Hermès et ses artisans itinérants

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Le Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014 avait lieu au Musée d’Art Contemporain dans le site magnifique du port de Sydney où s’arrêtent de considérables bateaux de croisière. Vous pourrez voir, derrière les chevaux de papier Hermès, un bout du fameux opéra.

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La charmante couturière spécialiste des cravates. Elle reçoit un rectangle qui ressemble assez à un carré Hermès. Elle le découpe et assemble chaque morceau selon un processus très précis et très strict. D’un seul fil commencé et terminé par une boucle libre de réglage, elle coud avec un point invisible l’arrière de la cravate avec une dextérité à tomber à la renverse… Quasiment les yeux fermés, elle construit une cravate avec une couture droite et impeccablement centrée.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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La création du fameux sac Kelly et ses coutures à deux aiguilles.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Voici la selle Hermès, le rêve de beaucoup de cavaliers.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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 Le sellier qui devant nos yeux ébahis fabrique une selle avec une assise en bois, du cuir bien sûr, mais aussi du feutre. Une selle Hermès coûte 5000 euros environ. C’est un produit de luxe entièrement fabriqué à la main.
La sellerie est le métier d’origine d’Hermès.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Carrés Hermès dans le détail. On y voit les différents types de coups de crayons, les jeux d’ombrés, les couleurs multicouches, les couleurs plates.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Présentation de carré Hermès au Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014. Notez la moquette incroyable avec une belle collection d’outils.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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On voit sur cette photo d’un carré Hermès la précision du très et l’application exacte de chaque couleur qui ne dépasse pas.
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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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De nombreux visiteurs, peuvent pour une fois observer ces merveilles de soie de près et les toucher sans crainte.
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Détails d’un carré Hermès.
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Détails de carrés Hermès.
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Détails de carrés Hermès. Admirez les dessins raffinés et les couleurs parfaitement appliquées.
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Détails de carrés Hermès.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Détails de carrés Hermès.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Détails d’un carré Hermès. Probablement basée sur un tissu brodé.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Nadine Rabilloud graveuse dessinatrice chez Hermès depuis 36 ans travaillant sur le design ”Au cœur de la vie”.
Avec sa plume électrique vibrante elle applique des pointillés sur son calque de couleur pour les détails les plus fins.
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Nadine Rabilloud graveuse dessinatrice chez Hermès couvre une seule couleur du design “Au cœur de la vie” avec sa plume à encre de Chine.
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Quelques calques sur la table de travail Nadine Rabilloud, foulard ”Au cœur de la vie”.
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Quelques calques sur la table de Nadine Rabilloud.
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Table de travail de Nadine Rabilloud. Calques et encre de Chine. Foulard ”Au cœur de la vie”.
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Exemple de calque granuleux pour représenter les couleurs dégradées.
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Foulard “Au cœur de la vie”. Design 2007.
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 Détail du foulard “Au cœur de la vie”. Design 2007.
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L’atelier de l’imprimer de taille réduite pour le show. On y voir le modèle de carré Hermès qui sera imprimé.
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Les imprimeurs préparent la toile de soie.
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L’imprimeur et présentateur comique hilarant, explique le principe du pochoir.
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L’imprimeur applique sa teinture épaisse.
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 L’imprimeur racle sa teinture qui passera par les trous de la gaze pour se déposer sur la soie, en dessous.
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Voici le résultat après 5 cadres déjà. Chaque coloris (dont les différences semblent invisibles à l’oeil nu) a été appliqué en commençant par le plus foncé.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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La prestigieuse marque française, Hermès, a lancé il y a 4 ans une grande tournée à travers le monde pour présenter la beauté des gestes de ses artisans dans de grandes capitales comme Londres, Shanghai, New York, Paris, Pékin ou encore Sydney.
Nous avons eu la chance de nous rendre à l’un de ces événements exceptionnels et sommes contents de pouvoir en partager les images et les mots avec vous.

Ce sont cette fois-ci  sept métiers qui étaient représentés par des artisans aux talents incroyables et qui s’étaient déplacés, du 2 au 6 octobre 2014, jusqu’au Musée d’Art Contemporain de Sydney en Australie pour faire découvrir au grand public les arts de la peinture sur porcelaine, du sertissage de pierres, de la couture de cravates, de la gravure et impression pour les carrés de soies, de la sellerie et enfin de la couture du cuir pour la création de sacs.

La partie qui nous a arrêtée pendant plusieurs heures était bien entendu la partie textile : la création des fameux carrés Hermès, ces foulards de soie aux couleurs chatoyantes. Pour cette activité seule, nous avons rencontré trois artisans passionnés par leur métier et qui ont su partager avec une audience nombreuse les secrets de leur art.

C’est bien entendu dans le berceau de l’industrie de la soie en France, dans la région de Lyon, que les ateliers Hermès dédiés à la soie se sont installés. Ils y emploient près de 700 personnes et font travailler environ 300 employés de leurs sous-traitants directs.
Le premier carré Hermès a été créé en 1937, il s’intitulait ”Le jeu des omnibus et des dames blanches” et était composé de 13 couleurs. Ce sont à ce jour plus de 2.000 modèles différents qui ont été créés. Chaque année, environ vingt nouveaux designs sont lancés : dix au printemps et dix à l’automne sans compter les anciens modèles remis au goût du jour.

Nous avons tout d’abord rencontré Nadine Rabilloud qui travaille sur le site de Bourgoin-Jallieu près de Lyon, elle a fait toute sa carrière chez Hermès. C’est à seize ans qu’elle est entrée dans la maison et c’était il y a trente six ans ! L’équipe de dessinateurs-graveurs dont elle fait partie comporte vingt deux personnes.

La naissance d’un carré Hermès c’est avant tout le choix d’un design. Il y a environ quarante créateurs de part le monde, beaucoup de français, mais aussi un américain passionné par les indiens d’Amérique, un chinois, un allemand, etc. Chacun a sa spécialité : fleurs, chevaux, animaux ou géométrie. Ils doivent proposer un dessin, ou une oeuvre qui tienne dans un carré de 90 x 90 cm. Le directeur artistique sélectionne les designs qu’ils soient un dessin, une photo, une porcelaine, une aquarelle, un tableau peint à l’huile, une sculpture, une photo ou même une pièce textile photographiée.

La création carrée est ensuite traduite sous la forme d’un prototype, une reproduction du design. Ce “proto” est ensuite transmis à Nadine ou un membre de son équipe. Sa première tâche est de décomposer les couleurs. Elle attaque donc ce travail long et fastidieux d’identification de chaque teinte composant l’oeuvre. Elle voit par exemple qu’il y a le coloris Havane, Aubergine foncé, tilleul, Nil, Pétrole, etc. Elle peut en trouver un nombre infernal. Les teintes “maison” d’Hermès sont également légion, on n’en compte pas moins de 75.000 ! Le plus grand nombre de couleurs identifiées sur un carré Hermès est 46.

Nadine note donc chaque couleur par son nom sur une liste et elle les enregistre dans sa tête, comme elle dit. Nous lui avons demandé… bien évidemment… “Mais est-ce que vous n’utilisez pas un ordinateur pour analyser les couleurs, pour sûr, avec les moyens modernes, on pourrait vous éviter cette étape…” “Mais non, répond-elle, c’est la différence entre un carré Hermès et un foulard lambda. C’est l’oeil humain qui analyse les couleurs.”
Ce n’est pas le scan d’un tableau ou d’un design qu’Hermès veut réaliser, c’est une interprétation…

Une fois l’analyse couleur effectuée, Nadine commence le travail de gravure. Il s’agit de créer un calque par couleur identifiée en commençant par la plus foncée. Elle pose une feuille de polyester transparent, un calque, sur le prototype et couvre cette première couleur d’encre de Chine noire à l’aide d’un stylo à plume.

Elle va ainsi tracer et masquer chaque couleur après avoir repéré où elle se trouve dans tout le dessin, changeant de calque à chaque nouvelle couleur et allant progressivement vers la couleur la plus claire. Elle doit bien faire attention que chaque calque soit parfaitement aligné avec le précédent. Elle doit aussi anticiper ce que l’empilage de ses claques va donner comme teinte finale. Et puis, elle nous explique aussi qu’il lui faut prévoir les étapes suivantes et penser au coloriste qui choisira les couleurs en s’inspirant la plupart du temps de ses suggestions, mais pas toujours. Il lui faut par exemple faire attention de séparer des couleurs identiques qui se trouvent dans diverses parties du dessin car si le coloriste décide de changer le coloris d’une fleur, il ne faut pas que ce changement affecte une autre partie du design, un visage, ou un autre objet.

Nadine nous avoue que le plus difficile pour elle c’est d’avoir à penser en couleur, voir la couleur tout en travaillant en noir ! Elle doit faire la gymnastique mentale permanente entre la couleur et le noir. Cela rend son véritable travail d’orfèvre un challenge insurmontable pour le commun des mortels…

Il existe deux types de couleurs : les plates et les dégradées, elle travaille donc avec des outils différents. Pour les couleurs plates, elle utilise un calque lisse et applique le noir avec une plume à encre ou un pinceau. Les couleurs dégradées sont dessinées sur du papier calque granuleux, travaillé au pinceau ou crayon noir gras effleurant la surface qui se couvre ainsi de petits points, elle utilise aussi une plume électrique vibrante pour les détails les plus fins. Ce sont ces nuages de petits points qui effleureront légèrement la surface pour laisser passer une couleur complémentaire et donner un effet ombré ou dégradé.

Ce travail très minutieux est particulièrement chronophage. Pour le carré  ”Cosmogonie Apache” qui a nécessité le plus grand nombre de couleurs de l’histoire de l’atelier, 46 au total, le processus a pris plus de 2000 heures de concentration ce qui correspond peu ou prou à deux ans de travail.
Un carré Hermès classique contient en moyenne 27 couleurs et demande en entre 500 et 800 heures de gravure, c’est à dire en moyenne un an de travail.
Le foulard que nous voyons sur les photos ci-dessus est  intitulé “Au cœur de la vie”. Sorti en 2007, il y avait 39 couleurs et il a fallu environ 1700 heures de travail pour achever la gravure de tous les claques.
De façon générale, on peut considérer que l’atelier de gravure commence son travail un an et demi avant la sortie en magasin.

A la fin du processus d’identification, lorsque Nadine a recomposé toutes les couleurs, chacune sur son calque noirci, le carré doit apparaître tout noir. S’il subsiste des tâches claires, c’est qu’une couleur a été oubliée. Elle corrige alors les calques concernés.
Puis, pour finir, ses calques sont envoyés à l’imprimerie où pour chacun d’entre eux, un cadre de teinture sera créé. 

C’est maintenant au  tour du coloriste d’analyser le travail de Nadine, de valider ou non son choix de couleur, de faire des modifications pour l’équilibre de l’ensemble.

Ensuite, l’imprimeur entre en scène.  C’est l’étape de création des cadres de teinture. C’est un procédé photographique qui va imprimer les parties noircies par Nadine sur chaque les cadres. Le noir dessiné, opaque à la lumière apparaîtra en négatif sur le cadre. Le reste du cadre sera rempli d’un matière bloquante bleue, comme un pochoir.
Les cadres sont en fait des carrés de métal sur lesquels est tendu de la gaze peinte avec cette émulsion bleue photosensible (sensible à la lumière) et soluble dans l’eau.
Chaque calque de Nadine correspondant au noircissement d’une seule couleur est posé sur un cadre, puis de la lumière, ou plutôt des UV sont projetés sur le cadre et sa gaze bleue. Ces UV vont cuire et faire durcir l’émulsion bleue. Le cadre est ensuite lavé à l’eau et l’émulsion bleue qui se trouvait sous les motifs noirs dessinés par Nadine, et qui n’a pas été cuite et durcie car protégée de la lumière, va se dissoudre dans l’eau.

Une fois les cadres prêts, l’imprimeur installe un tissu de soie sur des tables longues de 150 mètres.  Chaque année Hermès utilise environ 20.000 kilomètres de soie à raison de 1.500 mètres de fils par carré.
Avec 3 de ses collègues, il s’installe et chacun prendra en charge la teinture d’environ 40 carrés. L’atmosphère et la température de l’atelier au plafond particulièrement bas sont contrôlées. Il doit faire environ 30° pour que les conditions soient optimales.

L’imprimeur commence alors le travail d’impression à proprement parler. Il pose le 1er cadre, de la couleur la plus foncée, sur la soie. Il verse dessus une quantité de teinture à la texture d’une crème. Il va ensuite pousser puis racler la teinture avec une barre de métal serrant une pale de caoutchouc. Il choisira la hauteur du caoutchouc qui change d’une barre à l’autre en fonction de la quantité d’encre nécessaire à ce cadre-là.
Chaque cadre doit être positionné exactement là où était le précédent pour ne pas “dépasser” (comme on dit à la maternelle). L’imprimeur utilise un rail avec des “stoppeurs” qui arrêtent le chariot portant le cadre au bon endroit, il observe à chaque nouveau cadre si tout est bien en face, et donne de légers coups sur les bords du cadre pour corriger sa position de quelques microns…

La teinture, pressée contre le cadre, va passer à travers les trous de la gaze sur la soie et imprimer le dessin. Il faut à chaque fois retirer le cadre délicatement et immédiatement lui faire prendre une bonne douche pour retirer la teinture. Une fois que l’imprimeur aura déposé successivement et raclé tous les cadres, on verra peu à peu apparaître le design du créateur avec toutes ses couleurs imprimées sur la soie. Une fois le carré imprimé complètement, il est numéroté.

L’opération n’est pas encore terminée ! La couleur telle quelle est vulnérable et serait détruite par une goutte d’eau. La soie doit passer ensuite par un bain de vapeur pour fixer la couleur. La vapeur permet à la teinture de pénétrer profondément dans la fibre. Le tissu, rigidifié par ce traitement et la gomme arabique utilisée dans la teinture, doit être lavé avec de l’eau souterraine et un savon très spécial. Le foulard redevient alors très doux et très brillant. Pour finir, une pellicule d’un produit secret est déposée pour donner tout le soyeux qui fait le secret du carré Hermès.

La dernière étape pour ces carrés est le roulottage des bords, opération de couture qui durera environ 45 minutes.

A chaque étape du processus, un contrôle qualité vérifie que le produit est conforme à la charte très stricte de l’honorable maison.

Après ce show fantastique de l’imprimeur, épuisés par tant de boulot, sans avoir bougé le petit doigt… nous sommes retournés voir Nadine pour la remercier d’avoir répondu à nos nombreuses questions. Et lui en avons reposé une pour la route… “Mais alors la copie, l’espionnage industriel !? N’êtes vous pas inquiets chez Hermès de montrer tout ce que vous savez faire au monde entier, devant des murs de portables tendus en train de filmer alors que vous demandez de ne pas le faire ? Est-ce que vous n’êtes pas finalement en train de brader votre savoir-faire ?”

La réponse de Nadine fuse : “Même pas peur !” Elle nous explique que le travail des artisans Hermès que représente chaque pièce présentée ici est tellement énorme, intense et spécialisé que copier les process longs et si manuels n’a aucune valeur financière. Par ailleurs, il existe déjà des tonnes de copies de tout ce que produit Hermès et ça ne s’arrêtera jamais. A peine sorti rue Saint Honoré, un carré fait déjà un carton sur le marché de la contrefaçon…

Il est vrai que si une société chinoise se prend à rêver de lancer un deuxième Hermès, il lui manquera certainement la notoriété de la grande maison. La contrefaçon existe déjà, et grâce à ces mains savantes et ces années de travail pour chaque nouveau produit édité, il n’y a pas de comparaison possible !

Article et photos : Flore Vallery-Radot

{interview} Yvette Stanton, the super hero who is saving the World’s embroideries from extinction

 Yvette Stanton, le super héro qui sauve le monde de la broderie de l’extinction !

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Voici un exemple de la broderie parfaite d’Yvette Stanton. Sa technique impeccable, quelle que soit le type de broderie exécuté, est sa signature. Elle met tout son coeur et son expérience dans la quête de la perfection.

 An example of Yvette Stanton’s perfect stitching. Her impeccable technique whatever the type of embroidery she is creating is her signature. She puts all her heart and her experience in the quest to perfection.

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Lorsque vous lisez le livre de broderie Mountmellick (Irlande) par Yvette Stanton, la première chose que vous remarquez est l’immense variété de motifs de feuilles. Ce livre est une sorte de “bible de la bordure”. Jetez-y un oeil lorsque vous souhaitez souligner votre tracé.

When you read Yvette Stanton’s Mountmellick (Ireland) embroidery book, the first thing you notice is the immense variety of leaf patterns. It is actually a sort of “border bible”. Have a look in it every time you need to outline your design.

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Lorsqu’on regarde le travail d’Yvette Stanton, on a la tentation de penser qu’il a été brodé à la machine. C’est tellement régulier et net… Yvette avoue que la régularité de son geste est le résultat de longues heures de travail et d’années d’entraînement.

When one looks at Yvette Stanton’s work, one has the temptation to think “it has to be machine embroidered!” It is all so regular, so neat… Yvette confesses that her regularity and neatness are the result of long hours of work and many years of practice.

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Le but d’Yvette Stanton n’est pas d’acquérir une technique puis de jouer avec. Pas du tout ! Son rôle est beaucoup plus celui d’une historienne ou archéologue de la broderie. Elle va où se trouvent les racines de chaque technique et où les rares personnes, le plus souvent, la pratiquent encore. Elle ouvre des coffres de bois, passe des heures à arpenter les musées et bibliothèques locales pour documenter la technique exacte, pas un point de plus, pas un point de moins.

Yvette Stanton’s goal is not to acquire a technique and then play with it. Not at all! She is more of an historian and an archaeologist of embroidery. She goes where the roots of a techniques are, where the often rare people mastering the technique still live and she opens wooden chests, spends hours at the local Museums and libraries to document the exact technique, not a stitch more, not a stitch less.

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 Souvent Yvette Stanton est accueillie par les associations de broderie locales dans des pays et villages lointain avec un peu d’inquiétude et parfois même de la suspicion… Bien entendu, il est difficile pour les femmes (le plus souvent) qui ont maintenu en vie un artisanat, entre elles, de soudainement le partager avec une étrangère. Mais dès qu’elles voient le travail d’Yvette, constatent sa gentillesse et son humour, elles comprennent à qui elles ont à faire. Et en un rien de temps, elles décident de partage en tout confiance, leurs secrets.

Often, Yvette Stanton is welcomed to the local embroidery guilds in remote countries and villages with a bit of worry and even suspicion… Of course, it is hard for the ladies (most of the time) who have kept their craft alive and among themselves, to share it suddenly with a stranger. But as soon as they see Yvette’s work, her kind manners and her humour, they understand who they are dealing with and in no time they share their secrets trustfully.

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Vous n’avez pas nécessairement besoin d’être un obsédé par l’authenticité ou passionné d’une technique en particulier pour apprécier le travail d’Yvette. Ses livres et ses cours sont un excellent entraînement pour acquérir une technique simple et bonne. Même si elles n’en ont pas l’air, les techniques d’Yvette sont extrêmement simples et bien expliquées. Elle segmente chaque mouvement pour vous accompagner durant le processus. Si vous suivez ses étapes dans l’ordre, l’une après l’autre vous ALLEZ RÉUSSIR !

You do not necessarily need to be obsessed with accuracy, with authenticity or with a special technique to appreciate Yvette Stanton’s work. Her books and classes are an excellent training to acquire a good and simple technique. Because, even if it doesn’t seem like it, Yvette’s techniques are extremely simple and well explained. She segments each and every movement in a stitch to guide you through the whole process and if you follow all her steps in the right order, you WILL succeed!

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Certains points n’auront pas l’air impeccables la première fois que vous tenterez de les broder. Vous allez avoir besoin de quelques heures de pratique pour être satisfait de leur aspect. Le passé plat en est un parfait exemple (ci-dessus). Cela vaut le coup de se donner du mal car bien exécuté, c’est un point vraiment magique. Le secret réside dans quelques détails : la technique de “rembourrage” du point est primordiale, l’angle de l’aiguille fera des bords impeccables, démarrer le point au milieu du motif permet de garder les lignes de fils parallèles. Ensuite, tout ce dont vous avez besoin c’est du temps pour vous entraîner.

Some stitches will not look impeccable on the first go. You will need hours of practice before you are satisfied by the aspect of it. The satin stitch above is the perfect example of it. It is worth the trouble, a well executed satin stitch is magic. The secret lies in a few details: the padding is key, the angle at which you point your need will make your edges neat and starting in the middle will help keep the long lines of thread parallel. Then, all you need is time to master the whole exercise.

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 Ne manquez pas de jeter un oeil à la technique très spéciale d’Yvette Stanton pour broder des baies comme les mûres ou les framboises. Vous trouverez cela dans son livre sur la broderie Mountmellick. Vos framboises auront un vrai look 3D.

Do not miss Yvette Stanton’s special technique to make berries. You will find it in her Mountmellick embroidery book. It allows you raspberries to have a real 3D look.

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Un point qui fait souvent peur aux passionnés de broderie est le point de post. Yvette Stanton a un petit tour de magie dans son chapeau et regardez ! Ces feuilles sont tout simplement magnifiques.

One stitch that can scare the passionate embroiderer is the bullion stitch. Yvette Stanton has a magic trick and look! Impeccable! These leaves are simply amazing.

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 Dans la tradition irlandaise de Mountmellick les coussins, nappes et napperons étaient entourés de franges décoratives. C’est un de ces tours de magie dont Yvette Stanton a le secret. Vous allez tricoter un drôle de point et à la fin, vous tirerez sur une boucle mystérieuse et tout d’un coup, sous vos yeux ébahis, toute une frange se délite et tient sur un galon tricoté.

In the Mountmellick tradition, cushions, doilies or table clothes are embellished by a knitted edge. It is another magic trick which you will discover in Yvette Stanton’s Mountmellick Embroidery book. You knit a strange stitch and at the end, you pull on some mysterious loop and the whole fringe creates itself your very amazed eyes.

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Si un jour vous avez la chance de participer à l’une des sessions de cours de broderie d’Yvette Stanton, qui rencontrent actuellement un énorme succès, vous allez découvrir son grand sens de l’humour, sa gentillesse et quelque chose qui est rare pour un prof d’artisanat. Elle vous promet qu’en ressortant de son cours vous maîtriserez ce qu’elle est venue vous enseigner !! Et c’est vrai, je peux le prouver !

If one day, you get the chance to attend one of Yvette Stanton’s very successful embroidery classes, you will discover her sense of humour, her gentle ways and something which is rare in a craft teacher. She promises you that you will not leave the room until you have mastered what she is here to teach you!! And it is true :) I can prove it!

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 Voici une bobine du fil de la marque V lancée par Yvette Stanton de coton Mountmellick. Tricotin.com va, si tout va bien, très bientôt représenter cette marque en France. Le coton Mountmellick est particulier. Il est sec et mat. Vous ne pourrez obtenir un fini “à la Mountmellick” avec un autre coton standard. Si ce produit vous intéresse, contactez-nous.

This is Yvette Stanton’s very own range of Mountmellick cotton yarn. Tricotin.com will hopefully very soon hold a large part of her range. Mountmellick cotton is very unique. It is very “dry” and mat. You will never achieve proper Mountmellick embroidery with standard cotton, even mat. If you are interested in this product, please contact us.

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Voici un exemple du magnifique monde de petits noeuds de la broderie de Sardaigne par Yvette Stanton. Elle montre dans son livre comment appliquer cette technique à une robe comme très jolie décoration.

Here is an example of the wonderful world of tiny knots that is Sardinian embroidery by Yvette Stanton. She shows in her book how you can apply this technique to a dress as a wonderful embellishment.

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La broderie sarde est une technique intéressante et jolie. Vous trouverez dans le livre, dans le pur style Yvette Stanton, tous les détails et la technique correcte pour maîtriser cet art ancestral.

Sardinian embroidery is a very interesting and pretty technique. You will find in the book, in pure Yvette Stanton style, all the details and the proper technique to achieve this ancestral art.

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Yvette Stanton donnant un cours de broderie.

Yvette Stanton giving an embroidery class.

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Le cours de broderie de Mountmellick par Yvette Stanton. Les 13 étudiants participants sont ressortis avec de vraies connaissances supplémentaires et de la confiance en soi.

Yvette Stanton’s Mountmellick embroidery class. The entire 13 student class came out with a wealth of knowledge and a great deal of confidence!

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Ce dessin, tracé sur un tissu typique de la broderie de Mountmellick avec un stylo à encre effaçable a été réalisé par un étudiant du cours d’Yvette Stanton sur une lampe plate à tracer la broderie (bientôt en vente dans la boutique Tricotin.com)

A design drawn on a typical Mountmellick satin jean fabric with an erasable cloth pen by one of Yvette Stanton’s student on a flat drawing lamp. (Soon in our e-store Tricotin.com)

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Le travail d’une élève du cours d’Yvette Stanton sur la broderie de Mountmellick.

One of Yvette Stanton’s students work on Mountmellick embroidery stitches.

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 Le tracé d’un très beau dessin issu du livre d’Yvette Stanton sur la broderie de Mountmellick.

Tracing of a wonderful design from Yvette Stanton’s Mountmellick embroidery book.

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Les points remplissant le dessin plus haut. Des épis de blé.

The stitch filling the beautiful wheat design.

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Mes essais personnels de points classiques de broderie de Mountmellick lors du cours d’Yvette Stanton. J’ai réussi à obtenir une meilleure régularité après de longues heures de travail.

My own attempt to achieve the classic Mountmellick embroidery stitches during Yvette Stanton’s class. I have gained regularity since by working on those stitches for long hours.

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J’ai rencontré Yvette il y a des années, lors d’un salon d’arts créatifs en Australie. J’avais déjà acheté son livre et c’était devenu ma bible. J’ai approché discrètement son stand pour voir s’il était possible de jeter un coup d’oeil “en vrai” à ses broderies. J’étais absolument fascinée par l’incroyable précision, régularité et netteté des points photographiés dans son livre. C’était un peu comme si j’avais envie de découvrir si ses vraies broderies étaient géniales, ou si tout était dans la photo macro et une pincée de poudre magique Photoshop… Ce qui m’a choqué de prime abord c’était la jeunesse d’Yvette ! (Je sais, ce n’est pas une manière de penser très convenable, surtout pour quelqu’un comme moi qui s’est lancé dans une vraie croisade pour le Rajeunissement Mondial des arts du fil !) et ensuite, j’ai été très impressionnée par le soin qu’Yvette apporte en vrai à tout ce qu’elle crée. 

Elle était assise dans un coin du stand avec un magnifique échantillon de broderie Mountmellick sur les genoux. Elle a du voir mon air béat et ma bouche béante ! Elle m’a tendu l’échantillon. J’ai expliqué qui j’étais et lui ai proposé de la faire venir en France pour un cours de broderie à Paris. Je lui ai rendu son échantillon et elle m’a dit : “Non, gardez-le, je veux que vous le gardiez”. Wow ! Ayant conscience des très très longues heures de travail que représentait cette pièce brodée, j’ai été très touchée.

Pas si longtemps après, ses livres sont venus garnir les rayons de la librairie en ligne de Tricotin.com avec grand succès. Et récemment, j’ai projeté d’enfin lever le voile sur le secret de la “perfection Stanton” en broderie. Je me suis enrôlée dans son cours de broderie de Mountmellick puis l’ai interviewée. J’ai beaucoup appris en chemin et souhaitait le partager avec vous.

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INTERVIEW

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D’où venez-vous et où vivez-vous ?
Je suis née et je vis à Sydney en Australie. J’ai vécu ici toute ma vie sauf durant mon enfance, j’ai passé un an dans une ville côtière à environ cinq heures de Sydney, et plus tard j’ai effectué un séjour de trois mois en Ethiopie avec mon mari et mes filles.

Qu’avez-vous fait comme études et quel était votre métier avant de devenir brodeuse à plein temps ?
J’ai fait des études de communication visuelle (graphiste) à l’université. J’ai travaillé quelques années en tant que graphiste dans l’édition avant de quitter mon job pour avoir des enfants et commencer à écrire des livres. Je n’avais en fait jamais vraiment eu le projet d’écrire des livres. C’est juste arrivé comme ça !  Lorsque j’étais à l’université, j’ai travaillé en tant qu’encadreur spécialisé dans l’encadrement de travaux d’aiguilles. J’ai également enseigné l’encadrement dans un centre d’enseignement pour adultes de ma région.

A quel âge avez-vous appris à broder et qui vous a enseigné la broderie ?
Quand j’étais petite, vers huit ans environ, mes parents m’ont donné un exemplaire du “Guide complet des arts de l’aiguille” du Reader’s Digest. C’est grâce à lui que j’ai fait mon chemin en faisant mes expérimentations en broderie, patchwork, tricot et crochet. Je ne me suis jamais ennuyée en vacances scolaires ! Lorsque j’étais à l’école secondaire, j’ai beaucoup aimé les cours de “Design et textile”. J’aime spécialement la broderie et la couture ou plutôt construction de vêtements mais j’ai un faible pour la broderie.

Vous avez écrit votre deuxième ouvrage avec votre soeur jumelle, de quelle manière cela a-t-il été un projet commun ? Quel a été le rôle de chacune ?
Le livre était “Mountmellick Embroidery: Inspired by Nature”, et parce que c’était sur le thème des plantes, j’ai invité ma soeur à y participer. Elle est artiste dans le domaine de la botanique et brodeuse également. Je savais que ce projet de livre lui plairait. Elle a dessiné tous les modèles (dans la première édition, j’ai ajouté des dessins personnels dans la seconde) et ensuite, nous les avons brodés toutes les deux. Je me suis occupée d’écrire les instructions.

Renouvellerez-vous cette expérience ?
Bien que nous nous entendions très bien en tant que soeurs, nous ne sommes pas des collaboratrices idéales pour écrire des livres. Peut-être qu’étant de vraies jumelles, et donc le reflet identique l’une de l’autre, nous sommes certainement trop identiques pour certaines choses et trop différentes pour d’autres !

Pouvez-vous nous décrire votre journée type ?
Je me lève vers 6 heures et consulte mes emails. J’emmène ma fille cadette à l’école et ensuite je m’installe soit pour broder, écrire ou dessiner des diagrammes de broderie. L’après-midi, j’accompagne mes filles à leurs activités extrascolaires comme les leçons de musique ou de gymnastique. J’essaie de travailler autant que je peux tout en m’occupant de mes filles et de la maison. Comme mon travail est flexible, il s’adapte très bien à une jeune famille. Ma broderie et mon ordinateur sont très portables, donc je peux travailler de presque partout.

Où trouvez-vous vos idées ?
Elles peuvent venir de partout et n’importe quand ! Un jour, j’ai eu une idée “géniale” pendant que je conduisais ma voiture. Parfois c’est en regardant Pinterest, un blog ou un livre. Parfois c’est simplement en jouant avec les points. Il m’est arrivé d’avoir à produire une idée pour un projet particulier. J’en ai discuté avec l’une de mes filles sur le chemin de l’école. Je lui ai donné tous les critères et elle m’a suggéré la plus parfaite des solutions. La plupart de mes idées de livres tournent autour de la broderie dans ce qu’elle a d’historique. Donc pour démarrer mes recherches, je commence avec les robes traditionnelles et folkloriques. Lorsque vous voyez une tenue folklorique avec une chemise blanche  par exemple, il est fort à parier qu’elle est brodée de blanc, c’est ce genre de choses que je recherche.

Vous rendez-vous toujours dans le pays sur lequel vous écrivez ?
Pas toujours mais si je le peux, je le fais. Lorsque j’ai écrit “Elegant Hardanger Embroidery“, je n’ai pas été en Norvège car le livre n’était pas vraiment basé sur le style Hardanger historique. Pour “Ukrainian Drawn Thread Embroidery” j’ai été au Ukrainian Museum de New York, j’ai eu le sentiment que la barrière de la langue en Ukraine nous serait insurmontable. Le Ukrainian Museum possède une excellente collection de broderies traditionnelles, c’était parfait. Pour “Mountmellick Embroidery: Inspired by Nature” je suis allée en Irlande, dans la ville de Mountmellick. Pour “Portuguese Whitework: Bullion Embroidery from Guimarães” j’ai été à Guimarães au Portugal, et pour “Sardinian Knotted Embroidery: Whitework from Teulada” j’ai visité Teulada en Sardaigne. En début d’année, je me suis rendue dans un pays européen pour préparer mon prochain livre, mais je ne peux pas encore dire de quel pays il s’agit !
Visiter la ville et la culture où la broderie est née m’aide vraiment à comprendre son contexte, et, ce qui est très important, à voir des exemples historiques de cette broderie. Rien n’égale la vue EN VRAI d’un ouvrage. Rencontrer les gens qui continuent de pratiquer ces techniques, et sont passionnés par elles est également inestimable. En observant les ouvrages et en étudiant leurs points, j’apprends tellement plus qu’en regardant un livre ou une page internet. Et je peux poser aux personnes qui maîtrisent ces techniques toutes les petites questions de détail dont j’ai besoin de connaître les réponses, par exemple : comment terminer un ouvrage, rentrer les fils, etc.

Est-ce qu’il est important pour vous d’être fidèle aux techniques exactes de chaque type de broderie local ?
C’est extrêmement important pour moi. Si je suis la personne qui présente un type de broderie à un monde plus vaste, alors je veux le faire correctement. Je veux que les gens à qui appartiennent ces techniques soient fiers de la manière dont leur broderie, si particulière, est présentée aux yeux du monde entier. Je veux qu’ils voient que je les respecte et que je respecte leur broderie. Si d’autres veulent adapter ce style traditionnel à leurs propres desseins, ce n’est pas un problème, mais pour moi, ce que je présente doit être historiquement exact. Je suggère également des moyens contemporains d’utiliser les techniques traditionnelles dans mes livres mais c’est un sujet que je manie avec précaution. 

Quel est votre type de broderie préféré ?
Mon type de broderie préféré est la broderie blanche ou whitework. Et au sein de cette catégorie, j’adore le point compté. Pour être plus précise, je dirais que c’est difficile à dire parce que j’ai une tendance à tomber sous le charme de chaque nouveau style sur lequel je me penche pour écrire mes livres.

Votre méthode pour gaucher proposée dans votre ouvrage Left-Handed Embroiderer’s Companion est-elle un simple miroir de la méthode pour droitier ou est-ce une méthode à part entière ?
Non, broder de la main gauche n’est pas un simple miroir de la méthode pour droitier. Il est parfois possible de travailler en miroir mais il arrive qu’il soit mieux de tourner l’ouvrage de 90° et parfois 180° est ce qui fonctionne le mieux. Avec les points pour lesquels la torsion du fil a une incidence, la méthode de tourner de 90° ou 180° est beaucoup mieux que la méthode miroir. Ces profs de broderie qui disent “essayez-vous en face de moi et travaillez à l’envers” ont complètement négligé des différences très importantes dans certaines points.

Combien d’enfants avez-vous ? Leur avez-vous enseigné la broderie ?
J’ai deux filles. Chacune d’entre elles est créative à sa manière. L’une aime la musique, le théâtre, les langues étrangères et la lecture. L’autre adore la gymnastique. Elles ont toutes les deux fait un peu de broderie, mais ce n’est pas une activité qui les attire vraiment. Et ça ne me pause aucun problème ! La gymnaste aime aussi les documentaires sur la nature et aimerait devenir plus tard biologiste marine ou scientifique polaire. Elle a démarré une broderie et n’a pas été très loin. Pour l’instant tout ce qu’on peut lire c’est KILLER. Son idée de départ était d’écrire Killer Whale (baleine tueuse) mais elle n’a pas encore été jusque là. Entre temps c’est plutôt marrant !

Quels seraient vos 5 conseils clés pour un débutant en broderie ?
Si vous êtes du genre à apprendre avec un livre, alors achetez-vous un bon livre de broderie et entraînez-vous avec, en expérimentant sur les points qui suscitent votre intérêt. Si vous trouvez difficile l’apprentissage par le livre, alors trouvez quelqu’un pour vous apprendre et vous guider dans vos explorations. N’ayez pas peur d’ESSAYER. Si ça ne marche pas, vous aurez probablement appris quelque chose dans l’opération et compris pourquoi ça ne marche pas. Et si ça marche, alors c’est fantastique ! Utilisez la meilleure qualité de produits et de matériel que vous pouvez vous offrir. Les budgets peuvent être limités, mais généralement, utiliser de la bonne qualité et des produits naturels, donnera aux débutants de bien meilleurs résultats que des tentatives infructueuses avec des tissus et fils synthétiques.
Trouvez de l’inspiration dans la broderie. Si vous avez un musée local avec des objets brodés, allez-y et jeter un oeil. Essayez d’identifier les points utilisés. Faites des schémas de tous les motifs qui vous plaisent. Vous pouvez aussi regarder dans des livres ou sur internet. J’adore passer plusieurs heures sur Pinterest lorsque je suis à la recherche d’inspiration. Prenez ce que vous voyez et utilisez-le comme inspiration pour votre propre ouvrage.
Si ce que vous avez fait ne vous plait pas, il va probablement falloir réparer ça. Voyez si vous pouvez vivre avec et si vous en avez le coeur net, c’est affreux, vous ne pourrez vivre avec, alors défaites-le et recommencez ou adaptez-le pour que ça fonctionne avec votre projet. Je suis une perfectionniste, alors si ce n’est pas impeccable, je ne peux pas vivre avec. Parfois ça implique de défaire de larges pans de broderie et les refaire avec un fil différent ou une position différente, etc. Si vous sentez que vous ne serez jamais content du résultat que vous venez d’obtenir, alors il faut faire quelque chose !

Est-ce qu’il est important de travailler avec de bons outils ?
Je crois que oui. J’ai des ciseaux de très bonne qualité, particulièrement pour les broderies nécessitant le découpage de la toile. Je les emporte avec moi à mes cours, et je laisse les élèves les utiliser. Grâce à cela, ils peuvent souvent voir la différence entre leurs ciseaux de broderie qui leurs paraissaient suffisants et les miens, qui on été réellement fabriqués pour la broderie. Je ne suis pas vraiment une snob de l’aiguille mais on peut toujours voir quand une aiguille à un accroc ou quelque chose de coupant dans le chas. Ces choses-là ne valent pas le coup de persister.

Pouvez-vous nous décrire le kit idéal pour broder ?
Cela dépend vraiment du type de broderie que vous allez faire ! Cela dit, pour moi, j’ai une bonne paire de ciseaux de brodeuse bien aiguisée et pointue. J’ai une série d’aiguilles, certaines avec des bouts ronds pour le point compté, certaines sont pointues pour la broderie de surface et certaines ont le chas de la même épaisseur que le corps pour faire des points noués. J’en ai également de toutes fines pour les finitions. J’utilise la plupart du temps un tambour à broder, mais pour certaines broderies, je n’en utilise pas. Pour les yeux fatigués, une loupe et une bonne lampe peuvent aider énormément. En termes de toile ou de tissus j’utilise principalement du lin, du coton et de la soie. Pour les fils, j’utilise surtout du coton et du lin.

Vous êtes auto-éditée ! C’est un travail gigantesque et un métier complètement différent de celui de brodeuse. Comment en êtes-vous arrivée à choisir cette solution plutôt que de sélectionner un éditeur ? 
J’ai travaillé pendant pas mal d’années comme graphiste dans une grande maison d’édition internationale. J’ai vu ce côté de l’édition avant même de songer à écrire moi-même. Lorsque j’ai écrit mon premier livre, j’ai signé avec un autre éditeur ce qui a été une expérience positive. Mais quand j’ai commencé à écrire le second, je me suis dit que j’avais probablement les capacités de le faire moi-même. C’est donc ce que j’ai fait. Je ne dis pas que je connais tout du métier d’éditeur mais avec chaque nouveau livre j’apprends d’avantage et je m’améliore. Pour mes livres, je fais tout moi-même : l’écriture, la broderie, la mise en page, la conception des modèles, le dessin des illustrations, la photographie, l’édition, la publicité, le marketing. Les seules choses que je ne fais pas sont la correction et l’impression.

Quel serait le projet de vos rêves ?
Ici en Australie il existe un programme appelé le Churchill Fellowship, en hommage à Winston Churchill (l’homme politique britannique). Chaque année, des bourses sont offertes à ceux qui ont été sélectionné sur dossier, pour qu’ils puissent se rendre à l’étranger afin d’apprendre quelque chose qu’ensuite à leur retour, ils puissent partager. J’adorerais obtenir un Churchill Fellowship pour aller faire des recherches sur la broderie blanche (whitework) dans les musées d’Europe. J’aimerais tellement pouvoir tout voir et apprendre tout ce que je peux pour pouvoir partager ce savoir nouvellement acquis avec les autres. C’est d’une certaine manière ce que je fais déjà mais dans le cadre d’un Churchill Fellowship c’est quelqu’un d’autre qui paierait les factures !

J’ai une petite idée de la réponse que vous allez me donner à cette question, mais je tente ma chance quand même… Quels seront les thèmes de vos futurs livres ?
He he! Bien essayé :-) J’ai effectivement une longue liste d’idées de livres. Je suis en plein travail pour dans mon prochain livre. Je ne vais pas dire de quoi il s’agit mais je peux vous dévoiler que ce sera un autre ouvrage historique sur le point compté en broderie blanche issu d’un pays européen.

Avez-vous d’autres projets en dehors des livres ?
J’aimerais bien étudier le sujet de donner des cours en ligne. J’ai beaucoup réduit mes cours ces dernières années car ma famille a besoin de moi à la maison, et lorsque je suis en train de donner des cours quelque part, quelqu’un doit de prendre ma place. C’est beaucoup demander à cette personne. Si je donnais des cours sur internet, je pourrais le faire de chez moi et les élèves pourraient prendre mes cours d’où qu’ils soient dans le monde.

Vous dîtes que vous trouver votre inspiration sur internet également. Pourriez-vous nous conseiller des sites à voir absolument ?
La plupart de mon inspiration vient de Pinterest, mais j’essaie aussi d’aller sur les sites de musées ethnographiques or culturels lorsqu’ils ont des collections en ligne et j’aime beaucoup regarder leurs photos de travaux d’aiguilles historiques.
Le Musée Victoria & Albert  de Londres a un excellent site internet tout comme le Metropolitan Museum of Art de New York.
J’aime beaucoup parcourir les e-musées de  Suède et de Norvège.
Récemment, j’ai passé pas mal de temps à explorer le Musée d’Ethnographie de Budapest, le Neprajzi Museum, mais ne parlant pas hongrois, j’ai trouvé très difficile d’y naviguer et de trouver les bons mots clés pour la recherche ! Cela dit, avec l’aide de Google Translate j’y ai trouvé de très belles broderies.
Pour apprendre la broderie le blog de Mary Corbet’s : “Needle’nThread” est le meilleur du monde. Mary blogue chaque jour et ce qu’elle publie est toujours intéressant. Ce n’est pas étonnant qu’elle ait tant de fans dans le monde entier.

Quels sont les brodeurs que vous admirez le plus ?
J’admire beaucoup de brodeurs ! Comme j’ai récemment publié un livre sur la broderie Italienne (NDLR : Sardinian Knotted Embroidery: Whitework from Teulada), j’ai rejoint un groupe de broderie italien sur Facebook. Les ouvrages qu’ils postent sont tout simplement incroyables! J’ai vu, il y a peu, une exposition sur le travail de  Margaret Lee en broderie traditionnelle chinoise. Margaret est chinoise et vit en Australie où elle enseigne les broderies traditionnelles chinoises et japonaises. La qualité de son travail exposé m’a beaucoup impressionnée.  Je suis inspirée non seulement par les brodeurs de renommée internationale mais aussi par beaucoup de femmes (et d’hommes !) du monde entier qui discrètement gardent en vie leur héritage culturel de broderie.

Où peut-on vous trouver ? (cours, sites web, réseaux sociaux, etc)
Mon site : http://www.vettycreations.com.au
Mon blog: http://www.vettycreations.com.au/white-threads
Facebook: http://www.facebook.com/vettycreations (J’ai une page Facebook personnelle également, mais je la réserve pour mes amis proches, mes collègues et ma famille)

Photos: Flore Vallery-Radot (sauf le 1er portrait d’Yvette Stanton’s fourni par Yvette elle-même)
Interview, article et traduction : Flore Vallery-Radot

Fournitures de broderie dans notre boutique C’EST PAR ICI.
Nous vendons Toute la collection des livres d’Yvette Stanton dans notre boutique.

 

 

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I have met Yvette years ago, during a craft show in Australia. I had already bought her Mountmellick book which has been my stitch bible ever since. I discretely approached her stall to see if it was possible to have a look at her embroideries “in real”. I was absolutely fascinated by the incredible neatness and regularity of the stitches in her book. In a way, I think I was trying to find out if the real stuff was as amazing or if it was all macro photographic genius with a pinch of Photoshop fairy dust…  First I was shocked by how young Yvette looked (I know, one should never think that way, especially me, trying to be the crusader of a World Craft Rejuvenation!!) and then I was amazed of how really impeccable everything she made was. She was sitting in the corner surrounded by her books and with a beautiful embroidered sample of Mountmellick embroidery on her lap. She saw my jaw drop and handed it to me. I explained who I was, offered to have her come to France for embroidery classes in Paris and bought more books. I handed the sample back to her and she said “No, have it, I would like you to have it”. Wow! Knowing how many long, long hours this sample represented I was very touched.

Not long after, our store started to sell her book, very successfully and recently I decided to go on a mission to unveil Yvette’s secret to neatness… I took her Mountmellick embroidery course and interviewed her. I learnt a lot and wanted to share it with you.

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INTERVIEW

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Where to you come from and where do you live?
I was born and live in Sydney, Australia. I have lived there all my life, except for a year in a coastal town about 5 hours from Sydney as a child, and a 3 month sojourn in Ethiopia with my husband and daughters.

What did you study and what was your day job before embroidery?
I studied Visual Communication (graphic design) at university. I worked for several years as a book designer, before leaving to start a family and to start writing books. I never actually planned to start writing books – it sort of just happened! While at university I worked as a picture framer, specialising in framing needlework. I have also taught picture framing at a local community college.

At what age did you learn embroidery? Who taught you?
When I was a little girl, maybe about 8, my parents gave me a copy of “The Reader’s Digest Complete Guide to Needlecraft”. I used to work my way through it, experimenting with embroidery, patchwork, knitting and crochet. I was never bored during school holidays! When I was at secondary school I really enjoyed “Textile and Design” classes. I enjoy both embroidery and garment construction, though I will always prefer embroidery over dressmaking!

You wrote your second book with your twin sister, in which way was it a common project? What was each other’s role?
The book was “Mountmellick Embroidery: Inspired by Nature”, and because it was based around plants, I invited my sister to do it with me. She is a botanical artist as well as an embroiderer, so I knew she would fit well with the book. She designed all of the projects (in the first edition – I added some of my own in the second edition), and then we both stitched them. I wrote the stitch instructions.

Will you write again in collaboration with your sister?
While we make very good sisters, we’re not such good book collaborators. Perhaps, being mirror image identical twins, we’re too much alike in some ways, and too different in others!

What is your typical day like?
I wake at about 6am, and check my email correspondence. I take my younger daughter to school and then settle in to either stitch, write, or draw stitch diagrams. In the afternoons, I take my daughters to their after school activities such as music lessons and gymnastics. I fit as much work in around my daughters and running the household as I can. Because my work is flexible, it fits very well with a young family. My embroidery and my laptop are very portable, so I can work almost anywhere.

Where do you get your ideas come from?
They can come from anywhere, and at any time! One day I had a “brilliant” idea while driving in the car. Sometimes it is from seeing something on Pinterest, or a blog, or in a book. Sometimes it is from simply playing with stitches. Once I needed to come up with a project for a particular circumstance. I discussed it with my daughter as we walked to school. I gave her all the criteria, and she suggested a most perfect solution. Most of my book ideas are based around historical styles of embroidery, so for them I start with research on folk dress. If you see a white blouse as part of traditional dress, it often has whitework on it, so that’s what I go looking for.

Do you always go to the country you write about?
Not always, but if I can, I do. When I wrote “Elegant Hardanger Embroidery”, I did not go to Norway because the book wasn’t really based on the historical style of Hardanger. For “Ukrainian Drawn Thread Embroidery” I went to the Ukrainian Museum in New York, as we felt that the language barrier in Ukraine might be too much for us. The Ukrainian Museum has an excellent collection of traditional embroidery, so it worked very well.
For “Mountmellick Embroidery: Inspired by Nature” I went to Ireland, to the town of Mountmellick. For “Portuguese Whitework: Bullion Embroidery from Guimarães” I went to Guimarães in Portugal, and for “Sardinian Knotted Embroidery: Whitework from Teulada” I visited Teulada in Sardinia. Earlier this year I travelled to another European location in preparation for the book I am currently working on, though I am not yet saying what it is!
Visiting the town and the culture from which the embroidery has come really helps me to understand the context for the embroidery, and all importantly, see historical examples of the work. There is nothing like seeing the REAL THING. Meeting people who still work the embroidery and are passionate about it is also invaluable. By seeing the work, and studying its style and stitches, I can learn so much more than from seeing it in books or on the Internet. And I can ask the people who do the work all the little nitty gritty questions that I want to know the answers to, like how to finish off threads etc.

Is being faithful to the proper techniques of each local embroidery style important to you?
It is extremely important to me. If I am the person who introduces the embroidery to the larger world, then I want to do it right. I want the people to whom the embroidery belongs to be proud of the way their very special embroidery is displayed for all the world to see. I want them to see that I respect them and their embroidery. If others then want to adapt that traditional style to their own purposes, then that is fine for them, but for me it has to be historically accurate. I do also suggest contemporary ways of using the embroidery in the projects in my book, but I am careful about this.

What is your favourite type of embroidery?
My favourite embroidery category would be whitework. Within that category, I love counted whitework. Being more specific than that is very hard, because I tend to fall in love with each new style I focus on for my books.

Your left hand method is a great idea. Is it simply a mirror version of the right handed one or is there more to it than that?
No, working left-handed is not just a mirror image of the right-handed method. Sometimes it is fine to mirror image, but other times it works better to turn the work 90 degrees, and other times 180 degrees works better. For stitches where the thread twist makes a difference, turning rather than flipping is especially important. Those right-handed teachers who say “sit opposite me and work it in reverse” are missing some important differences with some stitches.

Do you have children? Have you taught them embroidery?
I have two daughters. Each of them is creative in their own ways. One loves music, drama, languages and reading. The other loves gymnastics. They have each done some embroidery, but it is not something they are especially drawn to, and I have no problem with that! The gymnast also loves nature documentaries, and would love to be a marine biologist or a polar scientist. She started an embroidery once, but didn’t get very far with it. So far, it simply says in embroidered lettering, “killer”. Her plan is to add the word “whale”, but she hasn’t gotten to that yet. In the meantime, it is rather amusing!

What would be your 5 best pieces of advice to a beginner embroiderer?
If you’re the sort of person who can learn from books, get yourself a good embroidery book and work your way through it, experimenting with things that catch your interest. If you find it difficult to learn from books, find someone to teach you, and to help you explore.
Don’t be afraid to TRY. If it doesn’t work, you’ll probably have learned something in the process of finding that it didn’t work. And if it does work, that’s fantastic!
Use the best quality materials that you can. Budgets can be limited, but generally, using good quality natural materials will give a beginner better results than fiddling around with synthetic threads or fabrics.
Look at embroidery for inspiration. If you have a local museum with embroidered articles in it, go and look at them. Try to identify the stitches they’ve used. Make some sketches of any motifs you like. You can also look in books, or on the Internet. I love spending a few hours on Pinterest when I need inspiration. Take what you’ve seen and use it to inspire your own works.
If you’re not happy with something, you’ll probably need to fix it. See if you can live with it, but if you know in your heart of hearts that you can’t live with it like that, then you’ll need to rip it out and redo it, or adapt it so that it does work. I’m a perfectionist, and if it is not right, then I know I can’t live with it. On occasions that has meant taking out large sections of embroidery and redoing them with a different thread, or in a different position etc. If I know that I’ll never be happy with it the way it is, then I have to fix it!

Is it important to work with good tools?
Yes, I think it is. I have really good quality scissors, particularly for cutwork embroidery. I take them to classes with me, and let the students use them. Through doing this, they can often see the difference between their embroidery scissors, which they *thought* would be good enough, compared to a pair of scissors which has actually been specifically chosen for the job. I’m not much of a needle snob, but you can always tell when a needle has a burr on it, or a sharp bit in the eye. Things like that are just not worth persisting with.

Could you describe the perfect beginner’s tool kit?
It really depends on what sort of embroidery you’re going to do! However, for me, I have a good pair of sharp, finely-pointed embroidery scissors. I have a range of needles, some with blunt points, for doing counted embroidery; some which are sharp, for surface embroidery; some with shafts the same thickness as the eye for working knotted stitches; some fine ones for finishing the embroidery. I mostly use a hoop for embroidery, though for some embroideries I do not. For tired eyes, magnification and a good light can be very helpful. In terms of fabric and thread, I mostly use linen, cotton or silk fabric. Threads are usually cotton or linen.

You are self-published! It is an enormous job and a whole different set of skills that those required for an embroiderer. How did you come to that solution instead of choosing an editor?
I worked for several years as a book designer in a large international publishing house. I saw that side of the publishing world before I ever thought about being a writer myself. When I wrote my first book, I was signed to another publisher, which was a positive experience, but by the time I got to writing my second book, I thought to myself, “maybe I have the skills to do this myself?” And so I did. I don’t profess to know everything about the process of publishing books, but with each new book, I learn more and get better at it. For my books, I do everything myself (writing, stitching, layout, designing embroideries, drawing illustrations, photography, editing, publicity, marketing) except the proofreading and the printing.

What would be your dream project?
Here in Australia we have a grant scheme called Churchill Fellowships, named for Winston Churchill (the British politician). Each year, grants are given to those whom have made successful applications, to go abroad to learn things and then to go back home and share that new knowledge. I would love to one day be granted a Churchill Fellowship to mine the cultural museums of Europe for their whitework. I would want to see it all, and learn all that I could, and then share my new-found knowledge with others. In some ways, this is what I already do, but in the case of the Churchill Fellowship someone else would be footing the bill!

I have the feeling about what your answer to this question might be… but I will try my luck anyway… What are the next themes for your future books?
He he! Good try. :-) I do have a long list of possible books ideas, and I am currently working on my next book. I won’t say what it is on, but I will say that it is another form of historical European counted whitework.

Do you have other projects than books in mind?
I’d like to investigate running online classes. I have cut down my teaching in recent years because my family needs me at home, and if I am away teaching, some else has to step into my shoes. That’s a lot of ask of someone else. If I were to run online classes, they could be done from home, and students could take my classes wherever they live in the world.

Do you find your inspiration on the internet too? Could you name a few “must visit” websites?
Much of my inspiration comes from Pinterest, but I also try to find ethnographic or cultural museums which have online collections and enjoy looking at their photos of historical needlework.
The V&A museum has an excellent website as does the Metropolitan Museum of Art in New York
I also enjoy the digital museums of both Sweden and Norway.
I recently spent some time exploring the Museum of Ethnography, Budapest – Neprajzi Museum, though I found it quite difficult to figure out what search terms to use, seeing I don’t speak/write Hungarian! However, with the help of Google Translate I found some beautiful embroidery there.
For learning embroidery, Mary Corbet’s blog “Needle’nThread” is the best in the world. Mary blogs daily and it is always interesting. It is not surprising that she has such a large worldwide following.

Are there embroiderers you admire?
I admire many embroiderers! Having so recently done a book on Italian needlework, I have joined an Italian embroidery group on Facebook. The work I see posted on that site is simply incredible! I recently saw an exhibition of Margaret Lee’s work in traditional Chinese style. Margaret is a Chinese lady living in Australia, teaching both traditional Chinese and Japanese embroidery. The quality of her work in the exhibition astonished me. As well as embroiderers who are internationally renowned, I also am inspired by the many women (and men!) around the world who quietly keep their own cultural embroidering traditions alive.

Where can we find you? (Courses, websites, social media, etc)
Website: http://www.vettycreations.com.au
Blog: http://www.vettycreations.com.au/white-threads
Facebook: http://www.facebook.com/vettycreations (I do have a personal FB page as well, but that is for friends, close work colleagues and family only)

Photos: Flore Vallery-Radot (except Yvette Stanton’s first portrait provided by Yvette)
Interview, article and translation: Flore Vallery-Radot

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