Teinture - dyeing Archives - Flore Vallery-Radot

VOYAGE : découvrez les wax, tissus africains

TRAVEL: discover African waxprints

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Statue africaine en bois et tissu.

African statue in wood and fabric.

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Rien n’est plus beau qu’une pile de tissus wax africains.

Nothing is more beautiful than a pile of African wax fabrics.

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Véritable wax de luxe, spécialité textile africaine.

Real deluxe wax fabric, an African textile speciality.

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Une foison de couleurs et de motifs.

Colours and patterns galore.

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Ce qui rend les tenues africaines magiques c’est le mélange savant de motifs et de couleurs.

What makes African attire so magic is the clever mix of patterns or colours.

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L’originalité des motifs est fascinante.

The patterns’ originality is fascinating.

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Les tissus wax sont vendus dans le monde entier dans une grande variété de styles.

Wax fabrics are sold all around the world in a great variety of styles.

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Les motifs floraux ont la part belle, mais on peut trouver tous types de dessins dont certains qui sont plein d’humour (malheureusement, je n’en ai pas encore dans ma collection !)

The floral motives are the most used but you can also find all sorts of designs including very funny ones (unfortunately I do not have any in my collection!)

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On voit ici la brillance du tissu wax.

You can see here how wax fabrics shine.

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Zoom sur un coupon de tissu wax bien brillant et lisse.

Close-up on a shiny and smooth was fabric coupon.

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Lorsqu’il est plié le tissu wax ressemble à du papier, il est assez rigide.

When folded, wax fabric is pretty stiff a bit like paper.

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Le décalage d’impression volontaire donne des effets d’optique spectaculaires.

The voluntary shift when printing the fabric can have a spectacular effect.

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Ce que j’aime par dessus tout dans ces tissus, c’est le mélange inattendu de motifs. D’où mon amour inconditionnel pour les oeuvres de la créatrice STELLA JEAN

What I love with those fabrics is the unexpected mix of patterns. Hence my love for STELLA JEAN‘s work.

 

In English below.

 

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Depuis toujours j’ai une passion pour les tissus aux couleurs vives à motifs répétitifs et larges. Les tissus africains me font voyager… J’ai donc décidé de commencer une collection de coupons de tissu wax (“cire” en anglais) et d’en savoir plus sur leur origine.
Ces dernières années le travail de STELLA JEAN me fait rêver. Cette créatrice italo-haïtienne dont le mélange wax & rayures est devenu la marque de fabrique sait faire dialoguer ses origines caribéennes avec sa culture italienne au travers du choix de ses tissus et des formes de ses vêtements.

Mais d’où vient le wax ? On a l’impression qu’il a toujours été africain, mais en fait il est le fruit de la colonisation. Ce n’est qu’au XIXe siècle que des soldats Ghanéens enrôlés par les colonisateurs hollandais et britanniques en Indonésie ont été fascinés par ces tissus traditionnels. Ils en ont emporté dans leurs baluchons et ça a été le succès immédiat qui ne se démentira pas jusqu’à aujourd’hui.

Pendant très longtemps, ce sont les néerlandais et les britanniques qui ont exclusivement produit et vendu à l’immense marché africain ces tissus teints avec le procédé traditionnel industrialisé. C’est une technique classique de pochoir. On utilise la cire pour bloquer l’entrée de la teinture dans la fibre de coton. La cire est appliquée sur le tissu, à l’aide de rouleaux de cuivre gravés, partout où une couleur ne doit pas aller. On fait ensuite fondre cette cire et on la ré-applique pour cacher d’autres parties du dessin. C’est un peu comme la technique de l’écran utilisée chez Hermès que je décris dans cet article.

Le résultat est très vif et surtout réversible. Les deux côtés du tissu sont pratiquement aussi intensément teints. La teinture est grand teint, elle tient particulièrement bien au lavage et au soleil. Le produit plait énormément. Il est devenu partie intégrante de la culture africaine. Il porte des messages, le nom d’un artiste connu, d’une ville, d’un personnage de film, de séries télé ou raconte la vie quotidienne, les relations conjugales, la modernisation de la société. Il est aussi une sorte de marqueur social et les femmes capitalisent sur leur collection de tissus qui se transmettent de mère en fille. C’est surtout en Afrique de l’Ouest et au Ghana que ces tissus étaient importés et vendus. On venait de loin pour les acheter !

Dans les années 60, le président du Ghana, Kwame N’Krumah, décide d’un quasi embargo sur les tissus non produits dans son pays en instaurant des taxes d’importation exorbitantes sur le wax. Une grosse production locale s’est alors mise en place.

Malgré cela, le marché de nos jours considérable, en Afrique et ailleurs, est la proie de féroces concurrents que sont la Chine, l’Angleterre, les Pays-Bas et l’Afrique (principalement le Ghana, le Niger et la Côte-d’Ivoire.). Les prix et les qualités diffèrent beaucoup. Si un jour vous êtes tenté comme moi d’acheter du wax au mètre ou à la pièce (environ 11 mètres) ou demi-pièce, vous noterez que sur la lisière est imprimée la provenance (le producteur et son numéro d’enregistrement) et le nom du dessinateur. Cela permet aux acheteurs de connaître la qualité de ce qu’ils achètent.

C’est pour moi le début d’une aventure et que je ne manquerai pas de vous montrer mes futures acquisitions et créations avec ces tissus magnifiques !

 

Photographie & article : Flore Vallery-Radot

 

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IN ENGLISH

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I always had a passion for bold looking textiles with large motives and lots of colours. African waxprints make me dream and travel! So I have decided to start a new collection of waxprints and to learn more about their origins.

In the past few years I had an unlimited fascination for the work of designer STELLA JEAN. Stella is both Italian and Haitian and her “wax & stripes” style has become her signature. She has managed to allow a dialogue between her Italian and Caribbean origins with her choices of fabrics and garment designs.

But where do waxprints come from? It seems that they have always been part of African culture but they are really the fruit of colonisation. It is only during the 19th century that Ghanaian soldiers enrolled by Dutch and British colonial armies have spotted the wonderfully bright Indonesian traditional batik fabrics. They took a few meters in their luggage back to Africa. It became a huge success which never faded.

For a long time, only British and Dutch factories were producing and selling waxprints for the gigantic African market using an industrialised version of the traditional batik. It is a simple block technique using wax. Using large engraved copper rolls, the wax is applied where the dye shouldn’t go. It stops the dye to be soaked by the cotton fibres. Each colour is applied separately and the wax melted after each dye-bath. It is a bit like the Hermès screen printing technique I described in this article.

The result is very bright and reversible. Both sides are nearly as intensely dyed. The dye is fast and can handle many washes and the harsh African sun very well. The product has become one with the African culture. It carries messages: a famous artist, a city, a film character, TV series or talks about everyday life, relationship between men and women, modernisation of society, etc.  It is also a sort of social marker. Qualities of waxprints differ and women capitalise on their collection of fabric which is then transmitted to their daughters. 

It was mostly in West Africa and especially in Ghana that these fabrics were imported and sold. People used to travel very far to get them!
In the 60s, Kwame N’Krumah, the Ghanaian president decided to start an embargo on imported waxprints setting up very high custom duties. A large local production started. 

Despite this policy, the immense market, in Africa and the rest of the world, is the scene of a ferocious battle between manufacturing countries such as China, Great Britain, The Netherlands and Africa (mainly Ghana, Niger and Côte-d’Ivoire). Prices differ very much. If one day you are tempted like me to buy waxprint by the meter, or by 12 yards as “full piece” or 6 yards as “half piece” you will notice on the selvedge the printed name of the producer, its registration number and sometimes the signature of the designer. It allows buyers to know the quality of the product they are buying.

It is the beginning of an adventure for me and will definitely keep you posted on my new acquisitions and creations with these beautiful fabrics!

 

Photography & article: Flore Vallery-Radot

{interview} JOANNA FOWLES learning with the queen of Shibori

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Joanna Fowles : présentation du cours de shibori à The School à Sydney (Australie). Exemples de réalisations.

Joanna Fowles: presentation of her shibori course at The School in Sydney. Examples of projects.

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Cours de shibori par Joanna Fowles: fraîchement sorti du vat.

Joanna Fowles’ shibori class at The School in Sydney: fresh off the vat.

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Joanna Fowles à l’école de styling et craft : The School à Sydney.

Joanna Fowles at The School – Sydney.

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Cours de shibori au fabuleux studio de The School à Sydney par Joanna Fowles.

Shibori class in the fabulous studio at The School in Sydney by Joanna Fowles.

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La stylise la plus en vue d’Australie, la charmante et talentueuse Megan Morton accueillant les élèves dans son école The School à Sydney.

Australia’s über-stylist, the charming and talented Megan Morton, welcoming the students to her school, the well named “The School” in Sydney.

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Effet de plumes grâce à un montage sur tuyau, par Joanna Fowles.

Feather effect thank to a PVC pipe, by Joanna Fowles.

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Travail de Joanna Fowles sur l’impression sur soie basée sur un design shibori.

Shibori effect digitally printed on silk by Joanna Fowles.

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Joanna Fowles explique la préparation du vat d’indigo et son fonctionnement.

Joanna Fowles explains how to prepare an indigo vat and how it works.

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Cours de Shibori de Joanna Fowles.

Joanna Fowles shibori class.

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Cours de Shibori de Joanna Fowles : installation de l’espace teinture

Joanna Fowles shibori class: setting of the dyeing space.

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Cours d’indigo par Joanna Fowles : chiffons pour éponger les gouttes.

Joanna Fowles indigo course: rags to soak the drops.

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Megan Morton, la styliste et directrice de The School à Sydney, se charge de faire l’introcution au cours de Joanne Fowles.

Megan Morton, stylist and director of The School in Sydney, starts by presenting Joanne Fowles.

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Matériel nécessaire à la réalisation des mofits : pinces à linge.

Pegs for creating indigo motifs.

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Pinces à linge pour faire sécher les pièces teintes.

Pegs to hang the dyed pieces to dry.

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L’endroit où les pinces à linge ont pincé est resté blanc.

The place where the pegs compressed the fabric remained white.

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Ficelle de coton pour attacher les tissus et laisser blanc les endroits compressés par le fil afin de réaliser des motifs.

Cotton yarn used to tie the fabric so that the compressed places will stay undyed and create motifs.

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Les tissus de coton ou de soie sont attachés ou compressés puis trempés dans de l’eau pour que les fibres s’en imbibe avant de passer dans le vat d’indigo.

Cotton or silk fabric are attached or compressed, then soaked in water so that the fibres are wet and ready to go in the vat.

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Pour obtenir des effets et motifs, il faut compresser certaines parties du tissus. Joanna Fowles vous montre comment faire.

To obtain effects and motifs, you need to compress certain parts of the fabric. Joanna Fowles shows you how to do that.

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Une autre manière de compresser le tissu : utiliser des blocs de formes différentes, plier le tissus et presser le tout grâce à des serre-joints.

One way to do it is to use blocks of different shapes and fold the fabric which will be squeezed by clamps.

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Joanna explique le secret de la compressions sur tuyau.

Joanna explains the secret of pipe compression.

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L’immersion est une autre technique dont le résultat ombré m’a beaucoup plu.

Immersion is yet another technique which ombré aspect really inspired me.

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Joanna a bien expliqué qu’il est préférable d’utiliser des gants pour ces opérations de teinture car les produits présents dans le vat son des produits chimiques. Mais certains d’entre nous n’ont pu résister à mettre les mains à la pâte… c’est tellement tentant…

Joanna explained well that it is highly preferable to use gloves during the dyeing process as there are chemical products involved in the vat preparation. But some of us just couldn’t resist… it was so tempting…

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Il est bien sûr possible, voir recommandé de teinture du fil avec ces techniques. Le résultat est fantastique.

It is of course possible and even recommended to dye yarn with these techniques. The result is fantastic.

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Les premiers résultats par les élèves de Joanna Fowles.

The first results from the student of Joanna Fowles students.

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Les élève sont devenus dingues après les premiers essais. L’une d’entre eux a même demandé si elle pouvait se teindre les cheveux… Megan Morton lui a demandé de se calmer…

Student become crazy after the first tries… one even asked if she could dye her hair… Megan Morton told her to calm down…

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Résultat de la teinture indigo par les élèves de Joanna Fowles.

Results of indigo dying by Joanna Fowles’ students.

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Résultat de la teinture indigo par les élèves de Joanna Fowles.

Results of indigo dying by Joanna Fowles’ students.

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Ma tentative avec de petits elastiques attachés par endroits pré-marqués au crayon.

My attempt with small rubber bands attached at different places marked with a pencil.

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Une élève a teint sa chemise en broderie anglaise.

A student dyed her “broderie anglaise” shirt.

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Plus de place de séchage à l’intérieur ! On commence à envahir le jardin…

No more drying space inside, we are now invading the backyard…

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Encore plus de séchage dehors.

More drying outside.

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A l’extérieur du fantastique studio de The School, on admire les résultats de cette scéance de teinture magique.

Outside the fantastic The School studio, we are admiring the results of the magical dyeing session.

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Une élève ravie du résultat ! Il faut avouer qu’une partie de la magie résulte de la surprise lors du rinçage. On déploie le tissu sans savoir ce qu’on va trouver.

A thrilled student admiring the result! I must admit that a large part of the magic here is the real surprise you get at the rinsing stage. When you unfold the fabric, you never know what it is going to look like.

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L’indigo, dans son bain ou vat, est tout jaune. C’est en sortant le tissu de l’eau qu’on oxyde la teinture et qu’elle devient bleu. C’est aussi ce moment qui est génial.

Indigo, when it its dye bath or vat, is all yellow. It is only when you take the fabric out of it that the dye gets oxidised and becomes blue. This is also an amazing moment.

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Il y avait une très pratique station de rinçage.

There was a very convenient rinsing station.

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Trempage d’une taie d’oreiller pour un effet ombré.

Dipping technique to give a pillow case an ombré look.

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Etape par étape, on ajoute quelques centimètres dans le bain. Le début sera très foncé, et la fin très claire.

Step by step, we add a few inches in the bath. The beginning will be very dark and the end very light.

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Le vent sèche les superbes essais des élèves de Joanna Fowles.

The wind dries the superb first attempts of Joanna Fowles’ students.

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Chacun a essayé d’appliquer une grande partie des techniques expliquées, blocs, fils, pinces à linge, enrobage de fil, etc.

Everyone tried most techniques explained: blocks, yarn tying, pegs, binding, etc.

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Technique d’attache à l’élastique sur une taie d’oreiller.

Rubber band tying on a pillow case.

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L’atelier déborde d’activité et de créativité.

The workshop is buzzing with creativity.

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Des éclairs dans l’indigo réalisés avec la technique du tuyau.

Lightning in indigo created with the pipe technique.

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Technique d’attache à l’élastique sur un tissu de coton.

Rubber band tying technique on a cotton fabric.

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Millie fait sécher sa nouvelle création réalisée avec des pinces à linge.

Millie is hanging her new piece created with pegs.

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Du moment que vous ayez un 100% coton ou très proche, vous pouvez vous lancer, tout objet devient une page blanche pour vos créations bleues.

As long as you have a 100% cotton or very close, you can go for it. Any object is a blank canvas for your blue creations.

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Pré-trempage dans l’eau avant teinture.

Pre-soaking before dyeing.

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Beaucoup de techniques différentes dans ce bain de trempage.

Many different techniques in this soaking bath.

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Foulard de soie teint avec la technique des pinces à linge.

Silk scarf dyed with the peg technique.

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 Teinture avec la technique des blocs : ici deux triangles de bois serrés par un ou plusieurs serre-joints.

Indigo dye using the block technique: here two plywood triangles pinched by clamps.

In English below

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J’ai eu la grande chance de pouvoir suivre le fameux cours de shibori de Joanna Fowles à Sydney. J’ai adoré le côté magique de l’indigo. Si vous n’avez pas tenté l’expérience, je vous recommande chaudement de le faire. C’est un peu comme la potion magique des contes de fées, vous transformez n’importe quel truc bête et méchant and magnifique pièce d’un bleu de rêve….

J’ai également été fascinée par la manière intelligente, simple et très didactique avec laquelle Joanna explique le processus et les différentes techniques. Cela m’a donné envie de transformer ma maison en tout indigo (sans blaguer). J’ai commencé par ma chambre à coucher.

Une fois de plus, je suis très reconnaissante à Megan Morton, la championne des stylistes australienne, qui a le don de trouver les meilleurs artistes tant par leur talent, leur technique mais aussi pas leur approche didactique et sympathique. Ici, en Australie, vous ne pouvez tourner les pages d’un magazine sans tomber sur elle. Et pour cause… si vous voulez connaître les dernière tendances dans le monde faites régulièrement un tour sur le programme de sa fameuse école de stylisme et de craft : “The School” et suivez-la sur Instagram.

Merci beaucoup Joanna d’avoir accepté de répondre à mes questions. Je suis bien consciente du jonglage permanent entre votre travail, votre maison et votre adorable bébé. Alors trois fois merci !

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INTERVIEW

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D’où venez-vous et où vivez-vous aujourd’hui ?
Je viens du comté de Shropshire en Angleterre et je vis maintenant à Sydney (en Australie).

Quel est votre lieu préféré dont vous tirez votre inspiration ?
L’Inde. C’est une immense source d’inspiration tant pour ses habitants, sa culture, sa cuisine, ses couleurs et par dessus tout pour son artisanat et ses traditions textiles. J’ai la chance d’y verni presque chaque année car le père de mon compagnon vit là-bas. 

Vous avez étudié le design textile au Chelsea College of Arts de Londres, continuez-vous de faire des recherches ou d’explorer les possibilités offertes par les arts textile ?
Oui ! En tant que professeur à l’université et également pour mon développement personnel, il est crucial de faire des recherches et de se tenir au courant des évolutions qui se passent dans le monde textiles et d’autres activités artistiques.

Votre spécialité semble être la teinture textile : shibori, screen printing et impression digitale. Pouvez-vous brièvement nous décrire le processus pour chacune de ces techniques?
Le shibori est un processus de teinture traditionnel japonais à l’indigo par ligature, couture ou compression de parties du tissu.
Le Screen printing ou teinture à l’écran est un processus qui utilise un pochoir coupé à la main ou photographique appliqué sur un écran pour imprimer à la main une image.
L’impression digitale ou digital printing est fantastique car on peut imprimer des milliers de couleurs différentes. Un fichier peut être émis par votre ordinateur et vous être livré comme tissus sous une semaine.

Comment décrieriez-vous votre esthétique ?
C’est une combinaison d’abstrait et de géométrie qui est à la fois chaotique et raffinée ! Expérimentale and ludique avec un amour de la couleur.

Quel type d’indigo utilisez-vous et pourquoi ?
J’utilise le naturel et le synthétique. Résultats créatifs et magnifiques pour les deux.

Teindre de grande pièce implique un grand espace. Avez-vous un grand atelier pour vous permettre de travailler ?
Oui, j’ai beaucoup de change. J’ai un studio qui me permet de faire autant de bazar que je veux.

Vous avez une boutique en ligne www.lineontheside.com où vous vendez du magnifique linge de maison, des coussins, des nappes qui sont également vendus dans des boutiques branchées en Australie et dont on parle dans le monde entier. Vous avez aussi eu un article dans notre magazine français “Glamour Magazine”. Comment ce projet a-t-il démarré ?
C’est en fait une collaboration avec mon amie textile designer et reine du screenprinting : Kate Banazi. Line On The Side (ou L.O.T.S pour faire court) est notre projet collaboratif, né d’une passion mutuelle pour tout ce qui est fait main, le screenprinting et le design textile. C’est grâce à Instagram que la connexion s’est faite !
Nous nous suivions mutuellement, bizarrement, sur Instagram et nous sommes rencontrées par hasard dans un magasin appelé The Standard Store à Surry Hills (quartier de Sydney) en août dernier. On a tout de suite accroché et l’idée de cette collaboration est née. Maintenant elle ne peut plus se débarrasser de moi, on partage un studio et notre idée collaborative est devenue un business.

Vous avez un bébé d’un an, comment parvenez-vous à jongler avec votre carrière d’artiste et votre vie de maman ?
Certains jours sont plus faciles que d’autres. A mesure qu’il grandit je parviens mieux à équilibrer ma vie de mère et mes activités créatives. Mon compagnon m’aide beaucoup particulièrement le soir et les week-ends ce qui me permet d’avoir du temps libre que je passe dans mon studio. J’ai la chance d’avoir un travail particulièrement flexible et je peux travailler à mi-temps et le week-end. 

Comment est votre journée type ?
Il n’y a pas un jour pareil.

Vous enseignez les techniques de textiles avancées à L’Université technologique de Sydney. Vous animez des cours-ateliers de shibori et impression sur textile à l’école de stylisme The School à Sydney et Harvest Textiles à Melbourne. Que vous apporte l’enseignement ?
Je le trouve immensément gratifiant. C’est un privilège d’enseigner aussi bien au grand public qu’à des élèves d’université. Je trouve très excitant et inspirant d’être un mentor et de doucement guider les gens vers leur propre choix. Et puis le dialogue sur des choses excitantes génère toujours des nouvelles idées. 

J’ai eu la change de prendre un de vos cours à The School : le cours d’indigo :) J’ai adoré  cette journée ! Vous avez une façon très naturelle de rendre le processus accessible à tous. Chaque élève du cours est reparti avec un gigantesque sourire aux lèvres et une pile de textiles magnifiques. Comment vous faites ?
Merci. Je n’en ai vraiment aucune idée pour être honnête mais ça me faire énormément plaisir de l’entendre. :)

Que diriez-vous aux fans d’arts textiles qui ont un peu peur de se lancer dans al teinture indigo ? (trop compliqué, trop de produits chimiques…)
Venez à un atelier ou un cours et découvrez la magie de l’indigo…

Quelles sont les tendances préférées du monde textile en ce moment et celles que vous n’aimez pas ?
Je crois que c’est la tendance indigo qui se mondialise à vitesse grand V qui me fascine.
J’ai toujours du mal avec le design textile “digital” (ou électronique) qui est lourdement répété. On m’a appris qu’un design répété ne doit pas être trop lourd. Cela modifie le look d’un design totalement à moins que cette technique soit utilisée de manière subtile. Le motif finit par ressembler à des insectes ou des aliens ! C’est un petit truc qui m’énerve.

Quel a été le moment phare de votre carrière jusqu’ici ?
Vendre mon travail à Louis Vuitton à Paris.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
De nouveaux designs textiles.

Avez-vous un projet de rêve ?
Une entreprise étique Indo-Australienne est un peu un rêve qui se réalisera certainement quand le moment sera le bon.

Le monde fourmille d’informations et d’inspiration. Nous sommes douchés par des quantités incroyables d’images et nous y noyons parfois notre créativité. D’où vous vient votre inspiration ?
J’aime toujours partir d’une expo ou d’un artiste. J’adore aller à la bibliothèque de l’université et regarder tous leurs livres.  Ils ont une collection incroyable.

Pourriez-vous nous donner une liste de gens, de sites internet et de lieux d’inspiration ?
Pour les gens : Ray Eames, Louise Bourgeois, Agnès Martin.
Les sites internet : Pinterest, The Design Files.
Les lieux : la librairie japonaise Kinokuniya à Sydney, La White rabbit gallery à Sydney.

Et pour finir, quel a été le meilleur conseil qu’on vous a donné ?
Garde tes propres valeurs et croyances et tu resteras toujours fidèle à toi-même.

Pour en savoir plus sur Joanna Fowles, visitez :
joannafowlestextiles.com
http://thedesignfiles.net/2013/04/kate-banazi-and-joanna-fowles-line-on-the-side/
http://thedesignfiles.net/2013/04/interview-joanna-fowles/

 

Photographie et article: Flore Vallery-Radot

IN ENGLISH

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I was lucky enough to be able to attend Joanna Fowles famous indigo course in Sydney. I was amazed by the magic of indigo. If you haven’t experienced it, I highly recommend that you do! It’s a bit like a fairy tale potion turning any dull thing into a gorgeous piece of dreamy blue…
I was also fascinated by the clever, simple and very didactic way Joanna explained the process and the different techniques. It made me want to indigo my whole house (no kidding). Which I have now started to do, commencing by my bedroom.

I am once again very thankful to Megan Morton, Australia’s darling stylist, who has the gift of finding the best artists around, not only very gifted and skilled but also able to share their knowledge in the most didactic and sympathetic manner. You cannot turn a page of any magazine here without seeing her and for a good reason. If you want to know what is trending in the world, check out her Styling school “The School“‘s program and follow her on Instagram.

Thank you so much Joanna for answering my many questions. I am aware that you have to juggle with your work, your house and your gorgeous son. So triple thank you!

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INTERVIEW

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Where do you come from and where do you live?
I come from Shropshire in England and I currently live in Sydney

What is your favourite or most inspirational place?
India the most inspiring country for its people, culture, food, colour and most importantly textile crafts and traditions. I am fortunate to visit most years as my partner’s father lives over there.

After having studied textile design at the Chelsea College of Arts in London, do you keep on researching or exploring the possibilities of textile arts?
Yes! As a visiting lecturer at university and also for my own personal work development its crucial to research and find out what developments are happening within textiles and other fields.

Your specialities seem to be textile dyeing: shibori, screen printing and digital printing. Can you briefly describe the process for each of these techniques?
Shibori is a traditional Japanese dyeing process uses indigo dye through creating resists on the fabric through folding, clamping, stitching etc.
Screen printing is a process of using a stencil, hand cut or photographic that is applied to a screen to hand print an image.
Digital printing is fantastic as it can print thousands of different colours a file can be sent from your computer and be back as fabric often within a week.

How would you best describe your general design aesthetic?
A combination of abstract and geometric that is both chaotic and refined at the same time! Experimental and playful with a love for colour.

What type of indigo do you use and why?
Both natural and synthetic. Both creative wonderful results.

Dyeing large pieces involves a large space. Do you have a workshop to host your work?
Yes I am very fortunate to have a workspace that allows me to make as much mess as I want.

You have an e-store www.lineontheside.com where you sell beautiful linen, cushions and table cloths which are also sold in very trendy stores around Australia and are talked about around the world, even in our own French “Glamour Magazine”. How did this project start?
It was collaboration with my friend textile designer and screenprinting queen Kate Banazi. Line On The Side (or L.O.T.S for short) is our collaborative project, born out of a mutual passion for hand-craftsmanship, screenprinting and textile design, and connected, to some extent, by Instagram!
We were both bizarrely following each other on Instagram, and then randomly met inThe Standard Store in Surry Hills last August. We hit it off, and the idea of a collaboration blossomed. Now she can’t get rid of me, we share a studio space, and a collaborative idea has now become a business.

You have a one year old baby, how do you juggle with artist life and mum’s life?
Some days are easier than others. As he gets older and I am able to balance being a mother more with my creative ventures. I have a very supportive partner who helps out quite a bit especially evenings and weekends allowing me my studio time. I am lucky that a lot of my work is quite flexible and that I can work part time through the week.

What is your typical day like?
No day is the same.

You teach advanced textile techniques at the University of Technology Sydney. You also host shibori and screen printing workshops at The School in Sydney and Harvest Textiles in Melbourne. What does teaching bring you?
I find it immensely rewarding and a privilege to teach both the public and university students. I find it exciting and inspiring to mentor and gently guide people in their chosen direction. Dialogue about things that excite always generates new ideas too.

I have had the chance to take one of your courses at The School: the indigo dying one :) I enjoyed my day thoroughly! You have a very natural way of making the whole process look simple. Every single student left with a huge smile and a pile of wonderfully dyed items. How do you do that?
Thank you. I have absolutely no idea to be honest but it means a great deal to hear you say this : )

What would you say to a textile arts fan who is scared of hopping on the indigo dye journey? (too complicated, too many chemicals involved…)
Come to a workshop and you will discover the magic.

What are your favourite trends in the textile world at the moment, and which ones do you dislike?
I guess it is amazing to watch the indigo trend take the world by storm it really is a global trend.
I still struggle with digital textile designs that are heavily reflected as I was taught that a repeating design should not heavily rely on this. It alters the look of a design dramatically unless used subtly and can make motifs look like bugs or aliens! A small gripe of mine!

What has been a career highlight for you so far?
Selling work to Louis Vuitton in Paris.

What are you are currently working on?
New textile designs

Do you have a dream project?
An Indian/Australian ethical enterprise is a bit of a dream that will hopefully happen when the time is right.

The World is all about information and inspiration. We are being showered with so many images that we sometimes drawn our creativity in it. Where do you draw your inspiration from?
I still love to start with and exhibition or artist. I love to visit the university library and pour over all their books they have an amazing selection.

Can you guide us a little and give us a list of inspirational people and media?
Ray Eames, Louise Bourgeois, Agnès Martin.
Pinterest, The Design Files.
Kinokuniya bookstore (Sydney), White rabbit gallery (Sydney).

And last but not least :) what is the best piece of advice you’ve been given?
Stick with your own values and beliefs and you will always remain true to yourself.

To learn more about Joanna Fowles, please visit:
joannafowlestextiles.com
http://thedesignfiles.net/2013/04/kate-banazi-and-joanna-fowles-line-on-the-side/
http://thedesignfiles.net/2013/04/interview-joanna-fowles/

 

Photography and article: Flore Vallery-Radot

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