{interview} Meeting MORRISON POLKINGHORNE... - Flore Vallery-Radot

{interview} Meeting MORRISON POLKINGHORNE…

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Maître Morrison Polkinghorne, le roi de la passementerie.

Master Morrison Polkinghorne, the king of passementerie.

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Un coin de l’énorme et fantastique atelier de Morrison à Newtown, un quartier d’artistes pas loin du centre de Sydney.

A small part of Morrison’s amazing and enormous workshop in Newtown not far from the center of Sydney.

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Il y a un mélange éclectique d’oeuvres d’art d’Asie, une collection immense de textiles, d’outils et de fils pour son art : la passementerie.

There is an eclectic mix of works of art from Asia, an incredible collection of textiles and the tools and yarns of his trade: passementerie.

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Ce qui est vraiment incroyable c’est que Morisson est entièrement autodidacte. Qui dont peut apprendre un art si compliqué, des méthodes et motifs de tissage si riches? La plupart des machines et des outils qu’il utilise, il les a fabriqués lui-même.
Par exemple, il a créé cette machine à partir d’un dessin  d’une machine à cordes par Léonard de Vinci.

The incredible thing about Morrison is that he is a self-taught passementier ! Who on Earth can learn such an intricate art, such complicated weaving patterns and methods? Most machines and tools he uses are made by him.
This one was created based on a drawing of a rope machine from Leonardo da Vinci.

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Quand vous entrez dans cette caverne d’Ali Baba, vous ne saurez plus où donner des yeux. Les trésors sont partout, sur le sol, pendant des murs, du plafond et le tout dans une merveilleuse harmonie de couleurs.

When you walk in this Aladdin cave of wonders, you don’t know where to focus your eyes. Treasures are hanging from the walls, the ceiling and some are just there in a gigantic harmony of colours.

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Morrison a décoré cette commode trouvée dans la rue, après des mois de recherche du meuble parfait pour son projet. Il l’a emballée d’une sorte de corde blanche. Cette corde sert à l’origine à actionner les fenêtres à guillotine que l’on voir partout en Australie ou dans les pays anglo-saxons.

Morrison decorated this chest he found in the street after months of searching for the perfect shaped chest for his project in furniture stores. He wrapped the whole piece with rope. This rope is normally used to open and close what we call in French the Guillotine windows you see everywhere in Australia or any Anglo-Saxon country.

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Morrison a dessiné cette embrase entièrement brodée de sequins par des brodeurs au Cambodge.

Morrison designed this sequined piece and had it made by an embroiderer in Cambodia.

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C’est d’après le plan d’un métier du XVIIIe siècle que Morrison a recréé ce métier à galons. C’est avec cette machine qu’il réalise ses  extraordinaires décors de passementeries.

This is from a plan of a XVIIIth century weaving loom that Morrison has recreated this incredible machine. It is with this loom that he makes his extraordinary woven decors and passementeries.

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C’est le paradis des glands de passementerie.

It is a tassel paradise.

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Voici un extrait du catalogue de passementeries Morrison Polkinghorne, une énorme palette de couleurs, un choix immense de formes et de pièces tissées.

This is an extract of the Morrisson Polkinghorne catalogue, a wealth of colours, shapes and woven masterpieces.

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Certaines pièces sont énormes !

Some of those tassels are enormous!

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La copie d’un métier à galon du XVIIIe siècle.

Morrison’s copy of an XVIIIth century weaving  loom.

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Cet étrange collier est en fait une chaîne prête à tisser. Elle est constituée de fins fils de soie teints dans plusieurs bains de teinture successifs. Chaque couleur est protégée lors des prochains bains d’autres couleurs avec des liens de plastique découpé de bobines de la collection de Morrison. En dehors de ça, pas de pétrole dans ses fils mais exclusivement des fibres naturelles. Cette chaîne servira à tisser avec la merveilleuse méthode ikat.

 This strange necklace is in fact a warp, soon to be woven. It is made of fine silk strands dyed in several baths with each colour carefully protected in each dye bath with plastic tape. Morrison told me that these plastic tapes are the only plastic he’s got in his yarn collection! No petrol in his fibres, only natural sources.
This warp will be used to weave with the wonderful ikat method.

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Cette énorme et magnifique machine fait de petits cônes à partir des cônes énormes du commerce.

This is an enormous and wonderful machine which makes smaller cones of yarn from a large commercial one.

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Innombrables oeuvres d’art et objet en provenance d’Asie.

 Countless works of art and objects from Asia.

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Glands de passementerie gigantesques.

Gigantic tassels.

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La nouvelle passion de Morrison : l’ikat.

Morrison’s new passion: Ikat weaving

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Le charme du papier peint aux fraises.

 The charm of Morrison’s strawberry wallpaper.

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Les créations impeccables de Morrison.

Morrison’s impeccable creations.

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Les baskets de Morrison et mes bottes turques brodées :)

 Morrison’s shoes and my Turkish embroidered boots :)

INTERVIEW 

J’ai eu la grande chance de rencontrer Morrison Polkinghorne à Sydney juste avant son déménagement au Cambodge. C’est un artiste incroyablement talentueux, un artisan au geste précis. Ses passementeries  sont uniques, extrêmement bien exécutées et tout simplement magnifiques.

Visiter l’atelier de Morrison a été une expérience géniale et rare que je souhaite partager avec vous. Il a accepté de répondre à quelques questions.

D’où êtes-vous originaire ?
Je suis né en Tasmanie mais j’ai grandi  à Alice Springs, au centre de l’Australie, à 24 heures de route de la prochaine ville.

Quelle est votre formation ? Qu’est ce qui vous à conduit à la passementerie ?
J’ai toujours fabriqué et vendu des choses. Même adolescent, je créais et vendais des vêtements dans des marchés.

Comment avez-vous appris votre art ?
Je suis autodidacte, j’ai appris l’art des noeuds aux scouts. J’ai appris à fabriquer des cordes en regardant un schéma d’une roue à corde de Léonard de Vinci. Et finalement mon apprentissage s’est fait grâce à beaucoup d’essais, de ratés, et de travail.

D’où tirez-vous votre inspiration ?
Je suis constamment en train d’observer les objets faits-main et j’essaie de comprendre comment ils ont été fabriqués. La simplicité d’un ikat,  la structure complexe de la vannerie,  toute forme d’artisanat est pour moi une inspiration. Lorsque je crée une pièce de passementerie, j’ai une idée de ce que je veux créer mais ce sont les fils qui font ce qu’ils veulent au bout du compte. Je peux bien les manipuler pour en faire une corde, les enrouler autour d’un moule en bois ou les tisser en cordon, mais au fond, ce sont les fils qui vont prendre leur forme finale.
Passant le clair de mon temps en Asie du sud-est, je puise mon inspiration dans les villages où sont fabriqués des paniers, tissées des étoffes avec une grande variété de fils. En Birmanie, des artisans créent un fil à partir du lotus, vous pouvez également  trouver du bambou tissé avec de la crinière de cheval. J’utilise d’ailleurs cette technique pour la partie supérieure de glands de passementerie et pour la “jupe” (partie inférieure) j’ai utilisé de la soie non dégommée.

Est-ce que c’est vrai que vous êtes capable de réaliser un gland de passementerie les yeux fermés ?
Oui en effet ! Mais ce n’est pas très chouette. Haha. Vous devriez voir la vidéo que Megan Morton (la célèbre styliste australienne) a prise de moi en train de le faire !

Décrivez-nous une journée de travail typique.
Ma journée typique dans ma société “Passementeries” est de marier les couleurs pour les projets en cours chez mes clients. On m’envoie des échantillons de peinture et de tissu pour assortir les fils que je vais utiliser pour faire des franges ou des glands.  Je forme également des ouvriers à l’utilisation des métiers à tisser et aux techniques de passementerie. Je fais en sorte que tout se passe bien.

Où vous procurez-vous les outils pour votre art ?
Il a fallu que je fabrique moi-même tous les outils que j’utilise pour la passementerie. Avec ma roue à corde, j’ai vu ce croquis de Léonard de Vinci, alors je l’ai copié et j’y ai ajouté un moteur de 240 volts. Une dame de Londres qui a participé à la restauration du château de Windsor m’a envoyé le plan d’un métier à tisser que j’ai construit et qui m’a servit à découvrir et apprendre par moi-même l’art du tissage de galons. L’un des trucs que je préfère faire, ce sont les franges torses moulinées. Pour cela, j’utilise une roue accrochée à un mur qui peut porter 6 bobines de fil tordu sur lui-même qui est ensuite tissé sur mon métier à galon pour faire une frange. Avec deux personnes je peux tisser de 6 à 10 mètres par jour. J’ai fait une vidéo du processus.

Qui sont vos clients ?
Mes clients sont uniquement des professionnels : décorateurs, architectes et stylistes.  Il m’arrive de travailler avec des stylistes de mode et par exemple je fais des ceintures en cordes avec des glands. J’ai travaillé pour des sociétés de luminaires et ai fait des lampes avec des glands ou des lustres classiques. J’ai également travaillé à la reproduction d’objets ou de passementeries anciens.

Quel a été votre projet préféré ?
J’ai réalisé un galon à pompons, une frange ornementale très chargé et ça m’a pris trois jour pour faire environ 30 cm. Elle était dans les tons naturels d’écru avec des touches d’or et d’étain. J’ai utilisé du coton, de la chenille et des fils métalliques, des formes de bois recouvertes de fil, des cordes tordues et enrobées de fils. Assez chargé mais cela allait parfaitement avec le drapé. J’ai vraiment adoré travailler avec ce designer qui avait les mêmes passions que moi.

Quel serait votre projet de rêve ?
J’adorerais restaurer un ancien et gigantesque rideau de scène avec des franges à 1.5 cm de hauteur et des décors et des cordes immenses qui se croisent. J’aime énormément les projets à grande échelle.

Avec votre compagnon Robert Carmack, expert culinaire et styliste alimentaire de renom, vous venez de publier le livre de cuisine birmane The Burma Cookbook, comment ce projet est-il né ?
The Burma Cookbook est une accumulation de recettes et photographies de nos voyages et aventures en Birmanie des quinze dernières années. Nous avons en fait voyagé dans la région depuis plus longtemps mais c’est notre premier séjour à l’hôtel The Strand à Yangon/Rangoon dans les années 2000, que l’idée d’un livre retraçant le passé colonial et le présent a commencé à nous titiller.  Le résultat est en fait un mélange de recettes purement asiatiques et de plats coloniaux anglais servis pendant cette époque révolue.  Par exemple, nous avec avons eu la chance de rencontrer un vieux chef cuisinier dans une station de montagne qui se souvenait de la recette de son grand-père pour le “roast beef and Yorkshire pudding.”  (Je crois même que l’écrivain voyageur Paul Theroux en a fait mention dans l’un de ses livres.) La réalité était beaucoup plus prosaïque : steak trop cuit dans un Dutch oven (diable) avec du pain à la farine à lever à la sauce à l’ananas. Mais c’était très amusant de retracer les origines de cette cuisine et de la ressusciter.

Vous vous êtes tous les deux embarqués dans de nouvelles aventures, en quittant l’Australie pour vous installer au Cambodge ! Pourriez-vous nous en dire plus sur ce projet ?
Cela fait 20 ans qu’on vient régulièrement au Cambodge et nous avons décidé de nous installer à Battambang. C’est une ville coloniale pratiquement intacte qui respire le charme d’antan tout en étant quand même la deuxième ville du pays.
La scène arty est en train de se développer, je connais trois artistes dans notre pâté de maison qui exposent leurs oeuvres dans le monde entier. Notre maison / atelier est situé pile au centre de l’ancien quartier colonial dans la Rue 2 qui a fait la demande d’inscription au patrimoine de l’UNESCO.
Il y a en abondances des artisanats qui fleurissent partout comme la vannerie, la fabrication d’encens, la sculpture sur bois, etc. L’architecture, les arts et l’artisanat sont ce que je préfère au monde. Je suis en train d’installer mes métiers à tisser et j’ai des commandes à terminer sous deux semaines. Allez jeter un oeil au blog que j’ai créé sur notre installation, www.bric-a-brac.asia/blog.

Quelle est votre cuisine préférée ?
J’adore les repas cuisinés à la maison : Japonais, Français, Vietnamien et Thaï. Habitant désormais au Cambodge, je peux juste marcher jusqu’au coin de la rue pour accéder au marché central et acheter des produits frais. Mon compagnon, Robert a suivi une formation classique de cuisinier en France, où il a vécu pendant quelques années. A la maison, la cuisine est une vraie corne d’abondance !

Quel est votre restaurant préféré à Sydney ? Paris ?
A Sydney mon restaurant favori est le petit resto d’origine “Spice I Am” sur Wentworth Avenue (il en existe 3 du même nom et propriétaire à Sydney), c’est probablement le seul restaurant thaï authentique d’Australie. “House” arrive en tout deuxième, parce qu’on adore vraiment la cuisine du nord-est de la Thaïlande et qu’ils se donnent du mal pour la représenter.  Ils me donnent l’impression d’être en Asie.

Quelle est votre spécialité culinaire ?
La brioche. La brioche paysanne toute simple, in France. L’une de mes amies, Danièle Delpeuch m’a appris à la faire il y a 25 ans. C’était la cuisinière de Mitterrand et un film a été réalisé sur son aventure de cuisinière du président.

Quel serait votre conseil à quelqu’un qui souhaite faire de sa passion son travail ?
Allez-y ! Lancez-vous ! Faites ce que vous aimez, faites découvrir aux autres votre passion. Ce qui fait la vie ce sont les amis et les rêves. Quant au marketing… ça c’est une autre affaire, lol.

Merci Morrison pour ce moment magique partagé avec vous !

Bon vent pour vos nouvelles aventures !

Interview & article : Flore Vallery-Radot

INTERVIEW 

I was lucky enough to meet Morrison in Sydney before he relocated to Cambodia. He is an incredibly talented artist, a very precise and highly gifted craftsman. His passementeries are unique, extremely well executed and simply wonderful.

Visiting his workshop was a wonderful one of a kind experience. I wish to share it with you. Morrison answered a few questions for us to get to know him better.

Where are you from ?
I was born in Tasmanian but grew up in Alice Springs, central Australia. 24 Hours drive to the nearest tow.

Tell us a little about your background – What did you originally study, and what path led you to passementerie?
I have always made and sold things. Even as a young teenager I would make and sell clothing at markets.

How did you learn your craft?
I am self taught, I learnt my knot tying as a boy scout, I learnt rope making by looking at a sketch of a rope wheel by Leonardo Da Vinci. Basically allot of trial and error.

Where do you get your inspiration from?
I am constantly looking at hand-made items and working out how they are created. The simplicity of an ikat. The complex structure of basket weaving. All forms of hand made items are an inspiration to me. When making trimmings and tassels, I may have an idea of what I want to create, but the threads do what they want to do. I can manipulate them my twisting them into a cord, wrap them on a wooden form or weave them into a braid, but they will relax into where they want to twist to. Spending my time in South East Asia the inspiration from the villages who weave baskets and textiles from a variety of threads can inspire me. In Myanmar, they create a thread form lotus steams, this forms the softest scalds, You can also find bamboo woven with horse hair. These I have use to make the heads of tassels, and then the skirts I make from silk that still has the gum.

Can you truly make a passementerie tassel with your eyes closed?
Yes I can, but they don’t look very good. Haha.  You should see the video Megan Morton (the famous Australian Stylist) shot of me trying to do the feat!

What does a typical day at work involve for you?
My typical day with Passementeries is colour matching for clients’ jobs. I get sent swatches of paint and fabric to match a colour of thread which will then be made up into a fringe or a tassel. I am also training workers on how to use the looms and how to make tassels. Making sure things are going smoothly.

Where do you find the tools of your trade?
All of the tools I use to make passementeries I had to make myself. With my rope wheel, I saw a diagram that Leonardo Da Vinci drew, so I copied that but with a 240v motor. I was sent a diagram of a passementerie loom from a lady in London who did the restoration of Windsor Castle which I made and taught myself how to weave on it. One of my favourite things to make is Bullion fringe. I use a wheel attached to a wall that has up to six spools of twisted thread that is then woven on a loom to make the fringe. With two people, we can weave 6 -10 meters a day. Link to YouTube on Bullion fringe making.

Who are your clients?
My clients are strictly trade: interior designers, architects and stylists.  Sometimes I work with fashion designers and make up, say, rope belts with tassels. I have also worked with lighting companies making tassel lights, and classic electroliers. I also work with period leases, doing reproduction on historic items.

What was your favorite textile project ever?
There was a pom-pom braid, this was a very ornate fringe, it took about 3 days to make about 30cm. All natural ecru with hints of gold and pewter. Cotton, chenille and metallic threads, wooden shapes covered in threads, cords twisted and then wrapped in threads. Very ornate, and it suited the drapes perfectly. I absolutely adored working with that designer who had the same passions as me

What would be your dream project?
I would love to restore a huge antique stage curtain, bullion fringe at 1.5cm height. Filled with embellishments and looped cords. The grand scale of this excites me.

With your partner Robert Carmack, culinary expert and renowned food stylist, you have just published “The Burma Cookbook”, how did this project start?
The Burma Cookbook is an accumulation of recipes and photography of our travels and experience through Myanmar over the past 15 years. We’ve actually been travelling here for even longer, but it was after our first stay at The Strand Hotel in Yangon/Rangoon around 2000, that the idea of a book encompassing both the country’s colonial past and its current fare began to excite us.  And the result encompasses not just purely Asian recipes, but also expat English colonial dishes served in the era.  For example, we chanced upon an old chef up in a hill station who recalled his grandfather’s recipe for “roast beef and Yorkshire pudding.”  (I believe that even travel writer Paul Theroux made mention of it in one of his books.)  The reality was much more prosaic: overcooked steak cooked in a Dutch oven, with a self-raising flour bread with pineapple sauce.  But it was so much fun tracing the origin and cooking its resurrection.

You’re about to embark on your latest adventure – leaving Australia to settle in Cambodia! Can you tell us a little bit about this new adventure, and what your hopes for it are?
We have been traveling to Cambodia for nearly 20 years, and we have now just relocated to Battambang. It is a largely untouched colonial town oozing charm, yet Cambodia’s second biggest city. The art scene is up and coming: I know of three artists in a block radius who exhibit their work globally. Our home/workshop is located smack in the old colonial quarter on Street 2 which is also up for a UNESCO heritage listing. There is an abundance of traditional crafts that are flourishing:  basket weaving, incense making, wood carvers etc. The architecture, the arts and the crafts are my favourite things. I am setting up my looms, and have jobs to complete within the next two weeks. Check my blog on the relocation, www.bric-a-brac.asia/blog

What is you favorite type of cuisine?
I adore home cooked meals, Japanese, French, Vietnamese and Thai. Living in Cambodia, I can just walk one block to the central market and get daily fresh produce. My partner Robert is classically trained in French cuisine, having lived there for several years.  So we have a delicious cornucopia in our kitchen.

What is your favorite restaurant in Sydney? Paris?
My favourite Sydney restaurant would be the original small shop-front Spice I Am on Wentworth Ave, it is about the only authentic Thai restaurant in Australia. House is a very close second, because we absolutely adore Thai Northeastern food, and they do an authentic job at presenting it.  It makes me feel like I am back in Asia.

Which dish would you say is your signature dish?
Brioche. Simple country style Brioche, a buttery French yeast bread greatly appreciated in France.. A friend of mine Daniel Delpeuch taught me her recipe 25 years ago. She used to cook for Mitterand and has had a movie made about her time cooking for the President.

What would be your advice to someone who wants to turn a passion for a textile craft into a day job?
Go for it. Do what you love, and let others discover your passion. Life is about friends and dreams. As for the marketing, well that’s an entirely different issue, lol.

Thank you so much Morrison for sharing this moment with us!

Enjoy these wonderful new adventures!

Interview & article : Flore Vallery-Radot


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