arts plastiques Archives - Flore Vallery-Radot

{interview} ANNE-VALÉRIE DUPOND sculpteur textile

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^ Buste en tissu de l’écrivain Colette par Anne-Valérie Dupond.

Bust of the French writer Colette by Anne-Valérie Dupond.

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^ Les bustes du Prince Charles et de sa mère, la reine d’Angleterre par Anne-Valérie Dupond.

Busts of Prince Charles and his mother, the Queen of England by Anne-Valérie Dupond.

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^ Les bustes de toile de Virginia Woolf, Camille Claudel et Louise Bourgeois par Anne-Valérie Dupond.

Material busts of Virginia Woolf, Camille Claudel and Louise Bourgeois by Anne-Valérie Dupond.

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^ Mascaron sculpté en tissu par Anne-Valérie-Dupond.

Sculpted “Mascaron” in fabric by Anne-Valérie-Dupond.

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^ Bustes de grands hommes en tissu et fil noir par Anne-Valérie Dupond.

Busts of famous men made of fabric and black thread by Anne-Valérie Dupond.

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^ Zoom sur un buste textile d’Anne-Valérie Dupond, un bouton en guise d’oeil.

Close-up of a fabric bust by Anne-Valérie Dupond, a button is used for the eye.

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^ Bustes de grands hommes en tissu et fil noir par Anne-Valérie Dupond.

Busts of famous men made of fabric and black thread by Anne-Valérie Dupond.

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^ Zoom sur un buste textile d’Anne-Valérie Dupond, le secret de ces piqûres noires qui donnent vie au personnage.

Close-up of a fabric bust by Anne-Valérie Dupond, closer to the secret of her black stitches giving life to her characters.

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^ Version en bronze et en tissu du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Bronze and fabric version of Anne-Valérie Dupond’s scupture of the French writer Colette.

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^ Version en bronze du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Bronze version of Anne-Valérie Dupond’s fabric scupture of the French writer Colette.

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^ Version en tissu du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Fabric version of Anne-Valérie Dupond’s textile scupture of the French writer Colette.

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^ Version en bronze du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Bronze version of Anne-Valérie Dupond’s fabric scupture of the French writer Colette.

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^ Zoom sur la version en bronze du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Close-up of the bronze version of Anne-Valérie Dupond’s fabric scupture of the French writer Colette.

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^ Bouledogue de tissu par Anne-Valérie Dupond.

Fabric bulldog by Anne-Valérie Dupond.

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^ Sculpture textile d’Anne-Valérie Dupond : l’orang outang.

Textile sculpture by Anne-Valérie Dupond : the orang outang.

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^ Trophée de tissu par Anne-Valérie Dupond.

Fabric trophy by Anne-Valérie Dupond.

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^ Portrait d’une pin-up par Anne-Valérie Dupond.

Portrait of a pin-up by Anne-Valérie Dupond.

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^ Portrait d’une pin-up par Anne-Valérie Dupond.

Portrait of a pin-up by Anne-Valérie Dupond.

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^ Une pin-up par Anne-Valérie Dupond.

A pin-up by Anne-Valérie Dupond.

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^ Zoom  sur une pin-up de tissu par Anne-Valérie Dupond.

Close-up on a fabric pin-up by Anne-Valérie Dupond.

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^ L’atelier d’Anne Valérie Dupond : des pinups style poupées gonflables y côtoient une géante de tissu “la belle endormie”, des bouledogues et de grands tableaux mêlants tissu et peinture.

Anne-Valerie Dupond’s workshop where pin-ups, blow up doll style lie around next to giants made of fabric, bulldogs and large pictures made of material and paint.

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Portrait d’Anne-Valérie Dupond et l’une de ses créations.

 Anne-Valérie Dupond with one of her creations.

In English below

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Anne Valérie Dupond se décrit elle-même comme sculpteur textile. Elle est aussi caricaturiste. Elle se fait tendre avec les bestioles dont elle fait de charmants trophées qui donnent un cachet unique aux chambres d’enfants. Elle se fait humoriste avec ses bustes de grands hommes et femmes de l’histoire qu’elle construit avec des cicatrices de fil noir, des yeux de boutons et de la toile à matelas… Ils laissent une impression complexe, de celles qui marquent, entre crainte et attendrissement. Et elle a la dent dure lorsqu’elle représente des pin-ups à l’échelle 1, de vraies poupées gonflables de tissu.

Cette artiste plasticienne a su créer un monde surréaliste qui joue sur l’affectif et sur les contrastes. Elle utilise en majorité des matériaux de récupération, des tissus oubliés qu’elle sauve d’un destin terrible et qu’elle transforme avec les larges points de couture qui sont sa signature. Il y a toujours un paradoxe dans les oeuvres d’Anne-Valérie, des outils et du matériel simples, des coutures grossières et pourtant des personnages aux traits si expressifs, des individus couverts de cicatrices et pourtant amusants, attendrissants. C’est un peu comme si elle les avait recousus, soignés…

Anne-Valérie Dupond crée aussi des toiles immenses, érotiques, alliant la sensualité du tissu découpé dans d’anciens draps et la peinture. Elle explore la volupté du corps de la femme qu’elle représente dans des pauses lascives.

Dans la lignée de la grande plasticienne Annette Messager dont elle est fan inconditionnelle, Anne-Valérie Dupond fait passer un vrai message de femme dans ses oeuvres, de par les techniques qu’elle a choisies mais aussi par les thèmes qu’elle affectionne : l’enfance, la femme objet, la sensualité féminine.
Son oeuvre est présentée dans les galeries du monde entier et se vend de Tokyo à New-York en passant par Sydney. Elle a collaboré avec de grandes maisons et son travail inspire un grand nombre d’artistes.

J’aime énormément son travail  et je suis très touchée qu’elle ait accepté de répondre à mes questions.

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INTERVIEW

Où êtes-vous née et où habitez-vous aujourd’hui ?
Je suis née à Besançon. Apres avoir fait mes études à Strasbourg je suis revenu vivre à Besançon pour faire mes enfants. C’est une ville très agréable, j’y vis toujours. 

Etiez-vous une enfant créative ?
Oui, je dessinais beaucoup.

Qu’avez-vous fait comme études ?
Un bac littéraire option Arts Plastiques puis une mise à niveau d’arts appliqués (MANAA) et une fac d’Arts Plastiques. J’ai soutenu ma maîtrise en juin 2000. J’ai commencé un DEA d’Arts Plastiques, mais enceinte jusqu’aux yeux j’ai dû interrompre mes études.

Vous avez intitulé votre mémoire «travaux de couture», étaient-ce les prémices de votre univers créatif ?
Comment votre aventure avec les animaux, puis les humains sculptés en tissu a-t-elle commencé ?
Tout à commencé l’année de ma maitrise ou j’ai voulu réaliser moi-même un doudou pour un enfant qui allait naitre. L’animal (un mouton) était trop « trash » pour un bébé mais je lui ai trouvé des qualités plastiques. Etant en cours de recherche pour ma maîtrise, j’ai décidé d’en faire l’objet de mon étude. J’ai réalisé tout un bestiaire et j’ai orienté mes recherches théoriques autour de cette thématique. J’ai ainsi découvert que je n’avais pas choisi cette technique ni cette thématique par hasard. Le titre de mon mémoire fait référence à une spécificité traditionnellement féminine (la couture), qui transposée dans le monde de l’art dénonce sa suprématie masculine.

Qui a-t-il de votre “boîte à ouvrage” ?
Pas grand-chose… 2 aiguilles, une bobine de gros fil et une paire de ciseaux.

Quels types de tissus utilisez-vous ? Où vous approvisionnez-vous ?
Essentiellement des tissus de récupération. J’en accumule depuis des années.
La toile à matelas est mon tissu de prédilection, présent depuis le début. J’en trouve dans les vide-greniers la plupart du temps. Je récupère aussi tous les tissus dont les gens veulent se débarrasser. J’ai une amie costumière qui me donne ses chutes. Et quelques fois j’en achète.

Comment parvenez-vous, avec du matériel si simple et une couture voyante à donner tant de personnalité à vos personnages ?
Je mets l’accent sur l’expression des personnages. C’est ce qui m’intéresse le plus. Ca doit venir du dessin.

Est-ce que vous partez en général d’une idée précise ou est-ce que le tissu vous inspire ? Faites-vous une esquisse avant de vous lancer ?
J’ai en général une idée mais qui peut se transformer en cours de réalisation. Je ne fais des esquisses que quand je m’atèle à la réalisation d’un portrait. Sinon je préfère y aller sans filet.

Combien de temps cela prend-il de créer un buste par exemple ?
Tout dépend du portrait à réaliser. Certains demandent plus de travail. Je travaille très vite. Mes années de travail m’ont permis d’obtenir une certaine dextérité. Quelques jours suffisent pour la réalisation d’un portrait. Je peux aussi réaliser certaines pièces en une journée.

Est-ce que vous travaillez seule ?
Oui

Vous avez trois enfants, comment parvenez-vous à « jongler » entre le travail de l’artiste et de la maman ?
Mon premier enfant est né l’année où j’ai débuté mon activité. Je ne connais le travail qu’en étant maman. C’est un moteur, ça me donne un cadre. Ces deux rôles se répondent, s’adaptent l’un à l’autre.
Je travaille pendant les heures d’école de mes enfants. Ce temps est court, ça m’oblige à être très productive.

Comment se déroule une journée typique pour vous ?
Réveil. Petit déjeuner en famille. J’accompagne ma plus jeune fille à l’école (3 ans). Un café au bistrot du coin puis atelier jusqu’à l’heure de sortie d’école. Petit sas de vie sociale avec des amis puis retour à la maison, bains, repas… et soirées pour moi ! Très banal.

Est-ce que vous créez chaque œuvre individuellement ou dans le cadre d’une famille ou d’une collection ?
La plupart du temps chaque œuvre s’inscrit dans une série. J’ai besoin d’accumulation. Ça me rassure. Mais je peux aussi travailler sur une œuvre unique, plus ambitieuse. Tout dépend des opportunités.

Vous avez collaboré avec des grands noms de la mode comme Kenzo, Comme des Garçons, Undercover et une prestigieuse boutique comme le Printemps. Quel a été le lien entre votre univers et celui de la mode ? Quelles sont les merveilles que vous avez créées pour eux ?
Je n’ai pas vraiment cherché à travailler avec la mode. C’est venu à moi. Ca a commencé avec Kenzo qui m’avait demandé de créer une mascotte. J’étais toute jeune, c’était une super opportunité. Une très belle expérience qui m’a fait connaitre dans un certain milieu.
Undercover était une formidable aventure. Jun Takahashi, le créateur, m’achetait des pièces à chacun de ses passages à Paris. Puis un jour il a décidé de créer sa nouvelle collection de vêtements en s’inspirant de mon travail. Nous avons ensuite collaboré sur la réalisation de pièces autour de son défilé. (accessoires pour les mannequins, sacs…) je suis très fière de cette collaboration. Les vêtements créés reprennent tous les principes de ma création. J’en porte encore certains 10 ans après.

Vous avez réalisé le rêve de tout artiste qui a gardé une part d’enfance en lui : vous avez créé une vitrine au grand magasin parisien Le Printemps ! Pouvez-vous nous raconter cette expérience ?
Oui je suis très fière de ça aussi !
Comme tout le monde je gardais un souvenir émerveillé de ces vitrines étant enfant. C’était magique de voir mes réalisations (singes et trophées) s’animer dans une très belle mise en scène. Et quelle fierté d’aller les admirer avec mes enfants dans la foule agglutinée des visiteurs !

Vous avez lancé une collection de tableaux qui sont une fusion de textiles recyclés et de peinture. Est-ce une pause nécessaire avec le monde 3D de la sculpture ?
Je travaille sur mes toiles depuis 10 ans déjà, mais c’est une production plus modeste dans la mesure où j’ai moins d’opportunités de les exposer. Mais c’est un travail qui me tient à cœur et que j’aimerais développer d’avantage. Je viens du dessin. Finalement, la couture et la sculpture sont venues à moi par hasard. J’ai besoin de ces deux formes d’expression. J’aime pouvoir les travailler en alternance.

Votre œuvre dans son ensemble respire la féminité, de part les matières et les techniques utilisées mais aussi par la physionomie de vos personnages, une approche toute particulière de l’enfance. Etes-vous une artiste féministe ?
Oui je me considère comme une artiste féministe. De par la nature de mon travail et les thèmes exploités, mais aussi par mon mode de vie qui influe sur mon travail. Etre une maman qui élève seule ses enfants et se débrouille comme elle peut pour donner forme à un univers artistique, à contre-courant des réseaux et de l’esthétique contemporaine actuels est en soi un acte féministe !

Vous avez un univers créatif très large. Il a commencé par des doudous et un bestiaire inspiré de votre enfance, puis il a abouti à une collection mi-sérieuse mi-humoristique de bustes de grands hommes en passant par des séries teintées d’érotisme de pinups, de personnages en taille réelle et vos peintures. A quel univers allez-vous bientôt vous attaquer ?
Si l’on regarde bien tous ces thèmes ont un même fil conducteur (si j’ose dire). Ils parlent tous de la dichotomie féminin masculin et révèlent par forts contrastes toutes mes contradictions. Il y a encore beaucoup à faire autour de ces différentes productions et je ne sais pas encore où leur approfondissement m’emmènera. Dans un premier temps j’aimerais pouvoir travailler d’avantage sur mes toiles et l’intime féminin.

 Quelles sont vos principales sources d’inspiration en ligne ?
Ce n’est pas tant en ligne que je trouve mon inspiration. Plutôt lectures ou exposition. Sinon la psychanalyse reste la plus grande source d’inspiration à mes yeux.

Pourriez-vous nommer 4 artistes auxquels vous aimeriez être comparée ?
Je n’oserais jamais me comparer à quelque artiste renommé ! Par contre j’en admire beaucoup. Citons des femmes : louise Bourgeois, Camille Claudel, Annette
Messager, Eva Hesse…

Quelle est l’oeuvre ou le projet dont vous êtes la plus fière ?
Peut être ma collaboration avec Undercover. C’était un vrai bel hommage.
Dans un autre registre je suis assez fière d’avoir pu faire réaliser un moulage d’une de mes sculptures en bronze (Colette. 2012). J’ai adoré le résultat et j’aimerais réitérer l’opération.

Quel serait le projet ou la collaboration de vos rêves ?
Dans mon délire d’accumulation, j’aimerais assez faire une exposition qui mettrait en scène une multitude de sculptures qui couvriraient murs plafonds et sols jusqu’à l’étouffement !
Pour rester dans l’univers de la mode, j’aurais adoré travailler avec Jean Paul Gauthier.

Où peut-on voir vos oeuvres et les acheter ?
Je travaille avec plusieurs points de diffusions, galeries et boutiques.
Actuellement on peut voir mon travail à la galerie Collection dans une exposition collective autour du portrait 4 rue de Thorigny 75003 Paris.
Je travaille aussi avec la galerie Dufay Bonnet 63 rue Daguerre 75014 Paris
Chez Serendipity 83 rue du Cherche Midi 75006 Paris
Galerie Atelier 5, 5 rue Defly 06000 Nice
Le Grenier de Valentine à Courchevel
Dans différentes foires d’art contemporain un peu partout dans le monde avec la galerie Decorazon Gallery
Et bien d’autres..

Et sur internet ?
www.annevaleriedupond.com ou ma page Facebook Anne Valérie Dupond sculpteur textile.

Et je travaille aussi très volontiers sur commande. Il suffit de me contacter par mail : annevadupond@yahoo.fr

Un grand grand merci d’avoir bien voulu répondre à mes questions !

 

Photographie : The Glint
Article et interview : Flore Vallery-Radot

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In English

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Anne Valérie Dupond describes herself as a textile sculptor. She is also a bit of a caricaturist. She can be gentle with the charming animals of her trophies which give a unique touch to any child room. She can be a humorist with her busts representing famous people scarred with black thread, looking at you through button eyes and made of mattress fabric. They live a marking impression on people, a mix of fear and emotion. She is not that gentle when she represents life size pin-ups, blow-up doll style.

Anne-Valérie has created a surrealistic world playing on feelings and contrasts. She uses mainly second hand fabrics and material destined to a sordid fate. She transforms them using her signature black stitching. There is a permanent paradox in her work. Working with very basic materials and techniques she manages to achieve extraordinarily lively features. She makes characters covered in scars but who look funny and endearing. It looks as if she had sawn them back together, like a surgeon, she has cured them.

Dupond also creates large painting with an erotic touch, using the sensuality of a fabric, cut in old sheets and also paint. She explores the voluptuous aspect of women’s body representing it in lustful postures.

She is the brainchild of Annette Messager our great French artist. Anne-Valérie Dupond is a huge fan of hers. As her master did and still does, there is a profoundly feminist message in her work. Being from the techniques and materials she uses but also by the themes she chooses: childhood, the women as an object and feminine sensuality.

Her work is widely recognised and she has had exhibitions everywhere in the world, from Tokyo to New York. She has worked with big brands and has inspired numbers of artistes.

I am a big fan of her work and am very pleased and touched that she accepted this interview.

 

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INTERVIEW in English

Where were you born and where do you live now?
I was born in Besançon (France). After I finished my studies in Strasbourg, I came back to live in Besançon to start a family. It is a nice town to live in, I still live here now.

Were you a creative child?
Yes, I used to draw a lot.

What did you study?
I did a literature oriented “Baccalaureate” option Visual Arts, then a Fine Arts bridging course (MANAA). After that, I went to a Fine Arts University. I finished my masters in June 2000. Then I started a “DEA d’Arts Plastiques” (Bachelor in Visual Arts), but being heavily pregnant, I had to interrupt my studies.

The topic of your Master’s thesis was «sewing work», was that the premise to your creative sphere?
How did you adventures with sculpted animals and then human beings start?
It all started the year of my masters. I had decided to create a stuffed toy for a baby about to be born. The animal (a sheep) was a bit too hardcore for a baby but I found there was an artistic aesthetic to it nonetheless. As I was in the middle of my Master’s research, I decided to make it the object of my study. I then created a whole herd of animals and I based my theoretical research on that theme. This made me realise that I did not chose this theme randomly. The title of my thesis made reference to a specifically feminine craft (sewing) which, when transposed into the art world, denounced its masculine supremacy.

What do you have in your sewing box?
Not much. Two sewing needles, a bobbin of thick thread and a pair of scissors.

What type of fabrics do you use? Where do you source them?
Mostly they are second hand or recycled fabrics. I have been stashing them for years. My favourite material since the beginning has been striped mattress fabric. I usually find it at garage sales. I save all fabrics people want to get rid of. One of my friends is a costume designer, she give me her leftovers. Only rarely do I buy fabric.

How do you give so much personality to your characters with such simple materials?
I put emphasis on the characters expressions. This is what I find interesting. It must come from my drawing background. 

What is your creative process, do you start with a general idea of what you want to achieve or does the fabric decide for you?
Generally, I have an idea but it can change in the course of the creation. I only draw a sketch first when I create a portrait.  In other cases, I prefer to improvise.

How long does it take to create a bust for example?
It all depends on the portrait I have to create. Some require much more work than others. I work very fast. My years of practice have allowed me to acquire a certain dexterity. A few days are enough to achieve a portrait. I can sometimes finish some pieces in one day only.

Do you work alone?
Yes.

You have three children. How do you manage to juggle with you work as an artist and as a mum?
My first child was born the year I started to work as an artist. I do not know what it is to work without kids. It is my motor, it gives me a framework. These two roles are intertwined, one adapts to the other. I work during my children’s school hours. This time is short, it forces me to be very productive.

What a typical day involves for you?
Wake up. Breakfast with the family. I take my youngest daughter to school (3 years old). Have a coffee in the cafe down the road then workshop until school is out. Quick social visit with friends then back home, bath, dinner… and then some time for me! How domestic.

Do you create your pieces one by one or do you build collections?
Most of the time, each work is created within a collection. I need to accumulate. That gives me comfort. But I can also work on a unique, one of a kind, piece, more ambitious. It all depends on opportunities.

You have collaborated with big names of fashion such as Kenzo, Comme des Garçons, Undercover and the prestigious Parisian department store Le Printemps. What has been the link between the world of fashion and your work? What marvels have you created for them?
I never really tried to work in the world of fashion. It just happened. I started with Kenzo who asked me to create a mascot. I was very young, it was a great opportunity. A beautiful experience which was a first step into this very special “milieu”. Undercover was an extraordinary adventure. Jun Takahashi, the designer, used to buy me a piece every time he came to Paris. Then one day, he decided to base his whole new collection on my work. We started to collaborate and create pieces for his show (accessories for models, handbags, etc). I am very proud of this collaboration. The clothes were created using my techniques. I still wear some, 10 years after.

You have fulfilled the dream of many artists who have kept a part of childhood inside them: you created a Christmas window for the French department store Le Printemps. Can you tell us a bit more about this experience?
Yes, I am very proud of that too!

As everyone, I kept a wonderful memory of those windows when I was a kid. It was magical to see my creations (monkeys and trophies) being animated and beautifully staged. I was so proud to come and see it with my kids among the very dense crowd!

You have launched a collection of paintings made of a fusion between recycled fabrics and paint. Is it a well deserved pause with the world of 3D?
I have actually been working on my canvas for already 10 years, but it is a more modest production because I have fewer opportunities to exhibit them. My background is drawing. Sewing and sculpture came after, by chance. I need both means of expression. I like to alternate.

Your whole work exhale femininity, of course because of the materials and the techniques you use, but also because of your characters physiognomy, you very unique vision of childhood. Are you a feminist artist?
Yes, I consider myself as a feminist artist. By the nature of my work, the themes I chose and also by my way of life which influenced my work.  Being a mother who raises her kids by herself and does what she can to create an artistic world runs counter to the contemporary aesthetics and its networks is an act of feminism in itself!

You have a very broad creative spectrum. It starts with the soft toys, animals inspired from your childhood, then if lead to a collection of famous men’s busts, half serious, half humorous, and it ended up with erotic series of pin-ups, life size women and your paintings. What will be your next theme?

If you give these themes a closer look, you will see the connection. The all speak about the contrasts all my contradictions. There is still a lot to do about these different productions and I do not know where this quest will take me. . As a first step, I would like to be able to work on my painting a bit more, on the women’s intimacy.

What are your main sources of inspiration online?
I do not find my inspiration online but more within books and exhibitions. Psychoanalysis remains the major source of inspiration to me.

Can you name 4 artists you would like to be compared to?
I would never dare to compare myself to renowned artists! But I do admire a lot of them. Women like Louise Bourgeois, Camille Claudel, Annette Messager, Eva Hesse…

What is the work you are the most proud of?
Maybe my collaboration with Undercover. It was a beautiful homage.

In another category, I am quite proud to have managed to get a mould of one of my sculptures in bronze. (Colette. 2012). I loved the outcome and would love to do it again.

What would be your dream project?
Because of my addiction to accumulation, I would love to organise an exhibition which would show many of my sculptures. They would cover the walls, ceilings and the ground to the point of choking!

Concerning the world of fashion, I would have loved to work with Jean Paul Gauthier.

Where can we see your work and buy it?
I work with many different stores and galleries.
At the moment, there is a collective exhibition at the gallery “Collection” in Paris. 4 rue de Thorigny 75003 Paris.
I also work with the Galerie Dufay Bonnet 63 rue Daguerre 75014 Paris
At Serendipity 83 rue du Cherche Midi 75006 Paris
Galerie Atelier 5, 5 rue Defly 06000 Nice
Le Grenier de Valentine in Courchevel in the French Alps.
I attend many Art fairs all around the World with the Decorazon Gallery.
And many others…

On the Internet?
www.annevaleriedupond.com or my Facebook page “Anne Valérie Dupond sculpteur textile“.
I am glad to do commission work. I can be reached by email: annevadupond@yahoo.fr

A big thank you, Anne-Valerie, for accepting this interview!

Photography : The Glint
Article & interview : Flore Vallery-Radot

ANNETTE MESSAGER, rétrospective au Musée d’Art Contemporain (MCA) de Sydney

Annette Messager, retrospective exhibition at the Museum of Contempory Art (MCA) in Sydney

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Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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Je vous propose aujourd’hui de m’accompagner dans les couloirs du MCA de Sydney à la rétrospective Annette Messager, des années 1970 à nos jours, intitulée «motion/emotion ». (mouvement/émotion)
J’ai été très émue de voir “en vrai” et au bout du monde les oeuvres de cette grande plasticienne française ! Elle est LA plus grande ! Elle a été la première femme exposée au MOMA de New York. Il y a encore aujourd’hui peu de plasticiens femmes.

Annette Messager porte si bien son nom. Elle transmet à travers ses oeuvres, des objets de tous les jours manipulés, un message fort qu’elle refuse d’expliquer et qu’elle propose aux visiteurs de ressentir, de deviner. Elle est pour moi une combattante, qui dans un monde si masculin, a su crier haut et fort depuis le secret de son atelier, ou plutôt sa base, que la femme a pleinement sa place dans l’art et dans la société. Cela dit, elle ne veut pas qu’on la campe dans un rôle de féministe. Elle n’est pas artiste pour cela ! Elle est artiste un point c’est tout.

Lorsqu’elle est sortie de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris au tout début des années 1970, il était très dur pour une femme d’être reconnue en tant qu’artiste. “Les femmes créent des enfants pas des oeuvres d’art”, réflexion entendu si souvent, même aux Beaux Arts. Et d’après elle, le machisme est toujours là même si les choses ont évolué. Quand on entend Thierry Ardisson la qualifier de “ménagère de l’art” lors d’une interview “pinceau” irrévérencieuse dont il avait le secret, on a froid dans le dos…

Quand Annette Messager démarre, elle ne veut pas faire ce que les hommes font. Elle se met à collectionner des documents sur toutes les choses qui l’intéressent. Elle n’a jamais voulu choquer les gens, ce n’était pas le but. Elle voulait peut-être juste se choquer elle-même, réfléchir, expérimenter. Les sujets qu’elle travaille sont ceux qui l’intéressent, elle, et c’est tout d’abord dans une collection d’albums mi-fiction mi-autobiographique qu’elle les a confinés. Ensuite, elle commence à exposer ses oeuvres, ses recherches. Elle utilise des techniques toutes féminines comme la couture, la broderie, le tricot et donne au fil un rôle de lien pour tenir l’ensemble. A l’époque, on la traite de pute, de sorcière, on la frappe, elle subit des violences psychologiques inouïes !

Alors même si elle ne veut pas être réduite à son rôle de femme conquérante, je ne peux pas s’empêcher, en tant que femme et en tant qu’artiste, de la remercier pour sa persévérance et l’admirer pour sa réussite retentissante. Elle est l’artiste française contemporaine la plus connue au monde.

Dans ses oeuvres, Annette Messager sait insuffler un sentiment de crainte mêlé de “c’est exactement ce que je ressens” et de sourire. Elle provoque, elle inquiète, elle dérange et du coup, elle fait réfléchir. C’est l’idée même de l’art contemporain. Dans les salles savamment éclairées du MCA, on se retrouve à naviguer entre cauchemar et rêve, entre souvenirs d’enfance et expériences ou craintes d’adulte.

Il y a deux types d’oeuvres, les installations statiques et les oeuvres mouvantes. On sent des souffles d’air dans les couloirs, donner vie aux idées d’Annette. Elle avoue que le souffle et le mouvement est indispensable à son travail. C’est la mer de son enfance à Berck-sur-mer qui résonne en elle. Elle utilise des ventilateurs, des souffleries, elle donne une vie à ses oeuvres. Elle crée très peu de pièces “individuelles” mais travaille plutôt sous la forme d’ensembles, d’agglomérats ou d’accumulations. Les oeuvres dialoguent entre elles, elles sont liées ensemble par une histoire comme dans un roman qui a un début et une fin.

Depuis toujours ou presque, elle pioche partout, elle fouine, elle collectionne, elle s’accuse de voler dans le réel.  Collections, amoncellements, dessins, broderies, jouets démantibulés, ludiques, enfance terrifiée. Elle coupe, déchire, décolle, recolle, torture les objets. Rien n’est mignon, il y a beaucoup de noirceur, de peur. D’ailleurs, elle n’aime pas les poupées, elle attaque les peluches et les démantèle. Elle leur préfère les ex-voto des petites églises anciennes, des amas de membre malades puis soignés. Elle est très attachée aux marionnettes et aux ventriloques. La photographie n’est qu’un morceau de son travail, elle dit elle-même qu’elle n’est pas photographe, mais utilise beaucoup la photo qu’elle découpe et martyrise également.

Ce qui est fantastique dans le travail d’Annette Messager c’est sa capacité à transformer les objets les plus basiques en messages aussi transcendantaux. “Je mets en valeur une certaine approche de la réalité, c’est ça être artiste, c’est une toute petite chose” confie-t-elle aussi lors de la fameuse interview de Thierry Ardisson.

Si vous avez un peu de temps, je vous propose de d’écouter, pendant que vous regarderez les photos de cet article, une très belle et surtout l’une des très rares interviews, d’Annette Messager, dans son atelier de Malakoff en 2012 sur France Inter, PAR ICI.

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Peluches vidées et écartelées. Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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Trois personnages Adah. (2002).
Tissu et cure-pipes.
Proviens de la Marian Goodman Gallery.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014 .

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Annette Messager au MCA de Sydney 2014.

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Et range ta chambre. (2009)
Cuir noir, corde, filet, caoutchouc noir, bois, badges faits de dessins, fil métallique, plastique.
Provenance : Marian Goodman Gallery New-York et Paris.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014 .

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Et range ta chambre. (2009) Cuir noir, corde, filet, caoutchouc noir, bois, badges faits de dessins, fil métallique, plastique.
Provenance : Marian Goodman Gallery New-York et Paris.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014 .

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Chance. 2011/12.
Fil de fer, filet de pêche. A
nnette Messager explique. “Ce sont des mots joyeux et optimistes, mais je leur mets presque des filets de deuil”.
Ces mots sont créés de fil de fer noué, travaillé sur le mur avec du filet, comme des toiles d’araignées.
Provenance : Marian Goodman Gallery New-York et Paris.
MCA Sydney 2014.

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Chance. 2011/12 Provenance : Marian Goodman Gallery New-York et Paris.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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Désir. (2009)
Fil de fer, filet de pêche.
Annette Messager explique. Ces mots sont créés de fil de fer noué, travaillé sur le mur avec du filet, comme des toiles d’araignées.
Provenance : Marian Goodman Gallery New-York et Paris.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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Les Gants-Grimaces 1999.
Symbolisant le processus de création, les mains de laine avec des doigts de crayons, cette oeuvre fait partie de la série “Gants” créée dans les années 90.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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Les Gants-Grimaces 1999.
Gants, photographies, crayons de couleur.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014.

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Dans la collection gants, le crâne.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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Dans la collection gants, le crâne.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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A corps perdu (2009)
Toile de parachute imprimée, moteurs informatisés et tulle.
Durée 6:50 minutes.
De très grands sacs noirs entourés de tulle et imprimés de visages inquiétants se gonflent à intervalle régulier, chacun à son rythme comme des respirations.
Marian Goodman Gallery New-York et Paris.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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L’installation Sans légende, est une oeuvre récente et sombre d’Annette Messager. Avec des feuilles d’aluminium noir, utilisées pour l’éclairage de théâtre, elle a sculpté les vestiges d’un monde, une sorte d’apocalypse. Trois globes montent puis redescendent dans le souffle d’une machine, comme un soupire. On voit les ombres d’une femme, d’une homme et d’un chien famélique qui se promènent. Une grande horloge égraine le temps qui passe. Hommage au sculpteur suisse Giacomeetti, cette installation dépeint un paysage sordide dans lequel l’être humain semble être une sorte de lueur d’espoir…
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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^ Pénétration (1993 – 94) Oeuvre achetée par la Galerie Nationale d’Australie à Canberra en 1996. L’installation “Pénétration” est gigantesque. Ce sont les organes internes du corps humain en tissu, cousus et pendus par un fil de laine qui les relie entre eux. On peut y reconnaître les intestins, l’utérus, les reins, le phallus qui forment ensemble une dense forêt d’organes. Il y a également trois fœtus roses à différents stades de développement. Trois ampoules électriques sont suspendues entre les organes. Une ventilation fait osciller l’ensemble et les ombres projetées comme des fantômes sur les mur et le sol ajoutent une théâtralité inquiétante à la scène.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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^ Différents organe de l’installation “Pénétration”. (voir ci-dessus).
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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Ma collection de proverbes. (1974 / 2012)
Annette  Messager a beaucoup recherché des expressions machistes et elle en a trouvé beaucoup plus qu’elle n’en voulait. Elle en a brodé à peu près 200, elle les voulait comme des petits mouchoirs sur du drap blanc. Des dires sur les hommes en revanche , elle n’en a quasiment pas trouvé. Elle raconte que lors de ses premières expositions, les expressions étaient prise comme de l’humour. Ce n’est qu’assez récemment que les visiteurs réalisent la violence et l’impact de ces dires sur la condition de la femme. Aujourd’hui, elle dit que si elle remplaçait le mot femme, dans ces phrase, par le mot noir, ou juif, le scandal serait total.
Pourquoi pas alors pour les femmes ?
Voici ce qui était exposé : Langue de femme, couteau à deux tranchants. Il faut craindre la femme et le tonnerre. Que le balais de la mort frappe toutes les femmes sauf ma mère. La femme a les jupes longues et l’esprit court. Tout vient de Dieu sauf la femme. La femme a deuf âmes comme le chat. Les femmes sont trop périlleuses et par nature dangereuses. L’oeil de la femme est une araignée. C’est la femme qui fait pousser les cheveux blancs du diable. L’homme a des yeux pour voir, la femme a des yeux pour être vue. Qu’y a-t-il de pire qu’une femme : deux femmes. Chez la femme les dents de sagesse ne poussent qu’après la mort. Aime ta femme comme ton âme et bats-la comme ta pelisse. Une femme sans pudeur est comme un plat sans sel. Quand une fille naît, même les murs pleurent. Les femmes sont instruites par la nature, les hommes par les livres.
Annette Messager au MCA de Sydney 2014

In English: Woman’s laguage is a double edged knife. One must feat women and thunder. Let the broom of death strike all women except my mother. Women have long skirts and short minds. Everything comes from god exctpet women. Women have nine lives like a cat. Women are too risky and by nature dangerous. Women’s eye is a spider.It’s women who give the devil white hairs. Men have eyes to see, women have eyes to be seen. What is worse than one woman? Twwo women. Women’s wisdom teeths grow only after death. Love your wide like your soul, and beat her like your overcoat. A woman without modesty is like dish without salt. When a guile is born, even the walls cry. Women are instructed by nature, men by books.
Annette Messager at MCA in Sydney 2014.

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Annette Messager au MCA de Sydney 2014

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