the world I’m afraid. However, I’m at a stage that I’d rather pass on what I have learnt in the hope of helping others find their own unique paths.

Where or how will you teach your techniques?
I am in the process of having video tutorials made and I start teaching via workshops at The School in Rosebery, Sydney.

Can you list for us a few resources across the media that you turn to for inspiration?
I love reading about other makers so I am more likely to seek out their own websites and then zero in on articles I can find on the internet about them rather than to refer to any particular external media resource.

Which other artists or creative people do you admire?
I particularly love Janet Echelman, a Bostonian who creates public art installations on the scale of sky scrapers. Her story is inspirational and her creative output is mesmerising.

What is your proudest achievement?
That I have managed to create Little Dandelion from a seed of an idea into a vocation which will hopefully sustain me and continue to open doors for a very long time to come.

What would be your dream project?
I confess to not really having a specific dream project. I do want to continue to push the scale of my work. I love the physical challenge of seeing what my body can cope with. I also like to defy people’s expectations of what is possible for two hands to create. I am working on a number of collaborations for the purposes of my upcoming book. Collaborations are always incredible experiences as you learn so much from the process and the outcomes.

What are you are currently working on?
I am currently working on some large scale commission pieces for private clients along with some bespoke throws. I’m also in the throes of writing the book so I grab quiet moments whenever I can to that end. I need to create some new pieces so that they can be shot for the book as well so that all happens in the background somehow.

I would like to know more about the book you are currently writing. I am aware that you cannot reveal its subject/theme too much but can you tell me a little tiny bit about it?
The book is to be published in 2016 and so I am unable to share too much about it at this stage. However, essentially it is a very personal exploration of my journey to living a creative life and the lessons I have gleaned along the way. It is also an inspirational account of others makers of handmade from around the world. The aim of the book is for want-to-be-creatives to see themselves reflected back in the stories of creatives already in the trenches and be left with the knowledge that with passion and determination they can change their lives.
Writing the book has been a wonderful experience thus far and has enabled me to travel to parts of the globe to which I had never been and meet veritable strangers with whom, through our collective creativity, I have a lot in common.

Where can we find you, your work and your yarn and tools? 
I currently sell ready made pieces and my K1S1 extreme knitting yarn and industrial knitting needles through my online shop at http://littledandelion.squarespace.com. I ship worldwide. Once I get my supply chain well oiled I will be on the lookout for a European based distributor for the yarn and needles so that they are readily accessible to that market.
I am very active on Instagram @jacquifink and I post daily pictures of my work there.
I have a small selection of retail stockists but most of my work is by way of direct commission at this stage.

And last but not least, you are married to a Frenchman, what are your connections with France? Do you visit France regularly?
I am indeed. Eric came to Australia with his immediate family in the 1980s. He was only 11 at the time so he has lost his French accent, although you would easily pick that he wasn’t Australian born. The rest of Eric’s family is still in France and he has been back a few times to visit them. Unfortunately, I am quite poorly travelled so I’ve only been to France twice. We can’t wait to show our children Eric’s homeland which is, in part, theirs too really. Our meals certainly reflect Eric’s French heritage: we eat a lot of rich creamy sauces, have croissants every Saturday morning without fail and Eric makes crepes with homemade chocolate sauce for breakfast every Sunday morning.

Thank you again very much for your time!

LINKS: 
Instagram
Little Dandelion Shop
Jacqui Fink’s blog

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