Interview : Camille Dupuis alias CAM DUP fait bouillir son univers poétique

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - animal feutré

Petit animal feutré par CAM DUP.

Small animal felted by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - maisons feutrées

Une collection de maisons feutrées par CAM DUP.

A collection of felted houses by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - radio feutrée

Radio tricotée, feutrée et cousue  par CAM DUP.

Knitted, felted and sewn radio by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - oiseau zoom

Petit oiseau feutré par CAM DUP.

Little birdie felted by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - téléphone en feutre et tricot

Téléphone de velours et pièces tricotées par CAM DUP.

Telephone and knitted pieces by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - felted blob

Drôle de petite bêbête feutrée par CAM DUP.

Funny little felted blob by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - felted pots

Pots de laine par CAM DUP.

Woolen bowls by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - feutre

Jolie vignette avec une oeuvre de CAM DUP.

Pretty vignette with CAM DUP’s work.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - panier brodé

Le panier à ouvrage brodé de CAM DUP.

CAM DUP’s yarn basket.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - crâne skull

Les têtes de mort feutrées de CAM DUP.

CAM DUP’s felted skulls.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - vignette

Créations feutrées de CAM DUP.

CAM DUP’s felted creations.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - champignon feutré

Champignon par CAM DUP.

CAM DUP’s mushroom.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - détail

Détail d’une création feutrée par CAM DUP.

Close-up on one of CAM DUP’s famous vessels.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - pot de peinture tricoté

Pot de peinture tricoté par CAM DUP.

A pot of paint knitted by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - lace & felt

Création en dentelle et tricot feutré par CAM DUP.

Lace and felted knitted fabric by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - crâne de lapin

Crâne de lapin par CAM DUP.

Rabbit skull by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - Trophee

Trophée, création de CAM DUP.

Trophy created by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - oisillon

Zoom sur un oiseau feutré de la collection de CAM DUP.

Close-up on a felted bird of CAM DUP’s collection.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - animal feutré

Etrange petit animal “totem” feutré par CAM DUP.

Strange little felted “totem” animal by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - fil enrobé

La table de travail de CAM DUP.

CAM DUP’s workshop table.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - téléphone feutré

Le fameux téléphone feutré, la signature de CAM DUP.

The ever so famous CAM DUP felted phone.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - pots de peinture

Pot de peinture dorée par CAM DUP.

Pot of golden paint by CAM DUP.

Artiste textile française CAM DUP - Camille Dupuis - Lapin feutré

Petit animal “totem” feutré par CAM DUP.

Tiny felted “totem” animal by CAM DUP.

In English below

*   *   *

J’ai rencontré Camille il y a quelques années parce qu’elle exposait aux Ateliers d’Art de France à l’Opéra. Sa personnalité et son univers de poésie m’ont beaucoup plu.

Depuis, je suis avec intérêt ses projets, l’évolution de son répertoire, la foison de ses oeuvres. Elle m’envoie régulièrement de ses nouvelles et les dates de ses prochaines expos. C’est avec grand plaisir que je l’ai interviewée cette semaine.

*   *   *

INTERVIEW

Où es-tu né et où habites-tu aujourd’hui (et le parcours entre les deux :) ?
J’ai grandi en région parisienne et j’y vis toujours. Bref, je suis bien enracinée mais je voyage dès que possible.

Qu’as-tu étudié ?
J’ai commencé par des formations courtes dans la vente et l’étalagisme, puis j’ai découvert le design textile, ou plutôt le fait que ça pouvait constituer des études et un métier. J’ai alors étudié trois ans à l’école Françoise Conte, ce fut intensif et passionnant.

As-tu un métier en dehors du textile ?
Non, c’est ma seule activité. Mon travail présente différentes facettes : proposer mes pièces aux particuliers et aux galeries, animer des ateliers, créer des modèles pour les magazines, réaliser des installations sur mesure pour des évènements… Toutes ces activités se complètent.

Qu’est ce qui t’a amené au feutre ? Qui t’a appris ?
A l’école, j’apprenais à tricoter sur machine. Un jour, notre professeur nous a montré un échantillon tricoté en jacquard puis bouilli. Ca a été un déclic ! A partir de ce moment il a fallu absolument que je maîtrise à mon tour cette technique fascinante. J’ai donc commencé par feutrer mes tricots, puis j’ai intégré progressivement la laine cardée. J’ai appris en faisant, puis en rencontrant des feutrières aguerries comme Ariane Mariane.

Sans dévoiler trop tes secrets, quelles sont tes techniques de feutrage préférées ?
Je travaille à la machine à laver ! Ayant touché en premier à la laine bouillie, j’ai continué ainsi. Je prépare mes pièces comme il faut et la machine fait le reste :) J’utilise l’aiguille pour les détails, et le feutrage à la main pour les surfaces délicates.

Qu’est ce qui te passionne ?
J’aime transformer les matières, les sculpter, leur donner vie. Je retrouve cette motivation dans la cuisine, le jardinage et l’upcycling et le DIY en général. J’ai presque une phobie du gaspillage, chaque matière, chaque objet, doivent être soigneusement choisis et ont droit à une seconde chance. D’ailleurs j’achète surtout d’occasion et me passionne pour le mode de vie Zero Déchet.

Quels sont les artistes que tu admires tout particulièrement ?
Aurélie Mathigot, auprès de qui j’ai fait un stage, à l’issue de mes études, une rencontre décisive. Odilon Redon pour son usage irréel des couleurs. Nathalie Lété pour la richesse de son univers. Anu Tuominen pour sa poésie.

Où trouves-tu l’inspiration ?
Les documentaires animaliers et les livres d’histoire naturelle sont deux mines inépuisables :) Mais mes idées naissent souvent des matériaux eux-mêmes. Quand je vois un objet ou une matière au rebut, et je me dis que c’est sa dernière chance d’exister et je me demande ce que je peux en faire. C’est comme ça que j’ai détourné des pots de peinture vides ou des collants filés pour en faire des sculptures.
Les clients et les amis me soufflent aussi des idées en projetant leur propre regard sur mes créations.

Peux-tu nous raconter une anecdote marquante ou marrante de ta vie d’artiste (avec un client, une galerie, etc) ?
Un jour, je suis tombée sur un forum de tricoteuses qui parlaient de mes pots de peintures tricotés. Beaucoup se disaient “d’accord c’est mignon, mais à quoi ça sert ? Pourquoi ne tricote-t-elle pas plutôt des bonnets ?”. J’ai trouvé ça drôle et décalé.
Sinon, j’ai était touchée par une cliente à qui son mari avait offert un de mes petits animaux “totems”. Elle me disait l’emporter avec elle en voyage, dans sa boîte d’origine. J’ai ressenti qu’elle avait profondément compris mon intention en créant cette pièce. C’est un souvenir précieux.

Peux-tu nous décrire ta journée type ?
Mon atelier est chez moi. Ca me permet de bien dormir, et d’attaquer vite la journée. Je démarre en répondant aux mails, et en faisant un tour sur facebook. Si je dois aller chez un fournisseur, en livraison, ou voir une expo, je profite du milieu de journée, quand il fait plein jour et que Paris est calme. Je peux aussi bien rejoindre une amie pour déjeuner ou coworker. De retour à l’appart-atelier, je vérifie à nouveau mes mails, et je passe à la production. Si j’ai encore de l’énergie je vais courir. Il n’est pas rare que je tricote, brode ou feutre devant un film ou une série pour terminer la journée.
La frontière entre mon travail et ma vie privée est très floue, mais ça me plaît.

Comment se passe le processus de création ? Combien de temps cela prend-il ?
Comme j’ai rarement le temps dans l’immédiat, certaines idées mûrissent pendant des mois, elles se bonifient en attendant l’occasion adéquate pour enfin se réaliser. Pour un travail de commande c’est différent, les délais sont courts et il faut aller vite, c’est plus instinctif. Je fais aussi beaucoup de projets collectifs, c’est un autre rythme de création où le dialogue prend une place importante. J’adore ça !

Quel serait le projet de tes rêves ?
Recouvrir le monde de pompons ! Attention, j’ai déjà commencé :D

Où peut-on admirer ton travail (en ligne et en vrai) ? Et l’acheter ?
Je mets régulièrement à jour mon site, et vous pouvez me suivre sur facebook. J’ai une boutique en ligne, pas toujours aussi remplie que je le voudrais. N’hésitez pas m’envoyer un mail pour toute commande personnelle.

site web http://www.camdup.com/
fb https://www.facebook.com/camdupfb
boutique en ligne http://camdup.tictail.com/
points de vente http://www.camdup.com/#!actualites/c3la

Merci  d’avoir accepter de répondre à mes questions Camille !
Merci pour ce blog passionnant, Flore !

Les actualités de Camille
http://www.camdup.com/#!actualites/c3la

Photographie : Camille Dupuis

Article : Flore Vallery-Radot

 

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I met Camille a few years ago when she was exhibiting at the Ateliers d’Art de France near the beautiful Garnier Opéra in Paris. Her personality and her poetic universe appealed to me. 

Since then, I follow her with great interest. I keep an eye on her projects, the evolution of her repertoire and the amazing quantity of her pieces. She regularly sends me her news, the dates of her next exhibitions. It is with great pleasure that I interview her this week.

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INTERVIEW

Where were you born and where do you live now?
I grew up near Paris and still live there. In a word, I have deep roots here but I do travel every time I can. 

What did you study?
I started with short courses in sales, and window styling, then I discovered textile design. I realised it could be studied and lead to a real job. So I studied for 3 years at the Françoise Conte Art School. It was intense and amazingly interesting.

Do you have a job outside textile?
No, it is my only activity. My work has different aspects: I sell my work to private clients and to galleries, I organise workshops, I create patterns for magazines and create installations for special events. All these activities work well together.

What lead you to felt? Who taught you?
At school I learnt how to machine-knit. One day our teacher has shown us a sample which was knitted in stockinet stitch and then boiled. It was the trigger! From that moment on, I had to master this fascinating technique. I then started to felt my knitted fabrics then I slowly added carded wool. I have learnt by myself, by doing it, and then I met professional felter such as Ariane Mariane.

Without unveiling your secrets, what are your favourite felting techniques?
I work with a washing machine! Having started with boiled wool I kept on using this technique. I prepare my pieces with great care and the machine does the rest :) I needle felt details and hand-felt delicate surfaces.

What triggers your passion?
I love to transform matters, sculpt them, bring them to life. I find the same motivation in my cooking, gardening, DIY activities and upcycling routine in general. I have a feeling close to phobia regarding waste. Each matter, object need to be carefully chosen and all have a right to a second chance. I mostly buy second hand and am passionate about a Zero Waste way of life.

Who are the artists you particularly admire?
Aurélie Mathigot, to whom I was a trainee after my studies. It was a decisive moment for me. Odilon Redon for his surrealistic use of colours. Nathalie Lété for the richness of her universe. Anu Tuominen for her poetry.

Where do you find your inspiration?
Animal documentaries, natural history books are two endless source of inspiration :) But my ideas often come from the material itself. When I see a reflected object or matter I tell myself that it is its last chance to exist. So I ask myself what should I make with it. This is how I turned old paint pots and holy pantyhose to make sculptures. 
My clients and friends suggest ideas too by projecting their own idea on my creations. 

Can you tell us an anecdote of your artist life?
One day I ended up on an online forum where knitters where talking about my knitted pots paint. Many were saying “yeah, it’s cute but what does she use it for?” “Why doesn’t she knit beanies instead?” I found it funny and beside the point.
Also I was touched by a client whose husband had given one of my little “totem” animals as a gift. She told me that she took it everywhere she went in its original box. I felt that she has deeply understood my intention when creating this piece. It is a precious memory. 

Could you describe your typical day?
My workshop is in my home. It allows me to sleep well and to attack quickly my day. I start by answering emails, doing a little Facebook tour. If I need to go see a supplier, deliver a parcel or see an exhibition I do it at midday when Paris in calm. I can also join a friend for lunch or do some co-working. When I am back to my workshop-flat, I check my emails again and start working on my pieces. If I still have the energy, I go for a run. Sometimes I knit, embroider or felt in front of a movie or a TV series to finish the day. The separation between my private life and my professional life is pretty blurry but I like it.

Can you tell us a bit more about your creation process? How much time does it take?
As I have rarely a lot of time on hand at the moment, some of my ideas ripen for months, get better, waiting for the right moment. If it is commissioned work, it is different, schedules are tighter I need to go faster, it implies a more instinctive work.  I also do a lot of collective work, it is another rhythm where dialogue takes an important role. I love it!

What would be your dream project?
Cover the world in pompoms! Beware, I have already started :D

Where can we admire your work (online and for real)? Where can we buy it?
I regularly update my website and you can follow me on Facebook. I have an online store which is not always as stocked as I would want it to be. Feel free to send me an email for a custom order. 

My webs http://www.camdup.com/
FB: https://www.facebook.com/camdupfb
 E-store: http://camdup.tictail.com/
Stores, galleries and retailers: http://www.camdup.com/#!actualites/c3la

Thank you for having accepted my interview Camille!
Thank you for this very interesting blog, Flore!

Camille’s next exhibitions
http://www.camdup.com/#!actualites/c3la

Photography: Camille Dupuis

Article: Flore Vallery-Radot

VOYAGE : découvrez les wax, tissus africains

TRAVEL: discover African waxprints

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Statue africaine en bois et tissu.

African statue in wood and fabric.

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Rien n’est plus beau qu’une pile de tissus wax africains.

Nothing is more beautiful than a pile of African wax fabrics.

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Véritable wax de luxe, spécialité textile africaine.

Real deluxe wax fabric, an African textile speciality.

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Une foison de couleurs et de motifs.

Colours and patterns galore.

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Ce qui rend les tenues africaines magiques c’est le mélange savant de motifs et de couleurs.

What makes African attire so magic is the clever mix of patterns or colours.

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L’originalité des motifs est fascinante.

The patterns’ originality is fascinating.

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Les tissus wax sont vendus dans le monde entier dans une grande variété de styles.

Wax fabrics are sold all around the world in a great variety of styles.

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Les motifs floraux ont la part belle, mais on peut trouver tous types de dessins dont certains qui sont plein d’humour (malheureusement, je n’en ai pas encore dans ma collection !)

The floral motives are the most used but you can also find all sorts of designs including very funny ones (unfortunately I do not have any in my collection!)

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On voit ici la brillance du tissu wax.

You can see here how wax fabrics shine.

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Zoom sur un coupon de tissu wax bien brillant et lisse.

Close-up on a shiny and smooth was fabric coupon.

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Lorsqu’il est plié le tissu wax ressemble à du papier, il est assez rigide.

When folded, wax fabric is pretty stiff a bit like paper.

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Le décalage d’impression volontaire donne des effets d’optique spectaculaires.

The voluntary shift when printing the fabric can have a spectacular effect.

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Ce que j’aime par dessus tout dans ces tissus, c’est le mélange inattendu de motifs. D’où mon amour inconditionnel pour les oeuvres de la créatrice STELLA JEAN

What I love with those fabrics is the unexpected mix of patterns. Hence my love for STELLA JEAN‘s work.

 

In English below.

 

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Depuis toujours j’ai une passion pour les tissus aux couleurs vives à motifs répétitifs et larges. Les tissus africains me font voyager… J’ai donc décidé de commencer une collection de coupons de tissu wax (“cire” en anglais) et d’en savoir plus sur leur origine.
Ces dernières années le travail de STELLA JEAN me fait rêver. Cette créatrice italo-haïtienne dont le mélange wax & rayures est devenu la marque de fabrique sait faire dialoguer ses origines caribéennes avec sa culture italienne au travers du choix de ses tissus et des formes de ses vêtements.

Mais d’où vient le wax ? On a l’impression qu’il a toujours été africain, mais en fait il est le fruit de la colonisation. Ce n’est qu’au XIXe siècle que des soldats Ghanéens enrôlés par les colonisateurs hollandais et britanniques en Indonésie ont été fascinés par ces tissus traditionnels. Ils en ont emporté dans leurs baluchons et ça a été le succès immédiat qui ne se démentira pas jusqu’à aujourd’hui.

Pendant très longtemps, ce sont les néerlandais et les britanniques qui ont exclusivement produit et vendu à l’immense marché africain ces tissus teints avec le procédé traditionnel industrialisé. C’est une technique classique de pochoir. On utilise la cire pour bloquer l’entrée de la teinture dans la fibre de coton. La cire est appliquée sur le tissu, à l’aide de rouleaux de cuivre gravés, partout où une couleur ne doit pas aller. On fait ensuite fondre cette cire et on la ré-applique pour cacher d’autres parties du dessin. C’est un peu comme la technique de l’écran utilisée chez Hermès que je décris dans cet article.

Le résultat est très vif et surtout réversible. Les deux côtés du tissu sont pratiquement aussi intensément teints. La teinture est grand teint, elle tient particulièrement bien au lavage et au soleil. Le produit plait énormément. Il est devenu partie intégrante de la culture africaine. Il porte des messages, le nom d’un artiste connu, d’une ville, d’un personnage de film, de séries télé ou raconte la vie quotidienne, les relations conjugales, la modernisation de la société. Il est aussi une sorte de marqueur social et les femmes capitalisent sur leur collection de tissus qui se transmettent de mère en fille. C’est surtout en Afrique de l’Ouest et au Ghana que ces tissus étaient importés et vendus. On venait de loin pour les acheter !

Dans les années 60, le président du Ghana, Kwame N’Krumah, décide d’un quasi embargo sur les tissus non produits dans son pays en instaurant des taxes d’importation exorbitantes sur le wax. Une grosse production locale s’est alors mise en place.

Malgré cela, le marché de nos jours considérable, en Afrique et ailleurs, est la proie de féroces concurrents que sont la Chine, l’Angleterre, les Pays-Bas et l’Afrique (principalement le Ghana, le Niger et la Côte-d’Ivoire.). Les prix et les qualités diffèrent beaucoup. Si un jour vous êtes tenté comme moi d’acheter du wax au mètre ou à la pièce (environ 11 mètres) ou demi-pièce, vous noterez que sur la lisière est imprimée la provenance (le producteur et son numéro d’enregistrement) et le nom du dessinateur. Cela permet aux acheteurs de connaître la qualité de ce qu’ils achètent.

C’est pour moi le début d’une aventure et que je ne manquerai pas de vous montrer mes futures acquisitions et créations avec ces tissus magnifiques !

 

Photographie & article : Flore Vallery-Radot

 

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IN ENGLISH

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I always had a passion for bold looking textiles with large motives and lots of colours. African waxprints make me dream and travel! So I have decided to start a new collection of waxprints and to learn more about their origins.

In the past few years I had an unlimited fascination for the work of designer STELLA JEAN. Stella is both Italian and Haitian and her “wax & stripes” style has become her signature. She has managed to allow a dialogue between her Italian and Caribbean origins with her choices of fabrics and garment designs.

But where do waxprints come from? It seems that they have always been part of African culture but they are really the fruit of colonisation. It is only during the 19th century that Ghanaian soldiers enrolled by Dutch and British colonial armies have spotted the wonderfully bright Indonesian traditional batik fabrics. They took a few meters in their luggage back to Africa. It became a huge success which never faded.

For a long time, only British and Dutch factories were producing and selling waxprints for the gigantic African market using an industrialised version of the traditional batik. It is a simple block technique using wax. Using large engraved copper rolls, the wax is applied where the dye shouldn’t go. It stops the dye to be soaked by the cotton fibres. Each colour is applied separately and the wax melted after each dye-bath. It is a bit like the Hermès screen printing technique I described in this article.

The result is very bright and reversible. Both sides are nearly as intensely dyed. The dye is fast and can handle many washes and the harsh African sun very well. The product has become one with the African culture. It carries messages: a famous artist, a city, a film character, TV series or talks about everyday life, relationship between men and women, modernisation of society, etc.  It is also a sort of social marker. Qualities of waxprints differ and women capitalise on their collection of fabric which is then transmitted to their daughters. 

It was mostly in West Africa and especially in Ghana that these fabrics were imported and sold. People used to travel very far to get them!
In the 60s, Kwame N’Krumah, the Ghanaian president decided to start an embargo on imported waxprints setting up very high custom duties. A large local production started. 

Despite this policy, the immense market, in Africa and the rest of the world, is the scene of a ferocious battle between manufacturing countries such as China, Great Britain, The Netherlands and Africa (mainly Ghana, Niger and Côte-d’Ivoire). Prices differ very much. If one day you are tempted like me to buy waxprint by the meter, or by 12 yards as “full piece” or 6 yards as “half piece” you will notice on the selvedge the printed name of the producer, its registration number and sometimes the signature of the designer. It allows buyers to know the quality of the product they are buying.

It is the beginning of an adventure for me and will definitely keep you posted on my new acquisitions and creations with these beautiful fabrics!

 

Photography & article: Flore Vallery-Radot

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