{interview} INGE JACOBSEN attaque et enlace de son fil et de son aiguille les magazines de mode

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Magnifique couverture de Vogue brodée au point de croix par Inge Jacobsen.

Magnificent cover of Vogue magazine embroidered with cross stitch by Inge Jacobsen.

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L’une des pièces commissionnées par le joaillier danois Georg Jensen, projet représentant en totalité environ 3 mois de travail à plein temps dont deux semaines avec l’aide de la fameuse école de broderie la Royal School of Needlework venue à la rescousse.

This is one of the pieces commissioned by Danish jewelry maker  Georg Jensen, representing a total of 3 months of full time work including two weeks with the help of The Royal School of Needlework who came to the rescue.

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Une autre des 4 pièces commissionnées par le joaillier danois Georg Jensen et réalisée avec un coup de main, à la fin, de Royal School of Needlework.

One of the 4 pieces commissioned by Danish jewelry maker  Georg Jensen, embroidered with the help of The Royal School of Needlework who came to the rescue.

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Queen B alias Beyonce Knowles, version devant, brodée sur magazine par Inge Jacobsen.

Queen B aka Beyonce Knowles, right side of the work, embroidered on a magazine cover by Inge Jacobsen.

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Queen B alias Beyonce Knowles, version arrière, brodée sur magazine par Inge Jacobsen.

Queen B aka Beyonce Knowles, wrong side of the work, embroidered on a magazine cover by Inge Jacobsen.

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One of my absolute favourite piece. I wish it was still for sale… Embroidered on a magazine cover by Inge Jacobsen.

One of my absolute favourite pieces. I wish it was still for sale… Embroidered on a magazine cover by Inge Jacobsen.

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Couverture du magazine Dazed & Confused brodé par Inge Jacobsen – endroit du travail.

Cover of the magazine Dazed & Confused embroidered by Inge Jacobsen – right side of the work.

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Couverture du magazine Dazed & Confused brodé par Inge Jacobsen – envers du travail. Ce côté est si intéressant et complexe.

Cover of the magazine Dazed & Confused embroidered by Inge Jacobsen – wrong side of the work. So interesting and intricate.

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Couverture du magazine AÏE brodée par Inge Jacobsen.

Cover of AÏE magazine embroidered by Inge Jacobsen.

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Broderie de Rosie Huntingdon-Whiteley sur la couverture de Vogue par Inge Jacobsen – “mon girl crush ultime- c’est de l’amour” dit-elle.

Inge’s embroidered Rosie Huntingdon-Whiteley on a Vogue cover – “my ultimate girl crush- it’s love” she says.

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Broderie de Rosie Huntingdon-Whiteley sur la couverture de Vogue par Inge Jacobsen- envers du travail.

Inge’s embroidered Rosie Huntingdon-Whiteley on a Vogue cover – wrong side of the work.

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Couverture de Gentlemen Quarterly embroidered by Inge Jacobsen.

Gentlemen Quarterly’s cover embroidered by Inge Jacobsen.

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Page d’un magazine, brodé par Inge Jacobsen. Technique du découpage ou de l’appliqué.

Magazine page embroidered by Inge Jacobsen. Cut-out or appliqué technique.

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Kate Winslet  brodée sur la couverture du British Vogue avril 2011 par Inge Jacobsen.

Kate Winslet British Vogue cover from April 2011 by Inge Jacobsen.

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Broderie sur page de magazine par Inge Jacobsen

Embroidered magazine page  by Inge Jacobsen

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Sa majesté la Reine d’Angleterre brodée dans un journal par Inge Jacobsen.

Her Majesty the Queen of England embroidered in a newspaper’s page by Inge Jacobsen.

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Photo de mode parisienne brodée dans le British Vogue par Inge Jacobsen.

Fashion shoot in Paris, from the British Vogue by Inge Jacobsen.

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Kate Moss brodée sur une page de magazine avec la méthode de découpage brodé d’Inge Jacobsen.

Kate Moss embroidered on a magazine page with Inge Jacobsen’s embroided cut-out method.

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Point de broderie différent pour le cheval et la tête de la Princesse Anne.

A different embroidery stitch for Princess Anne and her horse.

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Tissage d’une couverture du magazine Vogue par Inge Jacobsen.

Vogue magazine cover woven by Inge Jacobsen.

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Inge Jacobsen travaille sur la fine frontière qui sépare la femme rendue esclave par le monde de la mode et sa prise de pouvoir rendue possible par la mode.

Inge Jacobsen works on the fine line between women enslavement and women empowerment by the fashion world.

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Oeuvre brodée sur magazine froissé par Inge Jacobsen.

Embroidered work on a crunched up magazine page by Inge Jacobsen.

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Un autre support pour la broderie d’Inge Jacobsen : la page d’un journal.

Another base for Inge Jacobsen: a newspaper page.

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Inge Jacobsen combat la sexualisation à outrance des femmes dans la publicité mais elle dit aussi que la pornographie est un sujet comme un autre.

Inge Jacobsen denounces the over-sexualisation of  women in advertising but she also says that pornography is a subject like any other.

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Couette en action. Elle est faite entièrement de papier – et particulièrement de pages issues du Magazin Vs. “D’abord je les fais tremper dans l’eau, puis je les fais sécher en essayant de leur donner un look abîmé.” Inge Jacobsen

“Quilt in action. Its made completely from paper – specifically the pages of Vs. Magazine. I soak them in water first and then let them dry to give them a worn and distressed look.” Says INge Jacobsen

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Discussion entre la mode et la pornographie. Une broderie d’Inge Jacobsen.

Dialogue between fashion and pornography. An embroidery by Inge Jacobsen.

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Collaboration entre Inge Jacobsen et le photographie français David Ledoux pour leur numéro 5 du magazine AÏE. Une recherche de la frontière entre la mode et le porno.

Collaboration between Inge Jacobsen and French photographer David Ledoux for AÏE magazine, issue 5. A search for the border between fashion and porn.

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Comme ci-dessus, photographie et broderie créée lors d’une collaboration entre Inge Jacobsen et le photographie français David Ledoux pour le magazine AÏE.

As above, photography and embroidery created by a collaboration between Inge Jacobsen and French photographer David Ledoux for AÏE magazine.

 

 

 

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Portrait de l’artiste Inge Jacobsen.

Portrait of artist Inge Jacobsen.

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L’artiste Inge Jacobsen dans son atelier, brodant une page de magazine sur un support de polystyrène.

Artist Inge Jacobsen in her workshop, embroidering a magazine page on a polystyrene base.

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L’artiste Inge Jacobsen brodant une page de magazine.

Artist Inge Jacobsen embroidering a magazine page.

IN ENGLISH BELOW

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Inge Jacobsen est une belle jeune femme, ultra dynamique et créative. Elle a échangé ses pinceaux pour des aiguilles et du fil. Depuis qu’elle a eu son diplôme d’art en 2011, elle est la coqueluche des publicitaires. Le géant American Express lui a commissionné des versions au point de croix de sa fameuse carte. Le Bon Marché à Paris vient de lancer son catalogue de Noël brodé par Inge. Elle expose aussi dans le monde entier et son travail parfois controversé parle avec force du corps de la femme, de sa place dans le monde de la mode.

Avec une méthode très traditionnelle comme la broderie, elle parle de sujets d’aujourd’hui avec l’énergie et le culot de la jeunesse. Sa patte unique au monde est reconnaissable d’un coup d’oeil. Elle brode les couvertures et pages des magazines. Par ce biais, elle prend possession de ce papier glacé, lui donne vie, lui donne un sens à coups de fils croisés ou tirés.

Inge insiste sur le fait que sa démarche est artistique et non pas décorative. Elle ne dévalorise pas la broderie comme art créatif ou loisir mais ce n’est pas ça son dada. Elle crée des oeuvres fortes qui ont un message. Elle a choisi cette technique minutieuse qui demande une grande patience et interdit tout coup de folie ou travail dans l’excitation du moment. Pourtant, calmement, piqûre après piqûre, elle nous envoie un uppercut qui nous laisse bouche-bée…

Un grand merci à elle d’avoir bien voulu répondre à mes questions. Je suis une fan inconditionnelle.

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INTERVIEW

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D’où venez-vous et où habitez-vous maintenant ?
Je viens de Galway en Ireland et maintenant je vis dans la région du West Sussex au Royaume Uni.

Quand et avec qui avez-vus appris à broder ?
J’ai appris à l’école quand je vivais au Danemark et ma grand-mère m’a aussi appris à faire du point de croix.

Étiez-vous une enfant créative ? Venez-vous d’une famille créative ?
J’étais très créative quand j’étais petite, toujours en train de peindre ou dessiner. J’ai déménagé au Danemark quand j’avais 6 ans et ne parlais pas très bien la langue pendant les deux premières années, alors le dessin est devenu mon moyen d’expression.
Mes deux parents sont très créatifs mais ont finalement choisi un job non-créatif, alors ils nous ont encouragés, moi et mon frère, à prendre cette voie.

Qu’est ce qu’il y a dans votre boîte à couture ?
Des aiguilles… plein d’épingles et d’aiguilles et des bouts de fils (juste au cas où !)

Quel type et marque de fil utilisez-vous ?
J’utilise du fil Anchor stranded cotton de Coats. Pour moi, c’est ce qu’il y a de mieux.

Quels sont vos points préférés ?
Cela dépend vraiment de mon humeur mais j’adore broder un bon vieux point de croix et un point arrière un peu anarchique.

Pouvez-vous nous décrire le jour où tout à commencé ? (Je me suis toujours posé la question) Comment se met-on à broder des pages de magazine ?
J’ai commencé à le faire quand j’étais en première année à l’université. Au début, je me considérais vraiment comme un peintre, mais à l’université, j’ai rencontré et partagé un studio avec des peintres hyper talentueux et j’ai su que je ne voulais pas entrer en concurrence avec eux. Et puis l’université m’a appris que les idées étaient toutes aussi importantes que la technique. Le fil était le meilleur moyen pour moi d’explorer mes idées.
Je ne me souviens pas exactement de ce jour, mais je me souviens avoir brodé de la sorte pendant des semaines sans m’arrêter et de penser que quelque chose d’énorme était en train de se passer.

Faites-vous tout cela pour l’amour de la mode ou y a-t-il un autre message derrière ?
Il y a un autre message, c’est à la fois une célébration et une critique. La mode peut rendre la femme objet (et j’y suis opposée) mais c’est aussi un moyen pour elle de prendre le pouvoir. Comme tous les sujets intéressants dans la vie, tout n’est pas noir ou blanc, il y a beaucoup de zones grises.

Est-ce que vous brodez directement le papier glacé ou utilisez-vous un tissu spécial pour le rendre plus solide et plus ferme ?
Je ne veux pas dévoiler tous mes secrets mais je n’utilise pas de tissu spécial…

Vous avez créé des broderies pornographiques sur des photographies et des pages de magazines. Est-ce que votre but est de dénoncé la “pornographication” des femmes comme faire-valoir de biens ou services à vendre ou voulez-vous simplement parler de sexe ?
Je suis féministe. Je crois en l’égalité des sexes tant du point de vue social que politique ou économique. Je ne souhaite pas voir les femmes traitées en objets sexuel en général. C’est quelque chose qui doit être laissé à l’appréciation de chaque individu. Tout comme la mode, la pornographie n’est pas un sujet tout noir ou tout blanc, elle peut donner le pouvoir aux femmes ou les diminuer.
Je pense que nous, en temps que société, aurions besoin de parler plus librement  et ne pas traiter ce sujet en tabou.

Vous avez fait une expo récemment à Paris en collaboration avec le photographe français David Ledoux ? Quel est votre message ?
Alexandra Birchell-White, l’éditrice et cerveau derrière le magazine Aie m’a contactée en 2013 pour travailler sur ce projet avec David Ledoux pour leur numéro 5, appelé ‘The Sweat’ (La Sueur).
Alex avait l’idée de créer des images très sexuelles avec touche de mode. Le but n’a jamais été de faire du porno mais de trouver la frontière entre la mode et le porno. Elle avait vu les découpages pornos que j’avais faits et souhaitais faire quelque chose de similaire avec ces images. David Ledoux a organisé un shoot fantastique et ses images ont vraiment cette aura mode / sexe. Elles sont à la fois choquantes et romantiques.
La technique du découpage est un moyen de retirer les parties clairement sexuelles du corps : presque toute la peau, les seins et son identité. En regardant ces images on ne se concentre pas sur un téton mais plutôt sur les suggestions de ce qui a été retiré. Cependant, ce qui avait été laissé a suffit à faire bannir le numéro en Allemagne et en Australie.

Vous créez une fantastique housse de couette en papier glacé. Quelle est l’idée derrière ce concept ? Peut-on dormir dessous ?
Non, on ne peut l’utiliser, c’est trop fragile. Toutes l’idée c’était de faire une housse en patchwork inutilisable, à partir de pages de magazines de mode et de fil, en mélangeant ainsi le présent et le passé, les loisirs de femme et les centres d’intérêt de la génération de ma grand-mère à la mienne.

Une agence de pub de New-York, Alldayeveryday, vous a commissionné pour American Express, trois versions au point de croix de leurs fameuses cartes de crédit. C’était un gros contrat. Qu’en avez-vous appris ? Que cela vous a-t-il apporté ?
C’était une expérience géniale ! J’ai toujours dit que je voulais que mon travail soit vu dans la pub autant que dans les galeries d’art. Je ne veux pas qu’il y ait de frontière. C’était vraiment une super expérience de travailler avec cette agence et une si grande marque. Leurs cartes sont de vraies icônes et c’était génial d’être invitée à réinterpréter une icône avec ma technique de prédilection.

Vous avez aussi fait un travail fantastique pour le joaillier Georg Jensen. Pouvez-vous nous raconter ?
Historiquement Georg Jensen a toujours soutenu les jeunes talents et j’étais ravie de prendre part à cette longue tradition. J’ai été au Danemark pour rencontrer certains membres de l’équipe et ça a été tout de suite clair qu’on ferait une bonne équipe. Nous utilisons eux comme moi des techniques traditionnelles dans un contexte morderne. Beaucoup de leurs pièces sont encore fabriquées main au Danemark et toutes les miennes sont faite uniquement à la main. J’ai reçu de l’aide d’associés très talentueux pendant le premier mois et demi avant de demander de l’aide à la Royal School of Needlework au Palais de Hampton Court. Les étudiants m’ont aidée à finir le projet en décembre 2011 et la campagne a été lancée dans le monde entier en janvier 2012.
Ca a été l’un des moments les plus excitants de ma vie.

Votre art est absolument partout sur le net, dans les magazines, la plupart des gens “connectés” qui s’intéressent de près ou de loin aux arts textiles et particulièrement la broderie reconnaissent votre travail. Vous avez travaillé avec de très grandes marques. Est-ce maintenant possible pour vous de vivre à 100% de votre art ?
Oui, je suis très chanceuse de pouvoir faire ce que je fais à plein temps.

A quoi ressemble l’une de vos journées typiques ?
J’arrive au studio tôt et commence à travailler. Normalement ça implique un travail de recherche pendant les premières heures de la journée. Au milieu de l’après-midi, je me consacre au travail administratif : emails, marketing, etc. Ensuite, je passe le reste de la journée et de la soirée à travailler sur mes pièces. J’ai tendance à commencer des pièces puis à y revenir des semaines voir des mois plus tard.

Quel est le projet dont vous êtes la plus fière ?
Tous. Je choisis chaque projet parce que je l’ai trouvé intéressant d’une manière ou d’une autre. Je n’ai pas de favoris.

Quel serait le projet de vos rêves ?
En terme de projet mode /commercial j’adorerais faire quelque chose pour Chanel.
En termes de collaborations j’aimerais beaucoup travailler avec le photographe Tim Walker.
Mais c’est assez difficile à dire parce que j’ai eu l’opportunité de travailler avec des gens fantastiques que je n’aurais pas nécessairement connu avant de travailler avec et ça a été magnifique. Alors c’est vraiment difficile à dire, c’est quelque chose dont on ne se rend compte que rétrospectivement.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Je viens de finir le catalogue de Noël du Bon Marché avec Petronio Associates. Une expérience extraordinaire. Ezra Petronio est un photographe avec lequel il est très agréable de travailler et son équipe a été géniale pendant toutes les étapes du projet. Je suis très contente d’avoir été invitée à y prendre part.
Le catalogue du Bon Marché vient de sortir, vous pouvez en voir quelques images sur mon compte Instagram : Instagram.com/ingejacobsen.

Comment voyez-vous l’avenir ?
2015 va être année très excitante pour moi. Je n’aime pas trop parler des choses avant qu’elles soient faites, mais gardez un oeil par ici…

Où trouver Inge et ses oeuvres :
www.ingejacobsen.com
Facebook
Instagram
La Galerie Showstudio

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In English

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Inge Jacobsen is a beautiful, ultra-dynamic and creative woman. She has swapped her brushes for needles and yarn. Since she has graduated in 2011, she has become the darling of the world’s best advertising agencies. A giant such as American Express has commissioned cross-stitch versions of their famous card. Paris cult department store Le Bon Marché has just launched its Christmas catalogue de Noël all embroidered by Inge. She exhibits her work all over the planet. Her embroidered works of art sometimes bring controversy; they talk loudly about women’s body, its place in the world of fashion.

Using a traditional method such as embroidery, she speaks of contemporary themes with the energy and the audacity of youth. Her unique touch can be recognised in a blink. She embroiders magazines’ covers and page. She takes possession of the glossy paper and by doing that she brings it to life; with each stab of her needle she adds a meaning to it.

Inge insists on the fact that her work is not decorative. Her approach is an artistic one. She doesn’t mean to depreciate embroidery as a craft or a hobby, but it is not her thing. She creates strong statements. She has chosen this very fiddly method which requires a lot of patience and therefore forbids any crazy impulse, any fast action on the spur of the moment. Yet, calmly, puncture after puncture, she throws you an uppercut leaving you speechless…

Thank you so much Inge for accepting my interview. I am a huge fan of your work.

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INTERVIEW

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Where do you come from and where you live now?

I come from Galway, Ireland and I live in West Sussex, United Kingdom.

When and with whom did you learn embroidery?
I started to learn at school while living in Denmark and my grandmother also taught me how to do cross-stitch.

Were you a very creative child? Do you come from a creative family?
I was very creative as a child, I was always drawing or painting. I moved to Denmark when I was 6 and didn’t speak the language very well for the first couple of years so I expressed myself through drawing instead.
Both of my parents are very creative but ended up in non-creative jobs so they encouraged me and my brother to pursue it.

What’s in your sewing box?
Needles- lots of pins and needles and bits of thread (just in case!)

What type/brand of yarn do you use?
I use Anchor stranded cotton thread by Coats – for me, it’s the best.

What are your favourite stitches?
It really depends on what mood I’m in but I love a good cross-stitch and a wild back-stitch.

Can you describe the day when it all happened? (I always wondered) How did you start embroidering a magazine’s page?
I started doing it when I was in my first year at university. Before then I was very much a painter but at university I came across, and shared a studio, with some amazing painters and knew I didn’t want to be in competition with them. Also, university taught me that ideas were just as valuable as skill, and thread was the best way for me to explore my ideas.
I can’t really remember the day, I can only remember doing it consistently for over a few weeks and thinking this was a big deal.

Is that all for the love of fashion or is there another message there?
There is another message, it’s a celebration and a criticism all at once. Fashion can be very objectifying of women (which I am against) but it is also a source of empowerment. Like all interesting subjects in life, it is not a black and white issue – there’s a lot of grey area.

Do you embroider the page straight away or do you use a paper or special fabric to make it stronger, stiffer?
I don’t want to give away too many of my secrets but there is no special fabric…

You have created pornographic embroideries on photographs and magazine pages. Do you mean to denounce the “pornographication” of women as a selling mean for commercial goods or services or do you simply want to talk about sex?
I’m a feminist – I believe in the social, political and economic equality of the sexes. I don’t want women to be treated as sexual objects in general – that’s something that should be left up to the individual. Like fashion, porn is not a black and white subject to me – it can be both empowering and demeaning to women. I think we, as a society, need to talk about it more openly and not treat it as a taboo subject.

You recently exhibited in Paris in collaboration with French photographer David Ledoux? What was the message there?
Alexandra Birchell-White, the editor and brains behind Aie Magazine approached me in 2013 to work on this project with David Ledoux for issue 5 of the magazine, called ‘The Sweat’ issue.
Alex had this idea in her mind of creating these very sexual images with fashion undertones. They were never meant to be ‘porn’ but boarder between fashion and porn. She had seen the porno cut-outs I had done and wanted to do something similar with these images. Ledoux arranged and did a fantastic shoot and these images really have this fashion/sex aura about them. They are both shocking and romantic.
The cut-outs are a way of removing the obvious sexualised parts of the models body – much of her skin, breasts and identity.
Looking at these images, you don’t really see anything but one nipple, but the suggestions of what was taken away and what was left behind was enough to get the issue banned in Germany and Australia.

You create amazing paper quilt covers. What is the idea behind it? Can one really sleep under it?
No, it can’t be used – it is too delicate. The whole point was to make an unusable quilt made from fashion magazines and thread mixing the past with the present – women’s hobbies and interests from my grandmother’s generation to my generation.

A New-York agency, Alldayeveryday, commissioned you on behalf of American Express, three cross-stitched versions of their famous card. It was a big contract. What did you learn from it and what did it bring you?
It was a great experience, I have always said I want my work seen in commercials and galleries – I don’t want to put up any boundaries. It was such a great experience working with the agency and with such a massive brand. Their cards are iconic and it wonderful to be invited to interpret an icon in my chosen medium.

You also did an amazing work for the jeweller Georg Jensen. Can you tell us a bit more about it?
Georg Jensen has a long history of supporting new talent and I was very excited to become a part of that long standing tradition. I went to Denmark to meet some of their team and it became apparent that this was a good fit. We are both using traditional methods but in a modern context. A lot of their pieces are still handmade in Denmark and all of my pieces are done by hand.
I had help from some very talented associates for the first month and a half before going to the Royal School of Needlework at Hampton Court Palace. The students helped me complete the project in December 2011 and the campaign launched worldwide in February.
It was one of the most exciting times of my life.

Your art is everywhere on the net, in magazines, most “connected” people who love textile and especially embroidery would recognize your work. You have worked with big brands. Is it now possible for you to live 100% from your art?
Yes – I am very lucky to be able to do this full time.

What does a typical day at work involve for you?
Get to the studio early and start working. Normally that might mean research for the first few hours. The mid-afternoon will consist of doing admin work – emails, marketing, etc and then I spend the rest of the day/evening working on pieces. I tend to start things and then come back to them after a few weeks/months.

What is the project your are the most proud of?
All of them – I chose each of them because they were of interest to me in one way or another, I don’t have favorites.

What would be your dream project?
In terms of fashion/commercial projects I would love to do something for Chanel.
I terms of collaborations I would love to work with photographer Tim Walker.
But really it’s hard because I have had the opportunity to work with some fantastic people who I wouldn’t have necessarily known before working with them and it has been a dream. So, it’s hard to say – it’s something I will only know in retrospect.

What are you are currently working on?
I just finished working on the Le Bon Marché Christmas Catalogue with Petronio Associates – an amazing experience. Ezra Petronio was such a fantastic photographer to work with and his team were brilliant every step of the way. I am so pleased to have been invited to be part of it.
The catalogue is out now in Le Bon Marché or you can see a few of the images on my Instagram feed – Instagram.com/ingejacobsen.

What are you looking forward to?
2015 will be an exciting year for me. I don’t like to talk about anything until it is done but watch this space…

Where to find Inge and her work:
www.ingejacobsen.com
Facebook
Instagram
Showstudio

Conférence : NICK CAVE l’un des plus grands artistes contemporains américain

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Nick Cave expliquant son processus créatif au journaliste le Dr Andrew Frost du Guardian. Derrière lui défilent tout au long de la conférence ses magnifiques sculptures.
Photo : Flore Vallery-Radot

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Sound Suit par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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La même sound suit vue de près, par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sound Suit en version imprimée, en vente sur le site de Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sound Suit par Nick Cave. Proche de la version initiale, de cette petite branche qui a tout commencé.
Photo : Nick Cave.

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Sound Suit en boutons de nacre par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sound Suit en boutons de nacre par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculptures textiles par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculptures textiles par Nick Cave. Il pense pouvoir, il crée une tête de missile. Il pense prise de pouvoir, il pense forme de préservatif.
Photo : Nick Cave.

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Sculptures textiles par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculptures textiles par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculptures textiles et sound suits par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculptures textiles et sound suits par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sound suit vue de plus près par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculptures textiles et sound suits par Nick Cave. Travail au crochet.
Photo : Nick Cave.

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Sculptures textiles et sound suits par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Photos en mouvement des sculptures textiles et sound suits de Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Entre costume et sculpture. Entre art contemporain et artisanat textile. Sculpture textile de Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Entre costume et sculpture. Entre art contemporain et artisanat textile. Sculpture textile de Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Entre costume et sculpture. Entre art contemporain et artisanat textile. Sculpture textile de Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Impressionnante sculpture en crochet par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sound suit par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculpture-costume en crochet par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Assemblage d’objet à forte valeur émotionnelles et politique par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Costume ou sculpture faite d’objets “ultra-chargés” en émotions par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Costume ou sculpture faite d’objets trouvés dans des vide-greniers par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Entre costume et sculpture. Entre art contemporain et artisanat textile. Sculpture textile de Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculpture textile de Nick Cave faite de sacs et de chapeaux en crochet.
Photo : Nick Cave.

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Sculpture textile de Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Sculpture textile de Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Tenue vendue dans la boutique de Nick Cave rappelant ses sound suits.
Photo : Nick Cave.

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Sculpture textile et costume de dans par Nick Cave.
Photo : Nick Cave.

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Considéré par beaucoup comme l’un des artistes américains vivants les plus influents, Nick Cave, né à Chicago en 1959, a commencé sa carrière comme danseur. Après avoir travaillé dans la mode et possédé un magasin de vêtements, il est attiré par le monde de l’art contemporain tout en gardant toujours un étroit lien avec la danse et la mode.
J’ai eu la chance de pouvoir me rendre, le 13 novembre dernier, à une conférence / interview appelée conversation à Carriageworks, un centre artistique de Sydney, entre le journaliste spécialiste de l’art contemporain Dr Andrew Frost et Nick Cave.
Ses oeuvres mènent une double vie, à la fois de sculptures immobiles dans les plus grandes galeries du monde mais aussi de costumes incroyables portés par des danseurs et des acteurs. En mouvement, elles deviennent alors des objets sonores, ses fameuses sound suits (costumes de son).
Fascinée depuis des années par le travail de Nick Cave, j’ai sauté sur l’occasion lorsque j’ai appris qu’il venait parler de son travail.
Nous avons été accueillis par un film étrange et fascinant montrant une sorte de combat sonore entre sound suits entièrement constituées de boutons de nacre avec une tête de boulier en bois. Ensuite Nick Cave est entré, très athlétique, très souriant, un brin timide.
Cet échange passionnant entre le Dr Andrew Frost et Monsieur Cave m’a permis de découvrir le parcours d’un homme et la naissance de son oeuvre.

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Aujourd’hui Nick Cave est directeur de la section mode de la School of the Arts Institute de Chigago. Il expose dans les plus grands musées d’art contemporain du monde et prépare d’ailleurs une exposition majeure au MASS MoCA, le gigantesque musée d’art moderne du Massachusetts qui se situe entre New York et Montréal. Il explique qu’en tant que prof, parfois craint de ses élèves pour son exigence de rigueur et de vérité, il a besoin de faire comprendre à ceux qui se lancent que le monde de l’art et de la mode sont cruels et difficiles et qu’il faut beaucoup de force pour faire sa place s’exprimer pleinement.

C’est en effet un parcours atypique que Nick Cave a emprunté depuis sa naissance dans une famille de sept enfants avec un an d’écart l’un avec le suivant. Il a fallu qu’il se démarque, qu’il customise ses vêtements qu’il était le énième à porter. Il raconte qu’il a beaucoup aimé le travail de groupe à l’école, créer des vêtements pour 40 copains et organiser des parades dans la Grand’rue ! Il a toujours fait partie d’une grande famille, d’un groupe.

Pendant plus de 10 ans, le monde de la mode a été pour lui une sorte de laboratoire, il y a essayé ses talents de styliste sur ses clients. Il y a beaucoup appris. Mais il savait au fond de lui que ce n’était qu’une fuite. Son chemin était ailleurs. Et c’est par un traumatisme que tout a commencé en 1992, lorsque Rodney King, un noir américain, subit des violences policières atroces filmées par un passant. L’acquittement du policier en question créera un scandale aux USA comme dans le monde entier. Nick Cave est traumatisé par cet épisode et mettra 3 mois à s’en remettre. Peu de temps après, alors qu’il se promène dans un parc de Chicago, il ramasse une brindille, puis deux, puis trois. Il se demande quel effet ça fait d’être jeté par terre. Il ramasse toutes ces brindilles et décide dans d’en faire une sculpture. Puis il s’aperçoit que comme elle a forme humaine, il pourrait tout aussi bien la porter. Il l’essaie, ça fait un bruit du tonnerre. Une sorte de révolte. C’est l’instant T. Il se dit que ces ÇA son moyen d’expression. Il l’appellera plus tard la Sound Suit et après quelques décennies de travail acharné, il vient de terminer probablement sa 500ième !

Mais comment se place-t-il dans le monde de l’art avec cet ovni-là ? Dans un monde qui rejette avec mépris le “décoratif” et les activités artisanales comme le crochet par exemple. Nick, lui, dit qu’il s’en fiche complètement de ce que les gens pensent. Ca ne l’a jamais arrêté. Il aime s’asseoir sur la barrière comme il dit. A la frontière entre la mode, la danse, la sculpture, l’installation, et les loisirs créatifs, pourquoi pas. Il veut tout explorer, jouer avec les limites.
Ses oeuvres ressemblent parfois à des combinaisons d’astronautes, des tenues de camouflage. Elles sont faites pour cacher la race, le sexe ou la classe sociale en forçant les gens à regarder l’objet sans jugement. Nick Cave dit qu’on a tendance à trouver toujours une place pour chaque chose. On a ce besoin de catégoriser. Il veut sortir de tout ça et nous forcer à nous confronter à quelque chose qui ne nous est pas familier, ça nous oblige à une sorte de responsabilisation, à une certaine intégrité.

Dans son art, le corps est le véhicule et c’est l’objet ou la matière qui le guide vers l’oeuvre finie. Il ne fait jamais de schéma ou d’esquisse. Il se lance, et l’oeuvre se crée. Pour lui, s’il y avait une représentation même très schématique de l’objet terminé avant de démarrer, il n’aurait plus aucun intérêt à le créer. Tout ce qu’il fait est entièrement improvisé. “C’est une sorte de feeling, avec un son, un rythme basé sur un motif, un ordre et une construction”. Il dit que ce processus n’est possible qu’avec de très nombreuses années de pratique.

Ses influences semblent puiser dans le coeur de l’Afrique mais pas seulement dit-il. Il trouve fascinant les cultures ancestrales où la danse et les costumes étaient des ponts entre les hommes et les dieux, ce lien entre rituel et danse. Il est passionné par les rites aztèques, aborigènes, les anciennes traditions cubaines, haïtiennes, le vaudou et le chamanisme. Cependant, il ne veut pas que ces éléments priment sur l’oeuvre, cela doit rester une influence subtile.

Avide collectionneur d’objets et de tissus, il parcourt les Etats-Unis avec son assistant Bob, loue un camion et débarque dans les vide-greniers ou marchés aux puces locaux pour acheter une quantité énorme d’objets. Ses idées démarrent d’ailleurs toujours avec un objet particulier. C’est l’objet qui devient l’instigateur de l’oeuvre, son déclencheur. Il dit que finalement ce dont il a besoin se trouve toujours en dehors de son studio, il faut aller je chercher. Il fait un incroyable nombre de kilomètres pour ça !
Et puis, de retour au studio, écoutant chaque matin la même chanson de Shirley Horn : “Here’s To Life” avec une équipe d’assistant, il utilise ses trésors accumulés pour créer ses sculptures.

Un jour il a démarré une collection de gants perdus dans la rue. Toujours un gant, seul, sans son jumeau. Il les ramassait et les solidifiait dans la résine. C’était une sorte de moyen de concrétiser la terrible absence de son frère mort.

Son inspiration lui vient donc de sa vie et ses souffrances mais aussi des choses les plus simples, des événements lourds aux micro-instants dont il est le témoin comme sa mère au téléphone avec George Clinton.

Nick Cave aime être léger et laisser les choses se faire, mais depuis le tout début de son projet il a une profonde conscience civique, un besoin d’expression politique dans son art. Au démarrage très discret mais plus son oeuvre évolue, plus sa voix est forte. Il considère qu’un artiste a une vraie responsabilité sociale.
Les injustices contre la population noire le choquent énormément, il en fera des sculptures mettant en valeur des objets à consonances racistes.

Après les dix premières années de sound suits, le succès a été phénoménal aux Etats-Unis, il s’est senti dépassé par les événements alors soudainement, il a tout plaqué et a acheté un petit magasin qu’il a fait tourner pendant 10 ans. Créant des pièces de vêtements si incroyables, qu’il fallait parfois, dit-il, qu’elles attendent 3 ans sur un cintre pour trouver LA personne pour qui elles avaient été créées. Et puis après cette décennie de break, il a repris les rennes. Plus de 10 ans de sculptures et sound suits après, c’est de nouveau le temps pour Nick de passer à autre chose.

J’ai vraiment hâte de voir la suite !

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Magnifiques article et photos sur le site TRNK

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