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HERMÈS et ses artisans itinérants

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Le Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014 avait lieu au Musée d’Art Contemporain dans le site magnifique du port de Sydney où s’arrêtent de considérables bateaux de croisière. Vous pourrez voir, derrière les chevaux de papier Hermès, un bout du fameux opéra.

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La charmante couturière spécialiste des cravates. Elle reçoit un rectangle qui ressemble assez à un carré Hermès. Elle le découpe et assemble chaque morceau selon un processus très précis et très strict. D’un seul fil commencé et terminé par une boucle libre de réglage, elle coud avec un point invisible l’arrière de la cravate avec une dextérité à tomber à la renverse… Quasiment les yeux fermés, elle construit une cravate avec une couture droite et impeccablement centrée.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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La création du fameux sac Kelly et ses coutures à deux aiguilles.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Voici la selle Hermès, le rêve de beaucoup de cavaliers.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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 Le sellier qui devant nos yeux ébahis fabrique une selle avec une assise en bois, du cuir bien sûr, mais aussi du feutre. Une selle Hermès coûte 5000 euros environ. C’est un produit de luxe entièrement fabriqué à la main.
La sellerie est le métier d’origine d’Hermès.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Carrés Hermès dans le détail. On y voit les différents types de coups de crayons, les jeux d’ombrés, les couleurs multicouches, les couleurs plates.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Présentation de carré Hermès au Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014. Notez la moquette incroyable avec une belle collection d’outils.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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On voit sur cette photo d’un carré Hermès la précision du très et l’application exacte de chaque couleur qui ne dépasse pas.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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De nombreux visiteurs, peuvent pour une fois observer ces merveilles de soie de près et les toucher sans crainte.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014. 

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Détails d’un carré Hermès.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Détails de carrés Hermès.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Détails de carrés Hermès. Admirez les dessins raffinés et les couleurs parfaitement appliquées.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Détails de carrés Hermès.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Détails de carrés Hermès.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Détails d’un carré Hermès. Probablement basée sur un tissu brodé.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Nadine Rabilloud graveuse dessinatrice chez Hermès depuis 36 ans travaillant sur le design “Au cœur de la vie”.
Avec sa plume électrique vibrante elle applique des pointillés sur son calque de couleur pour les détails les plus fins.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Nadine Rabilloud graveuse dessinatrice chez Hermès couvre une seule couleur du design “Au cœur de la vie” avec sa plume à encre de Chine.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Quelques calques sur la table de travail Nadine Rabilloud, foulard “Au cœur de la vie”.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Quelques calques sur la table de Nadine Rabilloud.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Table de travail de Nadine Rabilloud. Calques et encre de Chine. Foulard “Au cœur de la vie”.
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Exemple de calque granuleux pour représenter les couleurs dégradées.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Foulard “Au cœur de la vie”. Design 2007.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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 Détail du foulard “Au cœur de la vie”. Design 2007.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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L’atelier de l’imprimer de taille réduite pour le show. On y voir le modèle de carré Hermès qui sera imprimé.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Les imprimeurs préparent la toile de soie.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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L’imprimeur et présentateur comique hilarant, explique le principe du pochoir.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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L’imprimeur applique sa teinture épaisse.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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 L’imprimeur racle sa teinture qui passera par les trous de la gaze pour se déposer sur la soie, en dessous.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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Voici le résultat après 5 cadres déjà. Chaque coloris (dont les différences semblent invisibles à l’oeil nu) a été appliqué en commençant par le plus foncé.
Festival des Métiers Hermès à Sydney 2014.

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La prestigieuse marque française, Hermès, a lancé il y a 4 ans une grande tournée à travers le monde pour présenter la beauté des gestes de ses artisans dans de grandes capitales comme Londres, Shanghai, New York, Paris, Pékin ou encore Sydney.
Nous avons eu la chance de nous rendre à l’un de ces événements exceptionnels et sommes contents de pouvoir en partager les images et les mots avec vous.

Ce sont cette fois-ci  sept métiers qui étaient représentés par des artisans aux talents incroyables et qui s’étaient déplacés, du 2 au 6 octobre 2014, jusqu’au Musée d’Art Contemporain de Sydney en Australie pour faire découvrir au grand public les arts de la peinture sur porcelaine, du sertissage de pierres, de la couture de cravates, de la gravure et impression pour les carrés de soies, de la sellerie et enfin de la couture du cuir pour la création de sacs.

La partie qui nous a arrêtée pendant plusieurs heures était bien entendu la partie textile : la création des fameux carrés Hermès, ces foulards de soie aux couleurs chatoyantes. Pour cette activité seule, nous avons rencontré trois artisans passionnés par leur métier et qui ont su partager avec une audience nombreuse les secrets de leur art.

C’est bien entendu dans le berceau de l’industrie de la soie en France, dans la région de Lyon, que les ateliers Hermès dédiés à la soie se sont installés. Ils y emploient près de 700 personnes et font travailler environ 300 employés de leurs sous-traitants directs.
Le premier carré Hermès a été créé en 1937, il s’intitulait “Le jeu des omnibus et des dames blanches” et était composé de 13 couleurs. Ce sont à ce jour plus de 2.000 modèles différents qui ont été créés. Chaque année, environ vingt nouveaux designs sont lancés : dix au printemps et dix à l’automne sans compter les anciens modèles remis au goût du jour.

Nous avons tout d’abord rencontré Nadine Rabilloud qui travaille sur le site de Bourgoin-Jallieu près de Lyon, elle a fait toute sa carrière chez Hermès. C’est à seize ans qu’elle est entrée dans la maison et c’était il y a trente six ans ! L’équipe de dessinateurs-graveurs dont elle fait partie comporte vingt deux personnes.

La naissance d’un carré Hermès c’est avant tout le choix d’un design. Il y a environ quarante créateurs de part le monde, beaucoup de français, mais aussi un américain passionné par les indiens d’Amérique, un chinois, un allemand, etc. Chacun a sa spécialité : fleurs, chevaux, animaux ou géométrie. Ils doivent proposer un dessin, ou une oeuvre qui tienne dans un carré de 90 x 90 cm. Le directeur artistique sélectionne les designs qu’ils soient un dessin, une photo, une porcelaine, une aquarelle, un tableau peint à l’huile, une sculpture, une photo ou même une pièce textile photographiée.

La création carrée est ensuite traduite sous la forme d’un prototype, une reproduction du design. Ce “proto” est ensuite transmis à Nadine ou un membre de son équipe. Sa première tâche est de décomposer les couleurs. Elle attaque donc ce travail long et fastidieux d’identification de chaque teinte composant l’oeuvre. Elle voit par exemple qu’il y a le coloris Havane, Aubergine foncé, tilleul, Nil, Pétrole, etc. Elle peut en trouver un nombre infernal. Les teintes “maison” d’Hermès sont également légion, on n’en compte pas moins de 75.000 ! Le plus grand nombre de couleurs identifiées sur un carré Hermès est 46.

Nadine note donc chaque couleur par son nom sur une liste et elle les enregistre dans sa tête, comme elle dit. Nous lui avons demandé… bien évidemment… “Mais est-ce que vous n’utilisez pas un ordinateur pour analyser les couleurs, pour sûr, avec les moyens modernes, on pourrait vous éviter cette étape…” “Mais non, répond-elle, c’est la différence entre un carré Hermès et un foulard lambda. C’est l’oeil humain qui analyse les couleurs.”
Ce n’est pas le scan d’un tableau ou d’un design qu’Hermès veut réaliser, c’est une interprétation…

Une fois l’analyse couleur effectuée, Nadine commence le travail de gravure. Il s’agit de créer un calque par couleur identifiée en commençant par la plus foncée. Elle pose une feuille de polyester transparent, un calque, sur le prototype et couvre cette première couleur d’encre de Chine noire à l’aide d’un stylo à plume.

Elle va ainsi tracer et masquer chaque couleur après avoir repéré où elle se trouve dans tout le dessin, changeant de calque à chaque nouvelle couleur et allant progressivement vers la couleur la plus claire. Elle doit bien faire attention que chaque calque soit parfaitement aligné avec le précédent. Elle doit aussi anticiper ce que l’empilage de ses claques va donner comme teinte finale. Et puis, elle nous explique aussi qu’il lui faut prévoir les étapes suivantes et penser au coloriste qui choisira les couleurs en s’inspirant la plupart du temps de ses suggestions, mais pas toujours. Il lui faut par exemple faire attention de séparer des couleurs identiques qui se trouvent dans diverses parties du dessin car si le coloriste décide de changer le coloris d’une fleur, il ne faut pas que ce changement affecte une autre partie du design, un visage, ou un autre objet.

Nadine nous avoue que le plus difficile pour elle c’est d’avoir à penser en couleur, voir la couleur tout en travaillant en noir ! Elle doit faire la gymnastique mentale permanente entre la couleur et le noir. Cela rend son véritable travail d’orfèvre un challenge insurmontable pour le commun des mortels…

Il existe deux types de couleurs : les plates et les dégradées, elle travaille donc avec des outils différents. Pour les couleurs plates, elle utilise un calque lisse et applique le noir avec une plume à encre ou un pinceau. Les couleurs dégradées sont dessinées sur du papier calque granuleux, travaillé au pinceau ou crayon noir gras effleurant la surface qui se couvre ainsi de petits points, elle utilise aussi une plume électrique vibrante pour les détails les plus fins. Ce sont ces nuages de petits points qui effleureront légèrement la surface pour laisser passer une couleur complémentaire et donner un effet ombré ou dégradé.

Ce travail très minutieux est particulièrement chronophage. Pour le carré  “Cosmogonie Apache” qui a nécessité le plus grand nombre de couleurs de l’histoire de l’atelier, 46 au total, le processus a pris plus de 2000 heures de concentration ce qui correspond peu ou prou à deux ans de travail.
Un carré Hermès classique contient en moyenne 27 couleurs et demande en entre 500 et 800 heures de gravure, c’est à dire en moyenne un an de travail.
Le foulard que nous voyons sur les photos ci-dessus est  intitulé “Au cœur de la vie”. Sorti en 2007, il y avait 39 couleurs et il a fallu environ 1700 heures de travail pour achever la gravure de tous les claques.
De façon générale, on peut considérer que l’atelier de gravure commence son travail un an et demi avant la sortie en magasin.

A la fin du processus d’identification, lorsque Nadine a recomposé toutes les couleurs, chacune sur son calque noirci, le carré doit apparaître tout noir. S’il subsiste des tâches claires, c’est qu’une couleur a été oubliée. Elle corrige alors les calques concernés.
Puis, pour finir, ses calques sont envoyés à l’imprimerie où pour chacun d’entre eux, un cadre de teinture sera créé. 

C’est maintenant au  tour du coloriste d’analyser le travail de Nadine, de valider ou non son choix de couleur, de faire des modifications pour l’équilibre de l’ensemble.

Ensuite, l’imprimeur entre en scène.  C’est l’étape de création des cadres de teinture. C’est un procédé photographique qui va imprimer les parties noircies par Nadine sur chaque les cadres. Le noir dessiné, opaque à la lumière apparaîtra en négatif sur le cadre. Le reste du cadre sera rempli d’un matière bloquante bleue, comme un pochoir.
Les cadres sont en fait des carrés de métal sur lesquels est tendu de la gaze peinte avec cette émulsion bleue photosensible (sensible à la lumière) et soluble dans l’eau.
Chaque calque de Nadine correspondant au noircissement d’une seule couleur est posé sur un cadre, puis de la lumière, ou plutôt des UV sont projetés sur le cadre et sa gaze bleue. Ces UV vont cuire et faire durcir l’émulsion bleue. Le cadre est ensuite lavé à l’eau et l’émulsion bleue qui se trouvait sous les motifs noirs dessinés par Nadine, et qui n’a pas été cuite et durcie car protégée de la lumière, va se dissoudre dans l’eau.

Une fois les cadres prêts, l’imprimeur installe un tissu de soie sur des tables longues de 150 mètres.  Chaque année Hermès utilise environ 20.000 kilomètres de soie à raison de 1.500 mètres de fils par carré.
Avec 3 de ses collègues, il s’installe et chacun prendra en charge la teinture d’environ 40 carrés. L’atmosphère et la température de l’atelier au plafond particulièrement bas sont contrôlées. Il doit faire environ 30° pour que les conditions soient optimales.

L’imprimeur commence alors le travail d’impression à proprement parler. Il pose le 1er cadre, de la couleur la plus foncée, sur la soie. Il verse dessus une quantité de teinture à la texture d’une crème. Il va ensuite pousser puis racler la teinture avec une barre de métal serrant une pale de caoutchouc. Il choisira la hauteur du caoutchouc qui change d’une barre à l’autre en fonction de la quantité d’encre nécessaire à ce cadre-là.
Chaque cadre doit être positionné exactement là où était le précédent pour ne pas “dépasser” (comme on dit à la maternelle). L’imprimeur utilise un rail avec des “stoppeurs” qui arrêtent le chariot portant le cadre au bon endroit, il observe à chaque nouveau cadre si tout est bien en face, et donne de légers coups sur les bords du cadre pour corriger sa position de quelques microns…

La teinture, pressée contre le cadre, va passer à travers les trous de la gaze sur la soie et imprimer le dessin. Il faut à chaque fois retirer le cadre délicatement et immédiatement lui faire prendre une bonne douche pour retirer la teinture. Une fois que l’imprimeur aura déposé successivement et raclé tous les cadres, on verra peu à peu apparaître le design du créateur avec toutes ses couleurs imprimées sur la soie. Une fois le carré imprimé complètement, il est numéroté.

L’opération n’est pas encore terminée ! La couleur telle quelle est vulnérable et serait détruite par une goutte d’eau. La soie doit passer ensuite par un bain de vapeur pour fixer la couleur. La vapeur permet à la teinture de pénétrer profondément dans la fibre. Le tissu, rigidifié par ce traitement et la gomme arabique utilisée dans la teinture, doit être lavé avec de l’eau souterraine et un savon très spécial. Le foulard redevient alors très doux et très brillant. Pour finir, une pellicule d’un produit secret est déposée pour donner tout le soyeux qui fait le secret du carré Hermès.

La dernière étape pour ces carrés est le roulottage des bords, opération de couture qui durera environ 45 minutes.

A chaque étape du processus, un contrôle qualité vérifie que le produit est conforme à la charte très stricte de l’honorable maison.

Après ce show fantastique de l’imprimeur, épuisés par tant de boulot, sans avoir bougé le petit doigt… nous sommes retournés voir Nadine pour la remercier d’avoir répondu à nos nombreuses questions. Et lui en avons reposé une pour la route… “Mais alors la copie, l’espionnage industriel !? N’êtes vous pas inquiets chez Hermès de montrer tout ce que vous savez faire au monde entier, devant des murs de portables tendus en train de filmer alors que vous demandez de ne pas le faire ? Est-ce que vous n’êtes pas finalement en train de brader votre savoir-faire ?”

La réponse de Nadine fuse : “Même pas peur !” Elle nous explique que le travail des artisans Hermès que représente chaque pièce présentée ici est tellement énorme, intense et spécialisé que copier les process longs et si manuels n’a aucune valeur financière. Par ailleurs, il existe déjà des tonnes de copies de tout ce que produit Hermès et ça ne s’arrêtera jamais. A peine sorti rue Saint Honoré, un carré fait déjà un carton sur le marché de la contrefaçon…

Il est vrai que si une société chinoise se prend à rêver de lancer un deuxième Hermès, il lui manquera certainement la notoriété de la grande maison. La contrefaçon existe déjà, et grâce à ces mains savantes et ces années de travail pour chaque nouveau produit édité, il n’y a pas de comparaison possible !

Article et photos : Flore Vallery-Radot

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