couture Archives - Flore Vallery-Radot

{interview} Justine and Cow et son monde imaginaire

Interview exclusive de l'artiste plasticienne Justine and Cow sur Tricotin.com

Oeuvre de Justine and Cow : buste de lièvre.
Photo Justine and Cow.

Interview exclusive de l'artiste plasticienne française Justine and Cow sur Tricotin.com

Oeuvre de Justine and Cow : Créature rouge.
Photo Justine and Cow.

Interview de l'artiste plasticienne Justine and Cow sur Tricotin.com

Oeuvre de Justine and Cow : Créature bleue.
Photo Justine and Cow.

Interview de l'artiste Justine and Cow sur Tricotin.com

Oeuvre de Justine and Cow : Créature verte zoom.
Photo Justine and Cow.

Interview de l'artiste Justine and Cow et ses poupées étranges sur Tricotin.com

Oeuvre de Justine and Cow : Créature verte exposée en Allemagne.
Photo Justine and Cow.

Interview de l'artiste Justine and Cow et ses poupees brodes sur Tricotin.com

Oeuvre de Justine and Cow : Sculptures Créatures.
Photo Justine and Cow.

Interview de l'artiste Justine and Cow - decouverte de ses oeuvres sur Tricotin.com

Oeuvre de Justine and Cow : Créature brodée.
Photo Justine and Cow.

Interview exclusive de l'artiste brodeuse Justine and Cow et se oeuvres textiles sur Tricotin.com

Enluminure textile de Justine and Cow.
Photo Justine and Cow.

Interview exclusive de l'artiste plasticienne eet brodeuse Justine and Cow sur Tricotin.com

Enluminure textile de Justine and Cow.
Photo Justine and Cow.

Interview exclusive de l'artiste Justine and Cow et Claude Delamarre sur Tricotin.com

Collaboration entre Justine and Cow et son compagnon peintre Claude Delamarre sous le nom de JU-DE.
Photo Justine and Cow.

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A priori rien ne prédisposait Justine and Cow à devenir une artiste plasticienne, après des études de tailleur sur cristaux ! Mais en réalité son travail plein de poésie qui peut inspirer la tendresse mais aussi la crainte ou une forme de prise de conscience, est le fruit d’une passion de toujours pour les jolies choses, minérales ou végétales. Son style s’est construit en laissant aller son inspiration et ses mains. Elle a accepté de nous en dire un peu plus et de répondre à nos questions. Merci Justine !

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INTERVIEW

Quel est votre nom ?
Justine & cow….. me va très bien, merci beaucoup.

Où êtes-vous née, et où habitez-vous ?
Je viens de la Vallée de Sainte Marie aux Mines (Oui oui …le carrefour Européen du Patchwork), je vis près de Strasbourg depuis 8 ans.

Quelle est votre formation ?
J’ai une formation de tailleur sur cristaux.

Qu’est-ce qui a été le déclencheur de votre travail actuel ?
C’est en quittant ma vallée de Sainte Marie Aux Mines (SMAM) que le textile est arrivé dans mon travail, c’est amusant !

Comment décrieriez-vous ce que vous faites ?
Je suis plasticienne recycleuse et re-créatrice dans le sens de redonner vie à différents jouets, tissus, bouts de bois.
Mon travail, surtout les ‘créatures’, représente “nos” parcours de vie. Les chemins qui nous transforment, qui nous rendent étranges et attachants aussi .

Est-ce que vous pourriez me parler un peu plus de votre message, ce que vous avez envie de dire ou les sentiments que vous avez envie de provoquer chez les visiteurs ou les gens qui voient vos œuvres ?
Je sais que mon travail ne laisse pas indifférent, l’on aime beaucoup ou pas du tout. Quelques fois les visages de poupées, qui deviennent “créatures”, peuvent heurter des personnes. Cela nous renvoie à notre enfance, notre mal d’enfance, notre mal d’enfant, à nous même.
Puis certaines de ces personnes apprivoisent mon travail, il faut un temps à l’étrangeté.
D’autres fois mon travail fait sourire, ou même rire. Je n’ai pas envie de provoquer j’ai juste envie de laisser parler mes doigts et ma tête. Les “créatures” représentent “nos” parcours, nos chemins de vie qui nous transforment et nous rendent étranges par moment et attachants aussi.
C’est très agréable de rencontrer son public et d’échanger. Les personnes sont très différentes. Je suis surprise par le regard des jeunes gens et par celui des personnes plus âgées, des personnes vraiment plus âgées 70 ans et plus. J’ai eu de très beaux compliments. Tout cela est très encourageant pour moi.

Quelles sont vos méthodes, techniques textiles préférées ?
Je cherche mes matériaux tout près de chez moi aux Emmaüs et sur les marchés aux puces pour les poupées et les jouets. Pour le textile aussi. De belles et bonnes vieilles jupes, des tissus d’ameublement, des vestes. C’est plutôt la couleur, la matière, (lainage et coton) et les motifs qui vont guider mon choix. Quelquefois on m’ apporte du tissu et on m’offre de vieilles poupées. A l’atelier je range un peu tout cela, puis quand je créer je ne réfléchis pas. J’attrape ce qui vient et je construis.

Si vous pouvez m’en dire un peu plus sur le moment de leur découverte ou qui vous a appris.
Personne ne m’a appris mon travail et je n’aime pas le mot autodidacte. Petite je faisais des musées de racines dans la forêt derrière la maison à Lièpvre. Tout était possible dans ma grande fratrie. J’ai beaucoup dessiné, j’ai peins sur de vieilles planches, j’ai appris le métier de tailleur sur cristaux… Rien d’autre qu’une vie ordinaire avec comme respiration la création. Un besoin vital. Un chemin qui s’est imposé gentiment. Puis des rencontres, de belles rencontres encourageantes.

Quelle est la place de vos activités artistiques dans votre vie professionnelle ?
Je suis à la maison des artistes et je vis de mon travail.

Quel serait le projet ou la collaboration de vos rêves ?
Mon rêve serait de voir notre travail à la Halle Saint Pierre. Un endroit magnifique, mon endroit préféré à Paris.
Je travaille quelques fois à quatre mains, notamment avec mon compagnon qui est peintre. Claude Delamarre
Nous travaillons sous le pseudo de JU-DE.

Où peut-on acheter/voir vos oeuvres ?
– A la galerie Galerie BW, à Bad Bellingen en Allemagne
– A la tisserie à Brandérion. L’exposition “poupées chic ou poupées choc” durera du 9 avril au 8 mai 2016.
– Lors du Wilwerwiltz Festival au Luxembourg du 5 au 8 mai.
– Lors du Carrefour européen du Patchwork à SMAM du 14 au 18 septembre
– A la place des Arts de Strasbourg, de Mulhouse et de Besançon entre mars et octobre.
– Festival du Point de Croix à Kutzenhaussen ( Alsace ) octobre 2016
Je signale sur ma page FB et sur mon blog les différents événements, expos, marché d’art et ateliers.

Suivez Justine and Cow sur Facebook, son blog et son Instagram.

{interview} ANNE-VALÉRIE DUPOND sculpteur textile

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^ Buste en tissu de l’écrivain Colette par Anne-Valérie Dupond.

Bust of the French writer Colette by Anne-Valérie Dupond.

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^ Les bustes du Prince Charles et de sa mère, la reine d’Angleterre par Anne-Valérie Dupond.

Busts of Prince Charles and his mother, the Queen of England by Anne-Valérie Dupond.

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^ Les bustes de toile de Virginia Woolf, Camille Claudel et Louise Bourgeois par Anne-Valérie Dupond.

Material busts of Virginia Woolf, Camille Claudel and Louise Bourgeois by Anne-Valérie Dupond.

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^ Mascaron sculpté en tissu par Anne-Valérie-Dupond.

Sculpted “Mascaron” in fabric by Anne-Valérie-Dupond.

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^ Bustes de grands hommes en tissu et fil noir par Anne-Valérie Dupond.

Busts of famous men made of fabric and black thread by Anne-Valérie Dupond.

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^ Zoom sur un buste textile d’Anne-Valérie Dupond, un bouton en guise d’oeil.

Close-up of a fabric bust by Anne-Valérie Dupond, a button is used for the eye.

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^ Bustes de grands hommes en tissu et fil noir par Anne-Valérie Dupond.

Busts of famous men made of fabric and black thread by Anne-Valérie Dupond.

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^ Zoom sur un buste textile d’Anne-Valérie Dupond, le secret de ces piqûres noires qui donnent vie au personnage.

Close-up of a fabric bust by Anne-Valérie Dupond, closer to the secret of her black stitches giving life to her characters.

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^ Version en bronze et en tissu du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Bronze and fabric version of Anne-Valérie Dupond’s scupture of the French writer Colette.

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^ Version en bronze du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Bronze version of Anne-Valérie Dupond’s fabric scupture of the French writer Colette.

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^ Version en tissu du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Fabric version of Anne-Valérie Dupond’s textile scupture of the French writer Colette.

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^ Version en bronze du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Bronze version of Anne-Valérie Dupond’s fabric scupture of the French writer Colette.

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^ Zoom sur la version en bronze du buste de Colette par Anne-Valérie Dupond.

Close-up of the bronze version of Anne-Valérie Dupond’s fabric scupture of the French writer Colette.

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^ Bouledogue de tissu par Anne-Valérie Dupond.

Fabric bulldog by Anne-Valérie Dupond.

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^ Sculpture textile d’Anne-Valérie Dupond : l’orang outang.

Textile sculpture by Anne-Valérie Dupond : the orang outang.

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^ Trophée de tissu par Anne-Valérie Dupond.

Fabric trophy by Anne-Valérie Dupond.

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^ Portrait d’une pin-up par Anne-Valérie Dupond.

Portrait of a pin-up by Anne-Valérie Dupond.

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^ Portrait d’une pin-up par Anne-Valérie Dupond.

Portrait of a pin-up by Anne-Valérie Dupond.

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^ Une pin-up par Anne-Valérie Dupond.

A pin-up by Anne-Valérie Dupond.

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^ Zoom  sur une pin-up de tissu par Anne-Valérie Dupond.

Close-up on a fabric pin-up by Anne-Valérie Dupond.

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^ L’atelier d’Anne Valérie Dupond : des pinups style poupées gonflables y côtoient une géante de tissu “la belle endormie”, des bouledogues et de grands tableaux mêlants tissu et peinture.

Anne-Valerie Dupond’s workshop where pin-ups, blow up doll style lie around next to giants made of fabric, bulldogs and large pictures made of material and paint.

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Portrait d’Anne-Valérie Dupond et l’une de ses créations.

 Anne-Valérie Dupond with one of her creations.

In English below

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Anne Valérie Dupond se décrit elle-même comme sculpteur textile. Elle est aussi caricaturiste. Elle se fait tendre avec les bestioles dont elle fait de charmants trophées qui donnent un cachet unique aux chambres d’enfants. Elle se fait humoriste avec ses bustes de grands hommes et femmes de l’histoire qu’elle construit avec des cicatrices de fil noir, des yeux de boutons et de la toile à matelas… Ils laissent une impression complexe, de celles qui marquent, entre crainte et attendrissement. Et elle a la dent dure lorsqu’elle représente des pin-ups à l’échelle 1, de vraies poupées gonflables de tissu.

Cette artiste plasticienne a su créer un monde surréaliste qui joue sur l’affectif et sur les contrastes. Elle utilise en majorité des matériaux de récupération, des tissus oubliés qu’elle sauve d’un destin terrible et qu’elle transforme avec les larges points de couture qui sont sa signature. Il y a toujours un paradoxe dans les oeuvres d’Anne-Valérie, des outils et du matériel simples, des coutures grossières et pourtant des personnages aux traits si expressifs, des individus couverts de cicatrices et pourtant amusants, attendrissants. C’est un peu comme si elle les avait recousus, soignés…

Anne-Valérie Dupond crée aussi des toiles immenses, érotiques, alliant la sensualité du tissu découpé dans d’anciens draps et la peinture. Elle explore la volupté du corps de la femme qu’elle représente dans des pauses lascives.

Dans la lignée de la grande plasticienne Annette Messager dont elle est fan inconditionnelle, Anne-Valérie Dupond fait passer un vrai message de femme dans ses oeuvres, de par les techniques qu’elle a choisies mais aussi par les thèmes qu’elle affectionne : l’enfance, la femme objet, la sensualité féminine.
Son oeuvre est présentée dans les galeries du monde entier et se vend de Tokyo à New-York en passant par Sydney. Elle a collaboré avec de grandes maisons et son travail inspire un grand nombre d’artistes.

J’aime énormément son travail  et je suis très touchée qu’elle ait accepté de répondre à mes questions.

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INTERVIEW

Où êtes-vous née et où habitez-vous aujourd’hui ?
Je suis née à Besançon. Apres avoir fait mes études à Strasbourg je suis revenu vivre à Besançon pour faire mes enfants. C’est une ville très agréable, j’y vis toujours. 

Etiez-vous une enfant créative ?
Oui, je dessinais beaucoup.

Qu’avez-vous fait comme études ?
Un bac littéraire option Arts Plastiques puis une mise à niveau d’arts appliqués (MANAA) et une fac d’Arts Plastiques. J’ai soutenu ma maîtrise en juin 2000. J’ai commencé un DEA d’Arts Plastiques, mais enceinte jusqu’aux yeux j’ai dû interrompre mes études.

Vous avez intitulé votre mémoire «travaux de couture», étaient-ce les prémices de votre univers créatif ?
Comment votre aventure avec les animaux, puis les humains sculptés en tissu a-t-elle commencé ?
Tout à commencé l’année de ma maitrise ou j’ai voulu réaliser moi-même un doudou pour un enfant qui allait naitre. L’animal (un mouton) était trop « trash » pour un bébé mais je lui ai trouvé des qualités plastiques. Etant en cours de recherche pour ma maîtrise, j’ai décidé d’en faire l’objet de mon étude. J’ai réalisé tout un bestiaire et j’ai orienté mes recherches théoriques autour de cette thématique. J’ai ainsi découvert que je n’avais pas choisi cette technique ni cette thématique par hasard. Le titre de mon mémoire fait référence à une spécificité traditionnellement féminine (la couture), qui transposée dans le monde de l’art dénonce sa suprématie masculine.

Qui a-t-il de votre “boîte à ouvrage” ?
Pas grand-chose… 2 aiguilles, une bobine de gros fil et une paire de ciseaux.

Quels types de tissus utilisez-vous ? Où vous approvisionnez-vous ?
Essentiellement des tissus de récupération. J’en accumule depuis des années.
La toile à matelas est mon tissu de prédilection, présent depuis le début. J’en trouve dans les vide-greniers la plupart du temps. Je récupère aussi tous les tissus dont les gens veulent se débarrasser. J’ai une amie costumière qui me donne ses chutes. Et quelques fois j’en achète.

Comment parvenez-vous, avec du matériel si simple et une couture voyante à donner tant de personnalité à vos personnages ?
Je mets l’accent sur l’expression des personnages. C’est ce qui m’intéresse le plus. Ca doit venir du dessin.

Est-ce que vous partez en général d’une idée précise ou est-ce que le tissu vous inspire ? Faites-vous une esquisse avant de vous lancer ?
J’ai en général une idée mais qui peut se transformer en cours de réalisation. Je ne fais des esquisses que quand je m’atèle à la réalisation d’un portrait. Sinon je préfère y aller sans filet.

Combien de temps cela prend-il de créer un buste par exemple ?
Tout dépend du portrait à réaliser. Certains demandent plus de travail. Je travaille très vite. Mes années de travail m’ont permis d’obtenir une certaine dextérité. Quelques jours suffisent pour la réalisation d’un portrait. Je peux aussi réaliser certaines pièces en une journée.

Est-ce que vous travaillez seule ?
Oui

Vous avez trois enfants, comment parvenez-vous à « jongler » entre le travail de l’artiste et de la maman ?
Mon premier enfant est né l’année où j’ai débuté mon activité. Je ne connais le travail qu’en étant maman. C’est un moteur, ça me donne un cadre. Ces deux rôles se répondent, s’adaptent l’un à l’autre.
Je travaille pendant les heures d’école de mes enfants. Ce temps est court, ça m’oblige à être très productive.

Comment se déroule une journée typique pour vous ?
Réveil. Petit déjeuner en famille. J’accompagne ma plus jeune fille à l’école (3 ans). Un café au bistrot du coin puis atelier jusqu’à l’heure de sortie d’école. Petit sas de vie sociale avec des amis puis retour à la maison, bains, repas… et soirées pour moi ! Très banal.

Est-ce que vous créez chaque œuvre individuellement ou dans le cadre d’une famille ou d’une collection ?
La plupart du temps chaque œuvre s’inscrit dans une série. J’ai besoin d’accumulation. Ça me rassure. Mais je peux aussi travailler sur une œuvre unique, plus ambitieuse. Tout dépend des opportunités.

Vous avez collaboré avec des grands noms de la mode comme Kenzo, Comme des Garçons, Undercover et une prestigieuse boutique comme le Printemps. Quel a été le lien entre votre univers et celui de la mode ? Quelles sont les merveilles que vous avez créées pour eux ?
Je n’ai pas vraiment cherché à travailler avec la mode. C’est venu à moi. Ca a commencé avec Kenzo qui m’avait demandé de créer une mascotte. J’étais toute jeune, c’était une super opportunité. Une très belle expérience qui m’a fait connaitre dans un certain milieu.
Undercover était une formidable aventure. Jun Takahashi, le créateur, m’achetait des pièces à chacun de ses passages à Paris. Puis un jour il a décidé de créer sa nouvelle collection de vêtements en s’inspirant de mon travail. Nous avons ensuite collaboré sur la réalisation de pièces autour de son défilé. (accessoires pour les mannequins, sacs…) je suis très fière de cette collaboration. Les vêtements créés reprennent tous les principes de ma création. J’en porte encore certains 10 ans après.

Vous avez réalisé le rêve de tout artiste qui a gardé une part d’enfance en lui : vous avez créé une vitrine au grand magasin parisien Le Printemps ! Pouvez-vous nous raconter cette expérience ?
Oui je suis très fière de ça aussi !
Comme tout le monde je gardais un souvenir émerveillé de ces vitrines étant enfant. C’était magique de voir mes réalisations (singes et trophées) s’animer dans une très belle mise en scène. Et quelle fierté d’aller les admirer avec mes enfants dans la foule agglutinée des visiteurs !

Vous avez lancé une collection de tableaux qui sont une fusion de textiles recyclés et de peinture. Est-ce une pause nécessaire avec le monde 3D de la sculpture ?
Je travaille sur mes toiles depuis 10 ans déjà, mais c’est une production plus modeste dans la mesure où j’ai moins d’opportunités de les exposer. Mais c’est un travail qui me tient à cœur et que j’aimerais développer d’avantage. Je viens du dessin. Finalement, la couture et la sculpture sont venues à moi par hasard. J’ai besoin de ces deux formes d’expression. J’aime pouvoir les travailler en alternance.

Votre œuvre dans son ensemble respire la féminité, de part les matières et les techniques utilisées mais aussi par la physionomie de vos personnages, une approche toute particulière de l’enfance. Etes-vous une artiste féministe ?
Oui je me considère comme une artiste féministe. De par la nature de mon travail et les thèmes exploités, mais aussi par mon mode de vie qui influe sur mon travail. Etre une maman qui élève seule ses enfants et se débrouille comme elle peut pour donner forme à un univers artistique, à contre-courant des réseaux et de l’esthétique contemporaine actuels est en soi un acte féministe !

Vous avez un univers créatif très large. Il a commencé par des doudous et un bestiaire inspiré de votre enfance, puis il a abouti à une collection mi-sérieuse mi-humoristique de bustes de grands hommes en passant par des séries teintées d’érotisme de pinups, de personnages en taille réelle et vos peintures. A quel univers allez-vous bientôt vous attaquer ?
Si l’on regarde bien tous ces thèmes ont un même fil conducteur (si j’ose dire). Ils parlent tous de la dichotomie féminin masculin et révèlent par forts contrastes toutes mes contradictions. Il y a encore beaucoup à faire autour de ces différentes productions et je ne sais pas encore où leur approfondissement m’emmènera. Dans un premier temps j’aimerais pouvoir travailler d’avantage sur mes toiles et l’intime féminin.

 Quelles sont vos principales sources d’inspiration en ligne ?
Ce n’est pas tant en ligne que je trouve mon inspiration. Plutôt lectures ou exposition. Sinon la psychanalyse reste la plus grande source d’inspiration à mes yeux.

Pourriez-vous nommer 4 artistes auxquels vous aimeriez être comparée ?
Je n’oserais jamais me comparer à quelque artiste renommé ! Par contre j’en admire beaucoup. Citons des femmes : louise Bourgeois, Camille Claudel, Annette
Messager, Eva Hesse…

Quelle est l’oeuvre ou le projet dont vous êtes la plus fière ?
Peut être ma collaboration avec Undercover. C’était un vrai bel hommage.
Dans un autre registre je suis assez fière d’avoir pu faire réaliser un moulage d’une de mes sculptures en bronze (Colette. 2012). J’ai adoré le résultat et j’aimerais réitérer l’opération.

Quel serait le projet ou la collaboration de vos rêves ?
Dans mon délire d’accumulation, j’aimerais assez faire une exposition qui mettrait en scène une multitude de sculptures qui couvriraient murs plafonds et sols jusqu’à l’étouffement !
Pour rester dans l’univers de la mode, j’aurais adoré travailler avec Jean Paul Gauthier.

Où peut-on voir vos oeuvres et les acheter ?
Je travaille avec plusieurs points de diffusions, galeries et boutiques.
Actuellement on peut voir mon travail à la galerie Collection dans une exposition collective autour du portrait 4 rue de Thorigny 75003 Paris.
Je travaille aussi avec la galerie Dufay Bonnet 63 rue Daguerre 75014 Paris
Chez Serendipity 83 rue du Cherche Midi 75006 Paris
Galerie Atelier 5, 5 rue Defly 06000 Nice
Le Grenier de Valentine à Courchevel
Dans différentes foires d’art contemporain un peu partout dans le monde avec la galerie Decorazon Gallery
Et bien d’autres..

Et sur internet ?
www.annevaleriedupond.com ou ma page Facebook Anne Valérie Dupond sculpteur textile.

Et je travaille aussi très volontiers sur commande. Il suffit de me contacter par mail : annevadupond@yahoo.fr

Un grand grand merci d’avoir bien voulu répondre à mes questions !

 

Photographie : The Glint
Article et interview : Flore Vallery-Radot

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In English

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Anne Valérie Dupond describes herself as a textile sculptor. She is also a bit of a caricaturist. She can be gentle with the charming animals of her trophies which give a unique touch to any child room. She can be a humorist with her busts representing famous people scarred with black thread, looking at you through button eyes and made of mattress fabric. They live a marking impression on people, a mix of fear and emotion. She is not that gentle when she represents life size pin-ups, blow-up doll style.

Anne-Valérie has created a surrealistic world playing on feelings and contrasts. She uses mainly second hand fabrics and material destined to a sordid fate. She transforms them using her signature black stitching. There is a permanent paradox in her work. Working with very basic materials and techniques she manages to achieve extraordinarily lively features. She makes characters covered in scars but who look funny and endearing. It looks as if she had sawn them back together, like a surgeon, she has cured them.

Dupond also creates large painting with an erotic touch, using the sensuality of a fabric, cut in old sheets and also paint. She explores the voluptuous aspect of women’s body representing it in lustful postures.

She is the brainchild of Annette Messager our great French artist. Anne-Valérie Dupond is a huge fan of hers. As her master did and still does, there is a profoundly feminist message in her work. Being from the techniques and materials she uses but also by the themes she chooses: childhood, the women as an object and feminine sensuality.

Her work is widely recognised and she has had exhibitions everywhere in the world, from Tokyo to New York. She has worked with big brands and has inspired numbers of artistes.

I am a big fan of her work and am very pleased and touched that she accepted this interview.

 

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INTERVIEW in English

Where were you born and where do you live now?
I was born in Besançon (France). After I finished my studies in Strasbourg, I came back to live in Besançon to start a family. It is a nice town to live in, I still live here now.

Were you a creative child?
Yes, I used to draw a lot.

What did you study?
I did a literature oriented “Baccalaureate” option Visual Arts, then a Fine Arts bridging course (MANAA). After that, I went to a Fine Arts University. I finished my masters in June 2000. Then I started a “DEA d’Arts Plastiques” (Bachelor in Visual Arts), but being heavily pregnant, I had to interrupt my studies.

The topic of your Master’s thesis was «sewing work», was that the premise to your creative sphere?
How did you adventures with sculpted animals and then human beings start?
It all started the year of my masters. I had decided to create a stuffed toy for a baby about to be born. The animal (a sheep) was a bit too hardcore for a baby but I found there was an artistic aesthetic to it nonetheless. As I was in the middle of my Master’s research, I decided to make it the object of my study. I then created a whole herd of animals and I based my theoretical research on that theme. This made me realise that I did not chose this theme randomly. The title of my thesis made reference to a specifically feminine craft (sewing) which, when transposed into the art world, denounced its masculine supremacy.

What do you have in your sewing box?
Not much. Two sewing needles, a bobbin of thick thread and a pair of scissors.

What type of fabrics do you use? Where do you source them?
Mostly they are second hand or recycled fabrics. I have been stashing them for years. My favourite material since the beginning has been striped mattress fabric. I usually find it at garage sales. I save all fabrics people want to get rid of. One of my friends is a costume designer, she give me her leftovers. Only rarely do I buy fabric.

How do you give so much personality to your characters with such simple materials?
I put emphasis on the characters expressions. This is what I find interesting. It must come from my drawing background. 

What is your creative process, do you start with a general idea of what you want to achieve or does the fabric decide for you?
Generally, I have an idea but it can change in the course of the creation. I only draw a sketch first when I create a portrait.  In other cases, I prefer to improvise.

How long does it take to create a bust for example?
It all depends on the portrait I have to create. Some require much more work than others. I work very fast. My years of practice have allowed me to acquire a certain dexterity. A few days are enough to achieve a portrait. I can sometimes finish some pieces in one day only.

Do you work alone?
Yes.

You have three children. How do you manage to juggle with you work as an artist and as a mum?
My first child was born the year I started to work as an artist. I do not know what it is to work without kids. It is my motor, it gives me a framework. These two roles are intertwined, one adapts to the other. I work during my children’s school hours. This time is short, it forces me to be very productive.

What a typical day involves for you?
Wake up. Breakfast with the family. I take my youngest daughter to school (3 years old). Have a coffee in the cafe down the road then workshop until school is out. Quick social visit with friends then back home, bath, dinner… and then some time for me! How domestic.

Do you create your pieces one by one or do you build collections?
Most of the time, each work is created within a collection. I need to accumulate. That gives me comfort. But I can also work on a unique, one of a kind, piece, more ambitious. It all depends on opportunities.

You have collaborated with big names of fashion such as Kenzo, Comme des Garçons, Undercover and the prestigious Parisian department store Le Printemps. What has been the link between the world of fashion and your work? What marvels have you created for them?
I never really tried to work in the world of fashion. It just happened. I started with Kenzo who asked me to create a mascot. I was very young, it was a great opportunity. A beautiful experience which was a first step into this very special “milieu”. Undercover was an extraordinary adventure. Jun Takahashi, the designer, used to buy me a piece every time he came to Paris. Then one day, he decided to base his whole new collection on my work. We started to collaborate and create pieces for his show (accessories for models, handbags, etc). I am very proud of this collaboration. The clothes were created using my techniques. I still wear some, 10 years after.

You have fulfilled the dream of many artists who have kept a part of childhood inside them: you created a Christmas window for the French department store Le Printemps. Can you tell us a bit more about this experience?
Yes, I am very proud of that too!

As everyone, I kept a wonderful memory of those windows when I was a kid. It was magical to see my creations (monkeys and trophies) being animated and beautifully staged. I was so proud to come and see it with my kids among the very dense crowd!

You have launched a collection of paintings made of a fusion between recycled fabrics and paint. Is it a well deserved pause with the world of 3D?
I have actually been working on my canvas for already 10 years, but it is a more modest production because I have fewer opportunities to exhibit them. My background is drawing. Sewing and sculpture came after, by chance. I need both means of expression. I like to alternate.

Your whole work exhale femininity, of course because of the materials and the techniques you use, but also because of your characters physiognomy, you very unique vision of childhood. Are you a feminist artist?
Yes, I consider myself as a feminist artist. By the nature of my work, the themes I chose and also by my way of life which influenced my work.  Being a mother who raises her kids by herself and does what she can to create an artistic world runs counter to the contemporary aesthetics and its networks is an act of feminism in itself!

You have a very broad creative spectrum. It starts with the soft toys, animals inspired from your childhood, then if lead to a collection of famous men’s busts, half serious, half humorous, and it ended up with erotic series of pin-ups, life size women and your paintings. What will be your next theme?

If you give these themes a closer look, you will see the connection. The all speak about the contrasts all my contradictions. There is still a lot to do about these different productions and I do not know where this quest will take me. . As a first step, I would like to be able to work on my painting a bit more, on the women’s intimacy.

What are your main sources of inspiration online?
I do not find my inspiration online but more within books and exhibitions. Psychoanalysis remains the major source of inspiration to me.

Can you name 4 artists you would like to be compared to?
I would never dare to compare myself to renowned artists! But I do admire a lot of them. Women like Louise Bourgeois, Camille Claudel, Annette Messager, Eva Hesse…

What is the work you are the most proud of?
Maybe my collaboration with Undercover. It was a beautiful homage.

In another category, I am quite proud to have managed to get a mould of one of my sculptures in bronze. (Colette. 2012). I loved the outcome and would love to do it again.

What would be your dream project?
Because of my addiction to accumulation, I would love to organise an exhibition which would show many of my sculptures. They would cover the walls, ceilings and the ground to the point of choking!

Concerning the world of fashion, I would have loved to work with Jean Paul Gauthier.

Where can we see your work and buy it?
I work with many different stores and galleries.
At the moment, there is a collective exhibition at the gallery “Collection” in Paris. 4 rue de Thorigny 75003 Paris.
I also work with the Galerie Dufay Bonnet 63 rue Daguerre 75014 Paris
At Serendipity 83 rue du Cherche Midi 75006 Paris
Galerie Atelier 5, 5 rue Defly 06000 Nice
Le Grenier de Valentine in Courchevel in the French Alps.
I attend many Art fairs all around the World with the Decorazon Gallery.
And many others…

On the Internet?
www.annevaleriedupond.com or my Facebook page “Anne Valérie Dupond sculpteur textile“.
I am glad to do commission work. I can be reached by email: annevadupond@yahoo.fr

A big thank you, Anne-Valerie, for accepting this interview!

Photography : The Glint
Article & interview : Flore Vallery-Radot

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